Mon très cher football français

A l'image de l'OM, les clubs français ne s'illustrent guère sur la scène européenne. [Crédit photo : Ouest-France].

A l'image de l'OM, les clubs français ne s'illustrent guère sur la scène européenne. [Crédit photo : Ouest-France].

"Accusés levez vous !" assène le procureur. 

Sur le banc des accusés, six clubs français. Leur chef d'accusation ? Zéro victoire cette semaine en coupe d'Europe. Pire encore, les trois engagés hier en Europa League ont tous perdu. Rennes face à Kiev, Marseille opposé à la Lazio Rome et Bordeaux au Zenith. Trois matchs pour autant de résultats désespérants. 

Mais tout à coup Jean-Michel Aulas se lève et prend la parole : "Je considère qu'on a fait un grand match face à Hoffenheim". Mais le procureur lui coupe la parole : "Un grand match ? Pardon ! Trois buts encaissés et autant de miracles de votre gardien pour vous éviter la défaite. Avez-vous au moins conscience que mener 3-2 relevait presque de l'ironie?" 

Le procureur n'est pas tendre, mais il faut dire que Lyon est bien passé au travers. Denayer? Inexistant. Quid du repli défensif d'Aouar et Depay... On regrette tellement l'époque ou Diaz exerçait un pressing incessant sur les défenses. Bien sûr, ce n'était pas l'attaquant du siècle, mais il pesait sur les défenses.

"A votre tour Monaco, j'aimerais bien savoir comment en deux ans, on peut passer de demi-finale de C1 à ce triste spectacle que vous proposez cette saison? A quoi bon racheter un club si c'est pour le gérer de la sorte ? Achat/Revente? M. Rybolovlev, vous vous êtes trompés de secteur. Ici, c'est du football, ce n'est pas de la vulgaire gestion d'entreprise". A cela M. Vasilyev tente de répondre maladroitement : "Mais, M. le procureur, pendant quatre ans nous avons eu des résultats avec cette politique. Pourquoi faire autrement ?". "Mais, vous vous doutiez bien que cela ne pouvait pas durer indéfiniment, il suffit d'une demi-saison ratée pour que tout s'enraye. Avez-vous conscience, au moins, d'avoir eu toutes les planètes alignées jusque-là?".

Décidément, qu'il est rude ce procureur, il ne lâche rien ! Mais Monaco, n'est ce pas un des plus grands gâchis du football européen de ces 10 dernières années? Quid des Fabinho, Mbappe, Lemar et autres Bernardo Silva? Tous envolés vers d'autres glorieux horizon, laissant aux Monégasques un véritable champ de ruines.

Et alors Paris, le PSG phare de notre championnat, celui qui nous éclaire vers la voie du succès en coupe d'Europe. Même pas sur de passer la phase de poule. Et encore, miraculés mercredi face à Naples, les Parisiens ne sont pas totalement morts. Quatre points en trois matchs. Mais là aussi, quid de la gestion du club ? Fort pour acheter des stars devant, quitte à mettre durablement des grands joueurs sur le banc, Paris ferait bien de se préoccuper de son milieu. Rabiot ne s'est toujours pas remis de sa non-sélection au Mondial. Verratti semble à des années-lumières de celui qu'on a connu sous Laurent Blanc. Ah ce cher "Lolo White", tant décrié, parfois moqué. Lui, il emmenait son équipe en quart de finale...

Le procureur reprend la parole : "Et vous, clubs français, vous vous plaignez du manque de moyens par rapport aux autres club européens? Mais pensez-vous que Kiev ou la Lazio ont un budget supérieur ? N'est-il pas temps de se cacher derrière des fausses excuses et d'enfin jouer au foot et rivaliser avec les autres ? Vous n'en avez pas marre de délaisser constamment l'Europa League pour soi-disant se focaliser sur le championnat ? Mais à quoi cela sert de se battre pour être européen, si c'est pour ne pas la jouer ? La prime de qualification ? Mais qu'est-ce que cela représente par rapport à des trophées ?" 

Et oui, ces cinq dernières années, on a eu tendance à se griser sur le niveau de notre championnat. On se croyait enfin dans la cour des grands. On mangeait à la même table que la Juventus ou autre Barcelone... Que le retour à la réalité est cruel... 3 victoires en 18 matches pour le moment, 17% de réussite, soit le pire total depuis la saison 1972-73. Une misère. On se veut le 5e grand championnat, mais en réalité nous sommes que 10e, en terme de trophées européens. Devant nous, le redoutable championnat belge ou écossais. Réveillons nous, chers compatriotes et regardons la vérité en face. Nous n'avons pas de grand club.

Rassurez-vous, on va encore en faire des tonnes sur ce classico. OM-PSG. Mais au fait est-ce encore un grand match? Rien n'est moins sur. 

 

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