[Interclubs] : La fulgurante progression de l'US Talence Athlétisme (Dernière partie)

L'US Talence a su fédérer ses athlètes autour d'un projet. [Crédit photo : US Talence]

L'US Talence a su fédérer ses athlètes autour d'un projet. [Crédit photo : US Talence]

Une ascension qui a du mal a attirer les partenaires...

Talence est devenu un grand club de l'athlétisme français. De quoi attirer naturellement les partenaires? Pas vraiment, comme le regrette Claude Delage : "Le problème n'est pas le niveau, mais plutôt la médiatisation. Un surfeur qui passe dans tous les médias trouvera facilement des partenaires. . Les Interclubs sont trop peu médiatisés. Un quart de page dans un quotidien sportif, et encore pour parler de la rentrée de tel ou tel athlète. Au final on arrive a attirer des partenaires, mais grâce à nos athlètes". Car au-delà du niveau Elite, l'US Talence c'est cinq athlètes sur les listes ministérielles sur le projet horizon 2024. Car ce sont eux, encore, qui parviennent à attirer, de par leur exposition qui peut amener retour sur investissement. 

- Maroussia Paré (200m, 23''26 et 3e des Europe junior en 2015)

- Etienne Daguinos (Champion de France de cross junior 2018)

- Alice Moindrot (Recordwoman de France junior de la perche 4,42m et 3e des mondiaux junior en 2018)

- Gabriel Tual (800m, 1'46''35, selectionné pour les Europe de Berlin 2018)

- Florian Barbier (200m, 21''34, double champion de France junior en salle sur 200 et 4x200m 2018 )

"Une nouvelle fois, les partenariats sont liés aux athlètes" analyse Claude Delage. Et pourtant derrière ces athlètes, il y a les clubs qui s'investissent et qui sont aussi à l'origine de cette réussite. De l'autre côté, il y a le partenariat public. Et sur ce plan-là, le département de la Gironde, mais aussi la région Nouvelle-Aquitaine, n'est pas à la pointe. "La subvention dans le Val-d'Oise [NDLR : Entente Franconville Césame Val d'Oise, plusieurs fois champion de France interclubs] est 22 fois supérieure à la notre. On ne boxe pas dans la même catégorie" poursuit Claude Delage. Et quand on y réfléchit. On s'aperçoit que Talence est le seul club Elite de cette région, qui ne comporte par ailleurs que trois clubs de N1A (G2A, Bordeaux Athlé et Limoges Athlé). Mais cela peut changer. Pour la première fois, le Décastar a été retransmit dans son intégralité, offrant une magnifique tribune aux installations talençaises. La FFA planche aussi à faire diffuser la finale Elite interclubs. Une exposition médiatique qui sera forcément suivie de partenariats. "Après il faut être lucide, les sponsors ne vont pas se contenter d'un simple merci sur le site internet" reconnaît Claude Delage.

...Mais qui attire les athlètes.

Si les partenariats ne procurent pas entière satisfaction à Talence, il n'en va pas de même pour le recrutement. Nombre sont ceux à rejoindre le club. Et pas uniquement pour le niveau Elite. L'ambiance générale plaît beaucoup. "Certains viennent juste pour se battre et être en équipe une, pour vivre un tel moment et pour vivre la formidable cohésion. Bien sur le projet est un grand plus" confie Claude Delage. Mais forcément, les places sont chères pour le jour J et il est fort probable qu'il y ai des déçus. Qui pourront se consoler au sein d'une équipe B dans le haut du panier de N2, avoisinant les 47 000 points cette année. 

Au total près de 40 recrues, dont une dizaine qui auront vocation de renforcer l'équipe première. C'est une moyenne haute pour un club de ce niveau et une preuve de l'attractivité du club Girondin. Qui va obtenir, d'ici à trois ans, un stade flambant neuf. Deux couloirs qui vont s'ajouter à cette piste mythique, mais aussi de nouveaux locaux, club-house. L'UST va en sortir encore plus renforcé, quand on sait l'impact d'une piste neuve sur le rayonnement d'un club.

Le regard du président sur l'athlétisme français.

"Avec les JO de Paris, on a quelque chose de porteur. On reste le premier sport olympique. Des crédits vont être débloqués" se satisfait Claude Delage, qui espère que les médias et le grand public commencent à s'intéresser à l'athlétisme en dehors des grands championnats, mais qui reconnaît que l'athlétisme ne pourra, sans doute, jamais avoir l'impact dont dispose le football, ou encore le rugby. "Mais notre modèle économique est amené à évoluer dans les années à venir. Les clubs qui ne parviendront pas à attirer le sponsoring se trouvera en difficulté".

En ce qui concerne l'évolution des clubs, son constat est clair : "Je ne suis pas pour les trop nombreuses sections locales. On a croisé un club comme Strasbourg. Ils ont sept sections locales. Le jour des Interclubs, certains se rencontraient pour la première fois". Claude Delage se montre par ailleurs inquiet de la disparition de club ruraux : "On assiste de plus en plus à des regroupements. Certains clubs ne peuvent plus accompagner leur athlètes au-delà de minimes, par manque de moyens. C'est dommage. A mon sens, un athlète devrait rester dans son club formateur au moins jusqu'à la fin du secondaire. Après, avec les études, cela peut changer. Mais à l'heure actuel, on a des minimes qui veulent nous rejoindre"; Talence a récemment récupéré cinq très bons athlètes du club d'Agen. Une structure qui ne compte plus que deux entraîneurs. Comme un symbole ! 

Talence est donc sur les rails du sommet, même si les dangers sont nombreux. C'est aussi cela la glorieuse incertitude du sport

Etienne Goursaud

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