Quel avenir pour les petits tournois de tennis professionnels ?

les deux finalistes du tournoi de Nantes, 17e édition, Amandine Hesse et Timea Bacsinszky [Crédit : OpenNantesITF]

les deux finalistes du tournoi de Nantes, 17e édition, Amandine Hesse et Timea Bacsinszky [Crédit : OpenNantesITF]

Fin octobre, se déroulait la 17ème édition du tournoi ITF de Nantes. Une dernière fois à Vertou (banlieue nantaise), avant de rejoindre les courts du SNUC, club important de la ville de Nantes. L'Engie Open Nantes Atlantique est un tournoi professionnel féminin ayant une dotation de 25 000 dollars. Malgré une place confortable au sein du calendrier, entre les tournois de Poitiers et de Limoges, il est n'est pas toujours simple pour les organisateurs d'attirer des joueuses renommées. Directrice sportive du tournoi pour la deuxième fois consécutive, Mathilde Johansson a accepté de répondre à nos questions pour nous éclairer sur ces tournois, parfois, peu connus du grand public.

 

Remporté l'année dernière par l’Estonienne Kaia Kanepi, actuelle 62e mondiale, le tournoi de Nantes a pour habitude d'accueillir des noms connus du grand public, qui ne s'intéresse qu'aux Grands Chelem, à la Coupe Davis et à la Fed Cup. Parmi les précédentes vainqueures on trouve Mathilde Johansson, Monica Niculescu, Alison Riske, Virginie Razzano, des joueuses ayant eu une place importante sur le circuit mondial.

Cependant, il est difficile d'attirer les meilleures filles d'année en année. Mathilde Johansson l’explique : « L'année dernière, on a eu la chance d'avoir Kanepi qui nous a demandé une Wild Card parce qu'il lui manquait des points pour aller en Australie (ndlr : Open d'Australie). Cette année, apparemment, les filles ont moins besoin de points donc c'est un petit peu moins relevé. La cause est peut-être qu'il y a, quand même, beaucoup de tournois dans l'année et qu'on arrive en fin de saison et on a tendance à faire sauter les petits ». Une des opportunités d'attirer des joueuses, c'est aussi le bouche à oreille et donc la bonne réputation du tournoi. « Mon but, c'est que chaque joueuse qui vient jouer au tournoi se sente bien ici et qu'elle puisse produire le meilleur jeu possible. » Les joueuses reviennent ,naturellement, plus facilement dans un tournoi où elles se sont bien senti.

D'autres difficultés s'ajoutent, notamment financières. Les dotations des « petits » tournois ont plutôt tendance à baisser, hors la Directrice Sportive nous l'affirme, « c'est la dotation qui attire le plus de filles ». Alors si les subventions des fédérations et des collectivités territoriales sont de plus en plus faible, il est nécessaire d'attirer des sponsors. Là encore une difficulté de plus. C'est un travail de longue haleine pour les organisateurs que de trouver des financements pour un bon déroulement du tournoi. Malgré toutes ces difficultés, M. Johansson reste optimiste : « Quand on voit un tournoi comme ici, le public est là, toute la semaine il est au rendez-vous. […] Après ce qui est compliqué, ce sont les partenaires, donc après c'est à nous de faire un bon boulot pour cibler les partenaires aussi.[...]C'est de plus en plus dur partout mais nous, on a de l'ambition, on aimerait vraiment remonter au moins à 60 000 dollars ».

 

Cette année, plusieurs joueuses renommées ont, tout de même, participé à l'Open Engie. Dans un tableau, certes, moins relevé que l'an passé, on a pu voir Timea Bacsinszky (ancienne n°9 mondiale), Amandine Hesse (membre de l'Équipe de France de Fed Cup), Jamie Loeb, Myrtille Georges, Tessah Andrianjafitrimo, toutes ayant déjà participé à des Grand Chelem. Dans ces tournois moins médiatisés, le niveau est très proche d'un 1er ou 2e tour de Grand Chelem. Un niveau très élevé qui attire amateurs et passionnés dans les tribunes.

«  Les petits tournois sont soit pour promouvoir les jeunes, soit pour aider celles qui ont été meilleures à revenir à leur top niveau ». M. Johansson nous explique que les profils de tenniswomen présentes sur les tournois ITF peu dotés sont nombreux. C'est ce qui en fait leur richesse, à la fois pour l'expérience des joueuses, mais aussi pour les spectateurs.

Comme dit plus haut, l'objectif numéro un des participantes à un tournoi comme celui-ci ,c'est l'argent. Au-delà de la 200e place mondiale, il est bien plus difficile de vivre du tennis. Avec notamment de nombreux déplacements tout au long de l'année, beaucoup de joueuses professionnelles ne récoltent que très peu de bénéfices. Contrairement à la majorité des autres sports, les tenniswomen n'ont pas de salaire. C'est pourquoi elles sont nombreuses à écumer les petits tournois ITF, moins relevés, mais proposant moins de gains. Une équation financière qui peut être compliquée à résoudre.

 

Les "petits" tournois de tennis professionnels sont donc en perpétuelle évolution. Pour continuer à exister, les questions de leur financement et de la précarité des sportives et sportifs sont primordiales.

 

Résultats :

Le spectacle a pris ses droits du 29 octobre au 4 novembre dernier, et la favorite de Mathilde Johansson, la Suissesse Timea Bacsinszky s'est imposée. Une finale très intense face à Amandine Hesse (6/4 3/6 6/1) lui permet de remporter son premier titre de l'année et de confirmer son retour progressif à un top niveau mondial. En cette fin de saison, beaucoup de joueuses arrêtent les tournois individuels pour se diriger vers les quelques rencontres de championnat par équipes, c'est le cas d'Amandine Hesse avec le Tennis Club de Paris.

 

Rendez-vous l'année prochaine, pour la 18ème édition du tournoi de Nantes, avec, on l'espère, une ambiance toujours aussi conviviale et un beau tableau, pour encore plus de spectacle !

[Crédits photo : OpenNantes ITF]

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