[Interclubs] : Le CA Montreuil, un demi-siècle au sommet (première partie).

Le CA Montreuil 93 fête son titre Interclubs 2018. [Crédit photo : CA Montreuil]

Le CA Montreuil 93 fête son titre Interclubs 2018. [Crédit photo : CA Montreuil]

C'est sans doute le club phare de l'athlétisme français. Le CA Montreuil 93 s'est imposé au fil des années comme une référence. Pour le deuxième volet de la série consacrée aux clubs d'athlétisme, on a choisi de se pencher sur le cas de ce club de la région parisienne. Pour cela, Loïc Giowachini, directeur général, a accepté un long entretien pour parler de sa structure.

Histoire et arrivée vers les sommets "individuels".

Le CA Montreuil est un très vieux club, puisqu'il a été créé en 1943 par Jean Delbert. Club omnisports, la partie athlétisme s'est rapidement développé au point de compter 727 licenciés (chiffre août 2017). Pour son développement, le club a choisi de miser sur la stabilité : "Nous n'avons eu que quatre présidents depuis 1943 et l'équipe dirigeante est la même depuis de nombreuses années" confie Loïc Giowachini. "Et au-delà de cela, beaucoup d'entraîneurs sont d'anciens athlètes du club" ajoute-t-il. Forcément, du lien se crée entre des personnes qui se connaissent depuis des années. 

Arrive rapidement la renommée, via deux athlètes emblématiques de l'athlétisme français des années 1960, Michel Jazy et Roger Bambuck. Le premier va atteindre les sommets (2e des J.O. de Rome 1960 sur 1500m, double champion d'Europe et 9 records du monde à son actif. Il devient une véritable rock-star en France : "Le Général De Gaulle a arrêté un discours à l'ONU parce qu'il voulait voir son petit Michel courir" raconte Loïc Giowachini. Roger Bambuck détiendra également le record du monde sur 100m. "Avec Marcel Cerdan, Jacques Anquetil ou encore Raymond Kopa, c'était les sportifs emblématiques de la France dans les années 60". Dans une époque où la télé n'était pas aussi omniprésente qu'aujourd'hui. "Michel Jazy a fait rentrer le sport dans le journal d'information. A cette époque, la rubrique sport était à part" confie Loïc Giowachini. La popularité du CA Montreuil commençait à être bien établie, le club pouvait foncer vers un autre objectif : le championnat de France Interclubs.

L'ambition interclubs et la lutte avec le Racing.

Car c'est l'un des événements phare de l'athlétisme. Ce moment de fête, mais de lutte entre les différents clubs. Rapidement le CA Montreuil a décidé de voguer vers les sommets : "C'est sans doute prétentieux, mais on cherche à être les n°1 partout. Bien entendu on n'y arrive pas, mais on veut toujours mieux faire que la fois précédente". Objectif : devenir champion de France interclubs. Une place occupée par le grand club du Racing, au budget bien plus important que Montreuil. Il a fallu alors trouver des solutions. "Il fallait donc former, pas que des champions, mais aussi de bons athlètes régionaux et interrégionaux" confie Loïc Giowachini. Montreuil a misé sur la jeunesse avec près de 500 adhérents de moins de 18 ans. Pour ce, des conventions ont été faites avec des collèges et lycées : "On a deux sections sportives dans deux collèges" ajoute le directeur sportif. Montreuil fait aussi une journée de sensibilisation à l'athlétisme pour les enfants de moins de 12 ans de la ville. Ce qui en touche environ 3000 par an. "Certains viendront au club, mais on veut donner une bonne image de notre sport, que les gens puissent inscrire leur enfant plus tard, car ils auront entendu parler de nous" confie Loïc Giowachini. Plus tard, Montreuil créa un centre de formation, en mutualisant avec le club de rugby de Bobigny. "On a décidé de se spécialiser dans les lancers, car le sprint était déjà pris par le Lagardère Paris Racing" ajoute-t-il.

Des athlètes comme Antoinette Nana Djimou ou Jimmy Vicaut sont du cru CA Montreuil. Et la magie opéra ! En 1997, Montreuil devient pour la première fois champion de France Interclubs, détrônant le Racing qui devait déclarer forfait. Commencent alors quatorze années de domination sans partage. Toujours la même rengaine, Montreuil premier et les autres battus. Imaginez un peu le PSG gagner quatorze titres consécutifs en Ligue 1. Même la FFA cherche à modifier les règles pour stopper cette domination.

Duel avec Franconville.

Car la Fédération va changer les règles du jeu. Exit la table hongroise (pour en savoir plus lire ici). Exit la table Hongroise, cela va se jouer à la place. Avec 16 coureurs engagés au total dans chaque épreuve, le premier marque 16 points et le dernier 1 point. "Cela nivelle tout, cela ne sert à rien de faire un chrono. Finir dernier d'un 800m en 1'54 ou 3 minutes cela revient au même" regrette Loïc Giowachini. En 2011, Franconville détrône donc Montreuil. Encore une fois, Montreuil va réussir à se relever et glaner le titre pour un tout petit point l'année suivante : "La concurrence fait progresser, seul au monde, c'est difficile de se remettre en cause" se réjouit Loïc Giowachini. Depuis, la Fédération est revenu au mode de calcul de la table hongroise et Montreuil a glané d'autres titres, comme celui encore cette année.

Etienne Goursaud

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