Le handball féminin veut surfer sur la vague Euro !

Nantes Atlantique Handball espère que le succès des Bleues aura une répercutions sur la D1 féminine. [Crédit : Nantes Atlantique Handball]

Nantes Atlantique Handball espère que le succès des Bleues aura une répercutions sur la D1 féminine. [Crédit : Nantes Atlantique Handball]

La consécration il y a un mois ! La France remportait son premier Euro féminin. Portées par un collectif des plus solides, les Bleues ont su se défaire de tous les pièges. Un événement largement suivi, que ce soit dans les salles remplies, mais aussi à la télé (pic à 9 millions de téléspectateurs lors de la finale). A côté de cette réussite, il y a des acteurs qui travaillent tous les jours : les clubs. On est parti à la rencontre de l'ALJO Cognac (N2), de Celles/Belle (D2) et de Nantes (D1). Ils livrent leurs espérances quant aux retombées de la compétition.

Un impact énorme sur la médiatisation du hand féminin.

Les trois clubs sont unanimes. L'Euro féminin a ouvert une fantastique exposition au handball féminin. "C'est un peu la suite de ce qui s'est construit pour le handball masculin" confie Hugues Gamper, le trésorier-adjoint de Celles/Belle, le club deux-sévrien, qui espère que cela ne retombera pas comme avant : "Pour le moment, les médias de masse ne suivent pas pour le handball, L'argent tourne surtout autour du football où il y a des intérêts financiers. Le football génère de l'ombre aux autres sports collectifs". Nantes se veut plein d'espérances : "Nous espérons que la mise en lumière du handball féminin servira à tous les clubs du territoire, à la fois amateurs et professionnels. A notre niveau, nous espérons surtout attirer de plus en plus de spectateurs dans les salles" répond Laurie Lopez, qui gère la communication au sein du club de l'élite du handball féminin. 

En revanche, Richard Nordlinger, président de l'ALJO Cognac trouve que la fédération n'a pas assez mis le paquet pour les clubs amateurs : "On n'a même pas de banderoles à afficher dans les tribunes pour faire la promotion du hand féminin. Ni de matériels supplémentaires. Les clubs et surtout les clubs amateurs sont formateurs. On aurait besoin de plus de moyens pour pouvoir faire un travail convenable" confie ce dirigeant d'un club où le bassin de population n'est pas immense.

Un grand événement mal placé

Richard Nordlinger trouve que la date, décembre, n'est pas la meilleure pour un événement de ce calibre, surtout pour attirer les licencié(e)s. "Au mois de décembre ou janvier, tous les enfants ont déjà choisi un sport, ils ne vont pas changer en cours d'année. Même si la France gagne, je ne pense pas que cela puisse faire un afflux de licenciés. Il faudrait que ce soit en période estivale. Si on gagne les J.O., l'impact sera beaucoup plus grand". Même son de cloche à Celles/Belle, club ayant également un faible bassin de population autour, obligé de passer par d'autres biais que la télévision pour attirer de jeunes pousses : "On privilégie le travail dans les écoles pour chercher de nouveaux licenciés et découvrir de jeunes talents et cela, depuis plusieurs années déjà. Il faut une locomotive, avec une équipe de haut niveau, et puis un travail de fond" confie Hugues Gamper. 

Laurie Lopez se montre elle plus optimiste : "Nous pensons que la médiatisation et la victoire des Bleues à l'Euro, peuvent donner envie à des jeunes filles de se mettre au handball. Augmenter le nombre de licenciés est toujours un objectif pour un club, tant qu'on a les moyens structurels et humains de les accueillir".

Augmenter la visibilité de la D1 féminine mais aussi les échelons inférieurs.

Si le public a pu suivre les exploits des Bleues, il est beaucoup plus difficile de suivre l'élite française. Couvert surtout grâce à la presse locale, les grands médias ne se sont pas encore vraiment intéressés au déroulement de ce championnat. D'où une méconnaissance du grand public. Si la domination de l'OL, dans le foot féminin, commence vraiment à se savoir, qui, à part les spécialistes, sait que Metz domine le hand féminin depuis 20 ans ? Peu de monde sans doute, malheureusement. Car ce championnat est également peu diffusé à la télévision (seuls certains matchs le sont sur Bein Sports) et les salles ne font pas encore toutes le plein, y compris dans l'Elite.

Laurie Lopez espère que l'Euro et son fort remplissage des salles va permettre une évolution dans le bon sens : "Oui nous pensons que cela peut avoir un impact sur la LFH car les spectateurs ont vu évoluer les joueuses sous la tunique bleu-blanc-rouge et ont peut-être appris qu’elles évoluaient également dans des clubs proches de chez eux. Si le spectacle leur a plu à la télé ou dans les tribunes de l’Euro, ils auront sûrement envie de tenter l’expérience club également". Elle espère aussi une meilleure reconnaissance : "Les joueuses s’investissent tout autant que les joueurs, nous espérons donc qu’un jour elles pourront avoir la même reconnaissance, car ils réalisent tous le même métier chaque jour".

Même son de cloche en D2 à Celles/Belle : "C'est le souhait de la Fédération et des Ligues que cet événement génère des retombées. Cet Euro c'est un coup de projecteur sur le handball féminin. Malheureusement, cela retombe rapidement après, car il y a d'autres événements sportifs". Y compris localement ou Celles est concurrencé par les Chamois Niortais, pensionnaires de Ligue 2, en foot masculin.

En définitif, on peut d'or et déjà dire que le parcours des Bleus a eu un impact sur la médiatisation du handball féminin. Mais, pour que cet effet soit durable, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Cela passe par un véritable soutien populaire/médiatique. Le public doit aussi prendre conscience qu'il existe du handball localement et parfois de bon niveau. 

Etienne Goursaud, Baptiste Létang et Hélène Morisseau. 

 

 

 

 

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