Ophélie Claude-Boxberger : Le record de France est jouable

Ophélie Claude-Boxberger a abaissé son record à 32'35 sur 10km, dimanche à Nice. [Crédit : Page Facebook Ophélie Claude-Boxberger]

Ophélie Claude-Boxberger a abaissé son record à 32'35 sur 10km, dimanche à Nice. [Crédit : Page Facebook Ophélie Claude-Boxberger]

Elle n'en fini pas d'impressionner. En grande forme en ce début d'hiver, Ophélie Claude-Boxberger a battu son record par deux fois sur 10km route. D'abord 32'49 le 30 décembre, lors de la corrida d'Houilles, puis 32'35 à la Prom'Classic (Nice). Pour la première fois de sa carrière, elle est passée sous les 33 minutes au 10km. C'est près d'une minute de mieux que l'an passé. Et pourtant sa saison 2018 fut couronnée de succès, avec un record abaissé à 9'31''84 au 3000 steeple, réalisé lors de la finale des championnats d'Europe de Berlin, sa première grande compétition internationale, pour l'athlète de 30 ans, qui revient sur son été, son hiver et ses objectifs pour l'année 2019. 

Est-ce que la qualification pour les Europe a constitué un déclic ?

Oui ! C'était mon premier grand championnat et cela faisait un moment que je n'étais pas loin des minima. J'étais contente d'être en finale, le niveau était relevé. La cinquième place était peut-être jouable. 

NDLR : En 2015 elle fait les minima pour les mondiaux de Berlin, mais deux jours trop tard. Malgré une pétition de 9000 signatures en son soutien, la FFA n'a pas voulu la repêcher.

Est-ce que cette non-sélection vous a forgé et aidé pour aujourd'hui ? 

Je n'ai jamais lâché et j'ai continué. Cela n'a pas été évident, mais cela m'a renforcé mentalement. Je me suis concentrée sur mes objectifs futurs. 

Cet hiver, quels sont vos objectifs ?

La salle est un moyen de préparer la saison estivale et remettre un peu de rythme. Je n'ai pas encore fait mon programme de compétitions, donc je ne peux pas dire ce que je vais faire précisément. On attend aussi des réponses des organisateurs. Pour sûr, je vais me focaliser sur le 1500m et le 3000m en salle. Je ne ferais pas de cross. J'ai fait le cross de l'Acier, qui constituait le cross de sélection, ainsi que les championnats d'Europe. Mais là, j'ai privilégié la route. La route correspond plus à mes qualités et à ma foulée. C'était un choix de faire des 10km pour valider tout mon travail foncier. Maintenant il va falloir remettre un peu de rythme pour les compétitions en salle, afin d'aussi de préparer l'été. Je suis arrivée en stage à Monte Gordo (Portugal), pour me préparer pour la salle. Je n'ai pas encore fait de séances spécifiques, on va voir comment cela réagit. Je n'irais pas en stage en Afrique cette année.

A 30 ans vous semblez avoir atteint votre maturité ! Une maturité plutôt tardive non ? 

Je pense que cela dépend vraiment des personnes. J'ai commencé à sérieusement m'entraîner en Espoir 1, avant je faisais qu'une à deux séances par semaine. Je faisais d'autres sports, mais aussi des activités annexes. Certains commencent beaucoup plus tôt. J'ai donc commencé à 20 ans, la progression est décalée. Cela ne fait que trois ans que je suis sur 3000m steeple. Je suis passée par le 400 haies/800m, avant de monter sur 1500m, en Espoir 3, en étant championne de France, sans trop de prépa. Puis sur 3000m steeple aujourd'hui, avec mon bagage sur 400 haies. 

Vous avez goûté aux grandes compétitions, l'objectif est d'y retourner ?

Les Mondiaux sont encore très loin, c'est tôt pour dire. Mais quand on est qualifiée pour un grand championnat, l'objectif est toujours la finale, surtout là. On ne peut pas venir et dire : "Je vise le podium". Le niveau est tellement dense, avec les Africaines, toutes en 9 minutes ou moins. Rentrer en finale sera déjà une belle performance. Rivaliser avec les toutes meilleures, en Diamond League ce sera presque impossible, car il faut faire neuf minutes ou moins. En championnat pourquoi pas, mais la finale, c'est déjà super. Au vu de mes performances, difficile d'envisager de monter sur un podium. Déjà la finale, puis après faire la meilleure place possible. Si cela part sur des bases de 8'45 c'est mort, sinon si c'est tactique on verra, Gesa Krause est la dernière européenne a avoir fait podium (NLDR : en 2015) en valant 9'20. Il faudrait une course tactique et être frais au dernier tour. J'ai sans doute une meilleure technique que les Africaines qui sont plus justes sur ce plan-là. Après cela reste mince.

Ces mondiaux sont particulier, se tenant en Octobre, qu'est ce que cela change pour vous ?

La préparation sera totalement différente cette année. Je vais faire une coupure en mars pour repousser le pic en forme. Si je suis en forme dès juin, ce sera dur de l'être encore fin septembre. La préparation sera décalée. Les meetings vont s'adapter et être décalés. Je sais que la Coupe d'Europe sera aussi décalée en août. Pour autant, je serais présente dès le mois de mai aux Interclubs pour mon club (NDLR : Montbéliard Belfort Athlétisme), mais il ne faut pas s'attendre à ce que je fasse 4'13 toute seule, comme l'an dernier. 

Avez-vous également des objectifs en terme de chrono ? 

Le record de France est jouable (NDLR : 9'25''62 par Sophie Duarte en 2009). J'aimerais faire un chrono autour des 9'20. Il me manquait du spécifique 3000m. C'était encore une discipline nouvelle pour moi. Il faudra être très forte sur le 3000m plat, progresser aussi techniquement pour aller chercher les détails, les cinq petites secondes qui feront la différence par rapport au record de France. J'ai gagné 1 minute sur 10km cette année, ces progrès vont aussi m'aider sur 3000m steeple, si je garde ma vitesse au 1500m. Si la saison se déroule comme l'an passé, on peut être ambitieuse.

Où-est ce que vous avez le plus progressé ?

Je suis beaucoup plus constante sur mes compétitions. Avant je pouvais attaquer ma saison en 10'20 et finir en 9'35. L'an passé je débute sur un 9'34. Avant je manquais d'expérience sur la distance. Je fais moins d'erreurs, je suis plus fiable. C'est un gros facteur de progrès. J'ai beaucoup progressé en foncier. J'ai fait un travail sur moi aussi, j'aborde les compétitions avec plus de confiance, alors qu'avant je pouvais douter. Je suis passée en peu de temps du 800m au 3000m steeple. 

Dans le futur, peut-on envisager un passage définitif sur route ?

Oui c'est sûr ! Je ferais sans doute un semi dans le cadre de ma préparation. Mais la route ce ne sera pas avant 2020, j'aimerais me qualifier aux J.O. de Tokyo au steeple. Mais pour Paris 2024, ce sera tout autre chose.

Etienne Goursaud.

 

 

 

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christian woelfflin 11/01/2019 13:34

elle va s'accrocher....ET REUSSIR !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

christian woelfflin 11/01/2019 13:34

Elle va s'accrocher...et réussir !!!!!