[Interclubs] : L'Entente Sarthe Athlétisme, l'indépendance de la réunion (première partie)

L'Entente Sarthe Athlétisme a su faire une entente, sans tuer les spécificités des sections [Crédit photo : Entente Sarthe Athletisme]

L'Entente Sarthe Athlétisme a su faire une entente, sans tuer les spécificités des sections [Crédit photo : Entente Sarthe Athletisme]

Il peut être difficile de mélanger les genres, les spécialités. Il est difficile de concilier des lieux, philosophies différentes. C'est le pari qu'à pourtant réussi l'Entente Sarthe Athlétisme. Ce club est né de la réunion de sections locales, J.S. Allonnes, U.S. Arnage, U.S. Lucéenne, U.A. Sargéenne, S.L. Renault, J.S Coulaines, Les Alpes Mancelles, Sille C.A., L.M.A 72, Endurance 72, E.A.V.H. Dans ce cinquième volet consacré aux clubs d'athlétisme, on va voir comment les Sarthois ont réussi leur pari, leurs ambitions pour la saison mais aussi sur l'avenir.

Des débuts balbutiants, mais des progrès rapides.

Dans sa quatrième année d'existence, l'Entente Sarthe Athlétisme a connu quelques difficultés au départ, comme le confie le président Laurent Boquillet : "Les clubs avaient des réticences à nous suivre, car ils avaient peur de perdre leur identité". Comme tout projet ambitieux, il fallait du temps pour se construire. L'idée de base vient de deux présidents, celui du Mans Athlétisme (Jean-Claude Raison) et de la J.S Coulaines, Jean-Michel Maillard. Ils décident de confier la gestion du "bébé" à Laurent Boquillet : "Ils ont voulu prendre quelqu'un d'extérieur. Je venais des Ardennes, avant de passer du temps au Dijon Université Club" confie l'intéressé. Une opportunité pour lui : "J'ai vécu l'athlétisme en tant que consommateur, je voulais m'investir davantage. Ils m'ont choisi pour éviter les vieilles histoires". Et effectivement, le projet balbutiant est devenu très prometteur : "On continue d'apprendre à fonctionner ensemble". Au fur et à mesure, d'autres clubs ont suivi, comme l'assez mythique Endurance 72. 

Avec 2200 licenciés (avec un pic l'an passé à 2600), l'Entente est le deuxième club de France en terme de licenciés. Et le premier au classement FFA, un autre baromètre de la bonne santé d'un club. Et on peut dire que sur ce plan-là, la santé est excellente. Mais l'entente permet d'autres avantages. "Chaque section a sa spécialité, certains privilégient la piste, tandis que d'autres sont axés marche nordique ou course à pied" confie Laurent Boquillet. Cela permet aussi de se coordonner : "Si une section spécialisée dans la course à pied détecte quelqu'un avec un potentiel de lanceur, il l'enverra vers une autre section, où il trouvera une structure mieux adapté et vice-versa" se réjouit Laurent Boquillet, tout en reconnaissance que les choses peuvent encore être améliorées. Pour cela, un directeur sportif vient d'être nommé, il s'agit de Frédéric Bouvier, coureur de haut niveau et mari d'une autre athlète phare : Christelle Daunay (recordwoman de France du 10000m et du marathon). "Il faut coordonner les 11 sections, ce qui représente plus de 60 entraîneurs, mais aussi sept sites d'entraînement et des créneaux horaires" analyse Laurent Boquillet. Des créneaux, mais avec beaucoup de souplesse. Ainsi, un athlète d'une section peut aller librement s'entraîner sur un site appartenant à une autre section de la structure.

Enfin, l'entente permet de créer une équipe au niveau cross : "Par exemple, le LMA n'avait que deux cadets au cross. Ces deux cadets ont pu trouver une équipe pour disputer les championnats et se qualifier aux France" se réjouit Laurent Boquillet.

Une entente oui ! Mais avec la volonté de préserver les sections locales.

Avec l'entente, on doit donc voir une marée verte un peu partout. "Surtout pas !" s'exclame Laurent Boquillet. Le président de l'entente milite pour une chose, c'est que les couleurs des sections locales ne disparaissent pas. Car une section locale possède ses propres partenaires, représente aussi une ou plusieurs communes, un acteur de la vie locale. "Au niveau départemental, comme pour les meetings ou cross hors championnats, je veux que les athlètes portent les couleurs de leurs section locales" poursuit-il. Car ce qu'il veut, c'est que les sections locales, qui disposent de toute leur autonomie et de leur propre budget, aient leur importance dans ce grand projet et qu'ils ne soient pas tués dans l'entente. "Malheureusement, même au niveau départemental, les titres sont attribués à l'entente. J'aimerais que la Fédération modifie ce point de règlement. Il ne faut pas tuer le vivier local". A cela s'ajoute le fait que les sections locales ne paient pas de cotisations à l'entente.

Le deal, c'est que le maillot vert de l'Entente ne soit porté qu'à partir des championnats régionaux et au niveau des Interclubs. Comme une forme de sélection. C'est du moins la vision de Laurent Boquillet : "Les meilleurs se regroupent sous le maillot pour aller le plus loin possible. Dans nos équipes de cross, il y a parfois trois ou quatre sections locales représentées. Là, on met le maillot vert". Des exceptions existent, comme Christelle Daunay et Liv Westphal directement licenciées à l'Entente. Mais une vérité que l'on peut aussi retrouver sur piste, avec l'exemple des relais. "Cela crée de très belles ambiances, chacun sait qu'il peut rentrer dans l'équipe, les jeunes sont ravis de se retrouver lors des championnats, chacun scrute ce que fait l'autre. L'émulation se crée. De toute façon, les athlètes ne nous appartiennent pas " confie Laurent Boquillet. Bien sûr, au début, cela a pu créer certaines tensions, maintenant tout se coordonne de mieux en mieux pour les Sarthois. "On a fait notre quatrième AG cette année, c'était la première sans petites tensions. C'est un soulagement" se réjouit Laurent Boquillet, tout en reconnaissant certaines barrières restent à tomber.

Etienne GOURSAUD

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