[Interclubs] : Le Sèvre Bocage AC, un autre modèle gagnant (dernière partie)

Le SBAC prouve qu'on peut exister en dehors des grandes agglomérations. [Crédit photo : Sèvre-Bocage AC]

Le SBAC prouve qu'on peut exister en dehors des grandes agglomérations. [Crédit photo : Sèvre-Bocage AC]

Le Sèvre-Bocage AC a su grandir année après année. Mais les Deux-Sévriens se veulent prudent quant à leurs ambitions individuelles et collectives. 

Pérenniser le club en N2

Des progrès, qui se traduisent forcément au niveau Interclubs. D'un club scotché à 35-36000 points, le SBAC a décollé d'années en années, pour d'abord passer d'excellence régionale à N2. Jouant le maintien les deux premières années, le SBAC s'est offert la victoire dans la poule de maintien, avec 43 464 points, ce qui constitue bien sur un record. "L'arrivée de Laurent Bodin a été un des facteurs de ce développement. Il a amené des compétences diverses, surtout au niveau des épreuves combinés" analyse Pascal Brosseau.

Malgré ces progrès, le SBAC n'envisage pas de tenter, à court terme, de monter d'un échelon, pour rejoindre la N1B. "On n'est pas prêt" constate le président. En effet, il veulent d'abord goûter à la N2A (poule de montée). Le gap est encore grand pour envisager une promotion, qui se joue dans les 48 000 points désormais. Les Deux-Sévriens veulent continuer à se structurer, conserver ses compétences, que ce soit au niveau régional mais à une échelle plus locale : "et ce n'est pas facile" concède Pascal Brosseau.

Et cela passe, entre autres, par des moyens financiers. Et l'agglomération a décidé de jouer le jeu. La subvention alloué au SBAC est passée de 12000€ à 22000€ promis en 2020. "On vient d'essuyer deux exercices déficitaires et l'agglomération a tenu à faire l'effort. On a un rôle d'ambassadeur sur tout le territoire nord Nouvelle-Aquitaine. Avec la nouvelle région, des personnes du Pays-Basque peuvent voir notre maillot lors des championnats" confie Pascal Brosseau qui a pu jouer sur une chose : "L'agglomération versait une subvention aux sports collectifs de niveau national. Il y avait un manque d'équité, car nous emmenions des athlètes au niveau international. Les élus ont été réceptifs, puisque une aide pour chaque athlète haut-niveau est versée, à hauteur de 1200€ chacun, soit 3600€ pour nous [NDLR : Hugo Hay, Pierre Proust et Sébastien Micheau]. Cela nous permet de financer des déplacements en championnats

Un sponsoring basé sur les relations et des idées pour développer l'athlétisme! 

Mais pour faire plus, il faut aller chercher d'autres sources de financement, via le sponsoring privé. Le sponsor principal (qu'on peut voir en évidence) est Celio Meubles (à ne pas confondre avec la marque et enseigne de vêtements). Le gérant de la boite n'est ni plus ni moins qu'un membre du club : "Il vient aussi donner des coups de mains sur des trails, quand il ne court pas" confie Pascal Brosseau. Et oui ! le SBAC, comme tous les clubs qu'on a pu étudier jusque-là, à un modèle de sponsoring basé sur les connaissances. Difficile de se faire connaître en dehors : "L'athlétisme souffre d'un certain manque de visibilité" regrette le président. "Les gens ne voient que le côté spectacle des grands championnats. Mais à côté, il y aussi tout l'entraînement. Et cela est beaucoup moins glamour". Pascal Brosseau regrette aussi que certaines disciplines ne soient pas reconnues à leur juste valeur : "Les gens ne se rendent pas compte de ce que c'est de lancer un poids de 7kg à 20m". Pour cela il préconise un retour à un modèle de type "fête de village" où chacun pourrait essayer de lancer le poids, pour se rendre compte de la difficulté de l'épreuve et de l'exploit réalisé par ces athlètes.

Pascal Brosseau, en président d'un club fort sur les longues distances, fustige également un autre problème : "Le public croit que c'est le nombre de kilomètres parcourus qui déterminent la performance. En réalité, faire une grosse performance sur 1500m nécessite une préparation bien plus ardue que de préparer un marathon. Faire 42km c'est à la portée de tout le monde, à partir du moment où il a de la volonté. Ce n'est pas le cas d'un 3'45 au 1500m. Il faut développer une vraie culture athlétisme". 

Sur le plan local, ce serait de redonner un second souffle au grand meeting Robert Bobin (à Cerizay), en perte de vitesse ces dernières années. "On aimerait aussi remonter un meeting à Bressuire. Mais pour le meeting Robert Bobin est un peu tributaire des Elites qui sont sur la période. Surtout, on n'a pas voulu l'inscrire dans le circuit de meetings nationaux, pour garder la main sur la programmation. Mais, du coup, nous n'avons aucune aide de la région" regrette Pascal Brosseau.

Le SBAC est comme un vent de fraîcheur dans un athlétisme qui tend à se polariser. Le club deux-sévrien prouve qu'on peut réussir en dehors des grandes villes. Au vu de la structuration mise en place, la tendance ne va pas s'inverser. On reparlera encore de ce club dans l'avenir.

Etienne Goursaud

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article