[Interclubs] : Le Sèvre Bocage AC, un autre modèle gagnant (Première partie)

Le SBAC prouve qu'on peut exister en dehors des grandes agglomérations. [Crédit photo : Sèvre-Bocage AC]

Le SBAC prouve qu'on peut exister en dehors des grandes agglomérations. [Crédit photo : Sèvre-Bocage AC]

Les habitués des cross en Nouvelle-Aquitaine sauront de quoi on parle. Bien souvent, ils voient des maillots bleu et blanc truster les podiums de championnats. Ces maillots, ce sont ceux du Sèvre-Bocage AC. Un club relativement connu ces dernières années, mais que peu sauront situer sur une carte. Dans le nord des Deux-Sèvres, autour des communes de Bressuire et de Cerizay, le "SBAC" poursuit son petit bonhomme de chemin. Avec une certaine réussite ! Car c'est en train de devenir un club avec une tout autre dimension qu'un simple club de demi-fond. 

Un nombre de licenciés doublé en six ans ! 

L'équipe autour du président Pascal Brosseau a cherché des moyens de se développer. Avec grande réussite. Car le Sèvre Bocage AC, déjoue la logique des clubs, qui veut que les grosses métropoles se développent au détriment de clubs plus ruraux ! Avec son bassin de 73 000 habitants, il ne peut pas rivaliser sur le plan de la population avec une ville comme Nantes (située à 100km). Alors le SBAC doit composer autrement : "On fait beaucoup de détection dans les écoles et dans les compétitions UNSS" confie Pascal Brosseau. "On invite les meilleurs à venir essayer des séances gratuitement pendant les vacances. Cela tombe souvent durant la période des fêtes, on met en place des goûters. Ils peuvent ainsi découvrir l'ambiance au sein du club. Ce sont aussi des moments de convivialité". Indispensable pour essayer de conserver les jeunes talents, surtout avec la concurrence d'un club de N3 en foot (Bressuire). "Beaucoup de nos jeunes quittent l'athlétisme au moment où ils passent à deux entraînements de foot par semaine" regrette Pascal Brosseau. Mais le SBAC s'est solidement implanté, avec des écoles d'athlétisme dans chacune des communes de l'agglomération de Bressuire, soit cinq au total.

Avec trois sections de marche nordique et quatre hors-stade, le SBAC a su miser sur ce qui est en vogue actuellement dans le paysage de l'athlétisme français. "Mais on manque encore d'installations, ce sont des créneaux qu'il faut développer" confie Pascal Brosseau. Malgré tout, c'est une franche réussite, puisqu'en janvier 2019, le club totalise 460 licenciés, soit une augmentation de 100% en à peine six ans. "On a également su se structurer avec désormais un salarié un temps plein et un temps partiel. Cela a joué en notre faveur" reconnaît Pascal Brosseau". Seul petit point noir, beaucoup d'athlètes, surtout des filles, arrêtent l'athlétisme une fois qu'ils ont quitté le lycée de Bressuire, après le lycée. "Il faut mettre l'accent la-dessus" insiste Pascal Brosseau. D'autant que, même dans une autre ville, universitaire de surcroît, il est tout à fait possible de continuer à s'entraîner, tout en restant dans son club d'origine.

Le demi-fond : l'ADN historique, mais pas que...

Pierre Proust ou encore Hugo Hay. Des noms qui résonnent au niveau national et international. Deux purs produits du SBAC, de leurs débuts à leur arrivée au plus haut niveau. Un point commun, les deux excellent en demi-fond et fond. Une véritable marque de fabrique : "Il y a toujours eu une tradition de demi-fond ici" confie Pascal Brosseau. Le club deux-sévrien a vu défiler quelques internationaux notables, comme le marcheur Jean-Olivier Brosseau, présent lors du 20km marche des J.O d'Atlanta (35e), mais aussi lors de trois championnats du monde. Une réussite qui s'explique par l'éducation au cross et à l'esprit d'équipe : "On a toujours privilégié l'équipe lors des cross. Cela permet aux athlètes de se responsabiliser, mais aussi de repousser ses limites mentales. Quand on est en difficulté et qu'on est seul, c'est difficile, quand il y a un podium à aller chercher par équipe, on est obligé de se dépasser" analyse Pascal Brosseau. 

Autre facteur, la présence d'un entraîneur aussi discret qu’exceptionnel : Abel Jamain. C'est lui qui a propulsé Hugo Hay et Pierre Proust sur le devant de l'affiche. "Pour réussir, il faut qu'un athlète soit suivi et trouve la bonne personne sur sa route, pour le suivre sur le long terme" précise Pascal Brosseau.

Mais le SBAC n'a pas sorti que des athlètes de demi-fond. Sébastien Micheau, 2,14m cet hiver (6e performance française de 2019 en salle) et un record à 2,15m où encore Céline Jacob, qualifiée au France d'épreuves combinées (2989 points au pentathlon), illustrent le fait que le SBAC sait trouver des talents hors goudron et boue ! L'ancienne recordwoman de France du 100m, Laurence Bily, est native et a été formée à Bressuire, avant de rejoindre le Racing Club de France. "Nous avons eu 33 athlètes internationaux, pour un total de 166 sélections" se réjouit Pascal Brosseau. Un chiffre qui ne devrait pas en rester là, cela ne fait aucun doute.

Etienne Goursaud

 

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article