Manon Douteau : Je ne me fixe aucune limites !

Manon Douteau a connu une progression fulgurante cet hiver. [Crédit photo : Manon Douteau]

Manon Douteau a connu une progression fulgurante cet hiver. [Crédit photo : Manon Douteau]

Vous ne la connaissez sans doute pas très bien, mais vous risquez de vite la découvrir ! Une jeune Poitevine a crevé l'écran cet hiver. Les plus assidus ont pu observer Manon Douteau, 22 ans (Entente Poitiers 86) dynamiter les championnats de France de cross court. Sans complexe, elle s'est ruée à l'avant de la course. Elle y termine finalement 4e. 49e l'an passé et 116e en 2017, sa progression est spectaculaire. À cela s'ajoute une 3e place aux Nationaux sur 800m, auréolé d'un record personnel porté à 2'11''58. Pour finir, elle a remporté les foulées du Grand Angoulême, avec un chrono de 34'25 (contre 40'30 pour son ancien record). Nul doute, l'étudiante en Master 2e année STAPS de Poitiers est dans dynamique exceptionnelle. De quoi voir l'avenir sereinement ? Réponse ici !

 

Vous vous entraînez combien de fois par semaine ?

 

Je sors d'une phase de repos, de deux ou trois jours, après ma victoire à Angoulême. Mais cela va vite revenir à la normale, avec neuf séances par semaine. Il y a trois jours avec séance biquotidienne et un jour de repos le samedi. Je m'entraîne beaucoup plus que je ne le faisais avant

 

Quel a été le déclic pour vous ?

 

Je ne sais pas trop, cela s'est fait un peu comme cela. Le déclic s'est surtout fait dans ma tête. Je me suis dit que cette année était la bonne, pour essayer de faire des choses. J'ai vu que cela commençait à fonctionner, je n'ai pas lâché et de fil en aiguille j'ai demandé à Mickaël [NDLR : Mickaël Pilot son entraîneur à Poitiers] s'il y avait possibilité d'augmenter le nombre de séances. J'en avais envie et on voyait très bien, que je progressais sur tous les plans, que ce soit seuil, vma ou autres. Cela s'est fait comme cela. J'ai validé tout mon M1, je bosse en mi-temps en périscolaire, cela me permet de bien m'entraîner. C'est plutôt cool. J'avoue qu'en ce moment j'ai presque plus tendance à faire passer les entraînements devant le reste. Je crois également que le 800m en salle et le 2'11 et la 3e place aux Nationaux a fait office de déclic. Une course rapide où je me suis accrochée jusqu'au bout, sur une course qui n'est pas ma spécialité.

 

De ce que vous avez réalisé, quelle est la performance qui vous a le plus surpris ?

 

Ma quatrième place aux France de cross.

 

Justement sur cette course, vous vous dévoilez très tôt. N'y a t-il pas une pointe de regret après coup ?

 

Je n'ai strictement aucun regret. L'objectif de base était un top 30. On avait rehaussé à un top 15 après ma victoire aux LANA. Quand on se retrouve devant avec les meilleurs, cela m'allait très bien. Avec des si on peut refaire la course. Mais si ça se trouve, en restant cachée, je n'aurais pas fait mieux voire fait moins bien. Au moins je sais me situer, je sais que je suis capable de faire un podium. C'est encourageant pour l'année prochaine. On verra cela. J'apprécie autant ma quatrième place que si j'avais fait podium.

 

Avec cette performance, est-ce qu'une sélection en Bleu trotte dans votre tête ?

 

Oui énormément, cela me fait un peu rêver et cela donne envie. Cela sera un objectif pour le cross de sélection aux Europe en novembre prochain. Il y aura six sélectionnés. On se préparera pour cet objectif

Au vu votre progression, difficile de se dire ou est-ce que cela va s'arrêter ?

 

C'est vraiment cela, on a toujours envie d'aller un peu plus loin, voir ce que cela donne quand on augmente les intensités d'entraînement. On a du mal à s'arrêter. Je veux toujours repousser mes limites. Depuis les France cet hiver, on augmente un peu tout. On verra bien, mais je suis sur une bonne lancée. Je ne me fixe aucune limite !

 

Quel va être votre programme pour cet été ?

Rien n'est encore vraiment décidé, mais je ferais ma rentrée aux Interclubs sur le 800m au premier tour, puis le 1500m au second tour. Je ferais également Carquefou le 21 juin, il y a toujours de grosses performances là-bas. Sinon on va jongler en fonction des entraînements et de ce qui est le plus pertinent. Pour le reste je ne sais pas encore. Je ne sais pas encore sur quelle distance je vais m'aligner cette saison. 

 

Et vos objectifs ?

 

Je vise les France Elites, soit sur 800m soit sur 1500m. En termes de chronos, je ne me fixe pas vraiment de limites. Plus cela va descendre, mieux ce sera. Après, si je suis qualifiée, j'espère entrer également en finale. On n'est pas à l'abri d'une belle surprise. Cela fait que de me sourire, ce serait bien que cela continue. Pour ma rentrée, j'y vais pour le club et apporter le plus de points possibles. C'est tôt dans une saison où les Elites sont fin juillet. Si la performance n'est pas là, ce n'est pas grave, il reste du temps.

 

Pendant combien de temps allez-vous vous consacrer à l'athlétisme à fond ?

 

Autant que je le pourrais, tant que je progresse et que je suis à fond dedans. Le jour où cela coincera, tant pis. C'est le moment d'en profite. J'ai conscience que tout le monde ne peut pas s'entraîner autant que je peux le faire. Je profite de ces moments-là. Quand cela coincera, peut-être que je m'alignerais sur des distances plus longues et être performante également. Après j'avoue ne pas y avoir encore trop réfléchi. J'espère continuer à progresser comme je le fais actuellement. Sur le plan professionnel, j'hésite entre travailler avec des enfants en situation d'obésité, ou travailler dans un centre de rééducation.

 

Votre progression peut-elle arriver à n'importe qui ?

 

Je pense que tout le monde peut y arriver. Il suffit de le vouloir, de s'entraîner et d'être motivé. Il n'y a pas de recette miracle. Les entraînements paient toujours. Je ne pense pas avoir des capacités en particulier.

 

Le regard des gens à t-il changé ? Et au niveau sponsoring ?

 

En soi pas tellement. Mais des personnes que je ne connaissais pas sont parfois venues me féliciter. Ma famille est vachement fière, cela donne encore plus envie de faire les choses bien. Mais mon quotidien n'a pas tellement changé et c'est une bonne chose de rester soi-même et humble. Cela peut vite monter à la tête. Je préfère continuer à faire mes petites affaires dans mon coin qu'avoir trop de stress autour de moi. Pour le moment, ça va. Je suis sponsorisé par le magasin quatorze running shop à Paris. C'est quelqu'un de ma famille qui tient le magasin. Cela fait plaisir d'être sponsorisé. Ils me fournissent tous les équipements et plein de petits accessoires. Quelques marques de diète sont venues me voir, mais cela ne m’intéressait pas tant que cela. Il y a eu aussi des personnes dans la nutrition, mais c'était plus une aide humaine. Je n'ai pas eu affaire à des personnes malhonnêtes. C'est compliqué de vivre de l'athlétisme et ce n'est pas mon objectif. Après, on ne sait jamais, mais en soi je privilégie le plaisir.

 

Avez-vous un modèle ?

 

J'aime bien Jimmy Gressier, Hugo Hay, Mathilde Sénéchal. J'aime bien ces athlètes-là. Je les admire vraiment.

 

Avez-vous une préférence pour une course en particulier ?

 

J'aime les cross et la piste qui sont moins traumatisantes que la route, mais j'arrive à me faire plaisir sur les trois. 

 

Etienne GOURSAUD

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