[Debrief] : Roglic n'est pas si mal qu'il ne le montre !

Primoz Roglic garde les cartes en main, mais il ne doit plus perdre de temps.

Primoz Roglic garde les cartes en main, mais il ne doit plus perdre de temps.

Après un début de Giro marqué par de la plaine et les deux chronos remportés par Primoz Roglic, la deuxième semaine a été bien plus montagneuse. Mais auparavant, Arnaud Demare a remporté son étape au sprint et il a repris le maillot cyclamen. Le Français aura eu toujours le mérite d'y croire, même quand il était à plus de 50 points. Arnaud Démare n'est pas le meilleur sprinter du monde, mais sa régularité mérite d'être soulignée. La bagarre pour le général 

Primoz Roglic semble bluffer mais n'est pas si mal...

Et on a assisté a un scénario bizarre. Deux étapes de montagne ou Roglic a semblé se focaliser uniquement sur Vincenzo Nibali. Il a bondi sur chacune des attaque du Sicilien. En revanche, il a laissé filer beaucoup d'adversaires. Ainsi, Richard Carapaz, vainqueur samedi de sa deuxième étape, a pris le maillot rose. Rafal Majka ou Michaël Landa en ont profité également pour se rapprocher. On peut penser que le Slovène montre là ses limites. C'est un scénario à envisager bien entendu, mais l'explication peut se trouver ailleurs. Les difficultés vont s'accentuer en cette troisième semaine et son équipe n'est pas en mesure de pouvoir contrôler la course. La Jumbo-Visma, véritable talon d'Achille de son leader. Du coup le Slovène semble faire le choix de laisser la pression de la course à d'autres équipes, comme il l'avait fait, en laissant Valério Conti puis Jan Polanc prendre le rose. La Movistar, de loin la meilleure équipe, est plus armée pour gérer la pression d'un leader. Surtout, Primoz Roglic semble craindre une défaillance comme l'avait connu Simon Yates l'an passé. Il calcule donc le moindre coup de pédale. Ce n'est pas spectaculaire, mais à la fin, seul le maillot rose compte pour Roglic (qui a déjà gagné ses étapes). La pression reste sur ses adversaire qui doivent encore reprendre du temps.

Mais fait-il une erreur ?

Malgré tout son attentisme est une semi-erreur. Car Primoz Roglic n'est pas à l'abri d'un ennui. Hier il perd du temps, d'abord en devant changer de vélo, puis en chutant dans la descente du Civiglio. Quarante secondes envolés. Et un scénario qui peut se reproduire. Surtout, il a laissé revenir dans le jeu Richard Carapaz, qui semble bien plus dangereux que Nibali. L'Italien ressemble au Contador du Tour 2011. Vaillant, mais attaquant sur des terrains inhabituels. Certes, il maintien la pression, mais ses attaques sonnent comme un aveu de faiblesse. De celui qui ne peut attaquer là où il faudrait faire la différence. Nibali semble juste. En revanche, l'Equatorien a montré bien plus de force. Mais il a déjà fait des efforts en solitaire qui peuvent compter pour la troisième semaine. Il n'a jamais eu à défendre une place sur le podium et un maillot de leader. C'est une pression nouvelle sur ses épaules. Surtout, le dernier chrono est très favorable au Slovène, qui a écrasé ses adversaires sur les deux premiers. Primoz Roglic garde la main, mais ne doit plus concéder de temps. Et pour celà, il devra se dévoiler. Le bluff ne pourra pas durer éternellement.

Un Giro rassurant ! 

Evidemment, il n'y a pas d'immense exploits comme celui de Froome (attention le Giro n'est pas fini). Mais on voit des coureurs qui donnent tout et qui finissent les étapes déjà très marqués. Un preuve que ce Giro semble terriblement humain, avec aucun coureur capable de creuser des différences. Chacun a peur du retour de bâton et calcule ses efforts. Personne ne veut boucher le trou pour son adversaire. Lors de sa victoire, Richard Carapaz, qui a pourtant attaqué très tôt, a grimpé l'avant dernière difficulté deux minutes moins vite que Stéfano Garzelli, en 2006. Preuve que le cyclisme va dans le bon sens, contrairement à l'acharnement dont il fait encore l'objet, dès qu'une affaire de dopage est révélée...

Etienne GOURSAUD

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