Aux Serbes la domination, aux Bleus l'ambition malgré la déception

Les Serbes ont décroché hier leur deuxième titre européen, en battant la Slovénie (3-1).

Les Serbes ont décroché hier leur deuxième titre européen, en battant la Slovénie (3-1).

Longtemps dominatrice dans son Euro, l’équipe de France est passée à côté de la médaille en perdant ses deux plus importantes rencontres. La Serbie décroche quant à elle son deuxième Championnat d’Europe.

 

Que va-t-il rester ? Que va-t-il rester de cette compétition dont le fil rouge aura été l’équipe de France et ses performances si réjouissantes d’abord, puis tellement frustrantes ensuite ? Bien dur de le déterminer exactement, au lendemain du terme de l’Eurovolley, qui s’est conclu par la brillante victoire en finale des Serbes sur les Slovènes trois sets à un (19-25, 25-16, 25-18, 25-20). Un succès synonyme de second Euro remporté par la Serbie (après 2011), après une Ligue Mondiale (2016) et une compétition olympique (à Sydney en 2000). Un succès obtenu à la suite d’un parcours mouvementé. La phase de poules avait été rapidement bouclée pour laisser place aux matchs à élimination directe. La République Tchèque battue en huitièmes sans problèmes (3-0), l’Ukraine le fut beaucoup plus dans la douleur en quarts (3-2), tout comme la France en demies (3-2). Les Slovènes, eux, avaient réussi leur casse contre la Russie en quarts de finale. L’élimination aux portes de la finale des Polonais avait également suscité les plus beaux louanges à cette équipe de Slovénie, qui malheureusement n’a pas tenu la distance hier à l’AccorHotels Arena et qui se contentera, comme en 2015, de l’argent (battue par l’équipe de France).

 

Championne d’Europe il y a quatre ans, l’équipe de France se devait de renouer avec son public, qu’elle avait pour ainsi dire perdu suite à la dernière réception d’une compétition internationale – ce qui remontait à 1976 – sans compter le final de la Ligue Mondiale en 2018. On peut dire que le contrat a été rempli. Elle s’est montrée capable d’enchanter l’assistance à Montpellier, Nantes ou Paris par des fulgurances et des scènes dont elle seule a le secret. Auteurs d’une phase de poules parfaite, sans accroc, durant laquelle ils ont semblé inatteignables, si ce n’est dans le deuxième set de leur première confrontation avec l’Italie, les Bleus avaient quitté une terre de handball pour rejoindre une terre…de handball. Le Hall XXL de Nantes se rappellera des qualifications successives contre la Finlande (3-0) et l’Italie (3-0), d’abord pour les quarts puis pour le carré final. Après tous ces beaux moments, restait encore à  parachever la quinzaine par une médaille. Et c’est la que le train s’est mis à dérailler. Sans doute un peu en retenue, les tricolores ont trop subi et pas assez su développer leur jeu contre la Serbie en demie puis la Pologne en petite finale.

 

Cette fin en queue de poisson va longtemps rester en travers de la gorge des hommes de Laurent Tillie. Si dominateurs avant d’arriver sur la capitale, ils ont été happés par l’ampleur de l’événement qui se déroulait. Autre potentielle raison du coup de mou soudain des Bleus, le manque d’adversité rencontré jusqu’à ce chemin de croix de carré final. Pendant que les Serbes arrivaient en pleine forme après un gros quart, les Bleus s’étaient baladés sur chaque partie disputée, ne passant jamais plus d’une heure et demie ou presque sur le terrain. L’équipe de France n’a pas su monter sur le podium de son Euro, ce qui représentait l’objectif initial. Mais, dans la tête des supporters, il subsistera pour sûr des souvenirs de joie et de délire. On se contentera de garder en tête les neuf aces de Stephen Boyer contre la Nazionale, Julien Lyneel sautant par-dessus la table de marque contre la Roumanie en ouverture, les attaques de folie d’Earvin Ngapeth et de Nicolas Le Goff, les caviars de passe de Benjamin Toniutti ou encore les sauvetages au sol de Jenia Grebennikov.

 

Et puisque cette équipe ne demande qu’à être supportée, continuons à le faire et ce dès le début de l’année prochaine, pour le Tournoi de Qualification Olympique. Disputé en Allemagne début janvier prochain (du 5 au 10), ce tournoi distribuera l’ultime ticket pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Il rassemblera huit équipes du vieux continent, et pas des moindres. Le format ? Deux poules de quatre, des demi-finales puis une finale à couteaux tirés. Les forces en présence ? En plus du pays hôte et des Bleus, il y aura la Serbie, la Slovénie, la Bulgarie, la Belgique, les Pays-Bas (le huitième pays n’est pas encore connu). Autant dire que ce ne sera pas du gâteau et qu’il faudra tout gagner. Cinq matches, cinq finales, ce devraient être les mots de Laurent Tillie à l’aube de la dernière chance d’accéder à l’exposition médiatique suprême pour ses joueurs, les JO. Le TQO sera l’occasion de prendre la revanche sur les Serbes, qui sont, depuis vendredi, sur une série de deux éliminations des Bleus dans les moments chauds. Ce sera surtout l’occasion de revoir cette équipe de France enthousiasmante, qui n’aura sans doute pas de mal à y jouer les premiers rôles.

 

Restons sur les aspects positifs de cette compétition à domicile pour les Français, qui auront des jours meilleurs en termes de résultat final. Rappelons qu’en 2015, l’année suivant la quatrième place (décevante au vu du parcours) obtenue au Mondial, les Bleus avaient décroché la Ligue Mondiale et l’Euro. De bon augure ? Oui, on l'espère vivement. 

 

Mathéo RONDEAU    

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