[Doha 2019] : Les chances de médailles françaises !

Yohann Diniz est le favori à sa propre succession sur le 50km marche [Crédit photo : Europe 1]

Yohann Diniz est le favori à sa propre succession sur le 50km marche [Crédit photo : Europe 1]

Décalés dans le temps du fait qu'ils se tiennent à Doha (pour éviter la chaleur qui ne sera probablement pas évitée), les championnats du monde d'athlétisme ne débutent que demain. Fin septembre cela fait long pour des athlètes qui auront connu une saison longue et étirée. Il a bien fallu gérer la forme pour arriver en forme pour ce grand rendez-vous. Du côté des Français, 60 athlètes feront le déplacement dans la capitale Qatari. Parmi eux, certains qui découvriront leur premier grand championnat, comme Fanny Quenot ou Wilfried Happio. Pour les deux, il s'agit de prendre de l'expérience. D'autres athlètes plus confirmés brigueront une breloque. Analyse et décryptage des chances françaises.

Favoris au titre : 

Yohann Diniz (41 ans, 50km marche, tenant du titre et triple champion d'Europe) : L'épreuve est menacée d'annulation pour cause de fortes chaleurs. Si elle se maintient, le désormais marcheur quadragénaire est le favori à sa succession. Après une année 2018 gâchée par les blessures, il est de retour au premier plan avec un chrono de 3h37'43 cette saison. Surtout, son titre obtenu il y a deux ans constitue une sorte de déclic pour le recordman du monde, qui n'avait jamais réussi à décrocher l'or au plus haut niveau. L'horizon s'est également dégagé avec les problèmes de dopage que connaissent certaines nations. L'incertitude concerne son adaptation à la chaleur... Mais aussi de son côté un peu fantasque. Yohann Diniz aime démarrer tambours battant. Parfois cela passe, parfois non. A quel Diniz allons-nous avoir droit ? On parie sur le meilleur.

Kévin Mayer (27 ans, décathlon, tenant du titre et recordman du monde) : On l'a quitté sur son record du monde, il y a plus d'un an. Depuis, Kévin Mayer semble plus fort que jamais. Encore des progrès un peu partout, sur les haies (13''55), au poids (17,08m). Le Français est plus que jamais le grand favori pour se succéder à lui même, malgré un Damian Warner en embuscade. Le principal adversaire de Kévin Mayer sera... Kévin Mayer. L'an passé, lors des championnats d'Europe, il a mordu par trois fois à la longueur, abandonnant ses rêves d'or. Cette année, c'est la perche qui a parfois pu poser problème, le Montpelliérain ayant connu un blocage psychologique. Mais si tout se passe bien, rien ne peut empêcher le Français de voler vers son second titre. Avec le record du monde en prime ? Pourquoi pas. On en saura plus après l'épreuve de la perche.

Candidats à la médaille :

Alexandra Tavernier (25 ans, lancer de marteau, médaillée de bronze en 2015) : Une médaille mondiale à 21 ans et bien des galères ensuite. Il aura fallu trois ans à la jeune lanceuse pour se reconstruire. A la clé, une seconde médaille internationale l'an passé, avec le bronze aux Europe. Le forfait d'Anita Wlodarczyk, qui règne sur la discipline depuis 2015, est une aubaine pour la Française, qui a amélioré son record de France cette saison (74,84m). Cela en fait une candidate crédible à une médaille, qui est son objectif déclaré. Mais attention, elle peut alterner le très bon et le moins bon. Mais, quand elle est en forme, elle réalise souvent de gros jets le jour J. Une sacré outsider.

Pascal Martinot-Lagarde (27 ans, 110m haies, champion d'Europe 2018) : Avec PML il peut tout se passer, absolument tout. Même s'il n'est pas le premier des outsiders, il faut toujours se méfier du Français. Demandez à Shubenkov. Le Russe, grandissime favori de la finale des Europe l'an passé, s'est fait coiffer par le fantasque hurdleur français. Mais PML n'a toujours rien gagné au niveau mondial en extérieur. Cela peut constituer un handicap. Mais on veut croire, malgré des chronos qui pourraient être mieux (13''24 cette saison), à l'exploit.

Renaud Lavillenie (33 ans, perche, champion olympique 2012) : Contrairement aux années passées, le Charentais n'est plus le grand favori de la compétition. L'or est d'ailleurs la seule médaille qui manque à son incroyable palmarès. Alors oui, Kendricks, Lisek et autre Duplantis ont sauté plus haut que lui cette saison. Reste qu'à chaque fois qu'il s'est aligné à une compétition internationale, il y a ramené une médaille. Son seul faux-pas ? Il y a 9 ans à Doha. Il a de l'expérience à revendre et il est un compétiteur hors pair. Malgré un SB plutôt modeste à 5,85m et des dernières sorties décevantes, il ne faut pas l'enterrer.

Mélina Robert-Michon (40 ans, disque, vice-championne olympique et double médaillée mondiale) : A 40 ans et après une nouvelle maternité, Mélina est bel et bien là pour défendre ses chances. Que dire, de tous les Français engagés, c'est sans doute elle qui possède la culture de la forme au Jour J. Record de France pour sa première médaille mondiale en 2013, nouveau record de France pour l'argent au JO de Rio et des S.B. pour accrocher le bronze aux mondiaux 2017 et les Europe 2014. Tout est dit. Malgré un meilleur jet à 62,62m cette saison, Mélina Robert-Michon demeure une prétendante à la médaille.

Etienne GOURSAUD 

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