L'ascension fulgurante de Fanny Quenot !

Fanny Quenot va découvrir son premier grand championnat. [Crédit : FFA]

Fanny Quenot va découvrir son premier grand championnat. [Crédit : FFA]

Je rêve des J.O 2020 et même de Paris 2024.

Fanny Quenot

Des athlètes français qualifiés pour les mondiaux d'athlétisme, Fanny Quenot est celle qui présente la trajectoire la plus atypique. Un grand championnat, c'était encore totalement inenvisageable pour l'athlète de bientôt 29 ans, licenciée au Lyon Athlétisme, il y a encore deux ans. Bonne hurdleuse, la spécialiste du 100m haies, était toutefois très loin des meilleures Françaises, comme en atteste son record à 13''57. De quoi briguer une place en finale des Elites. Mais à moins de trois semaines de sa première grande compétition, c'est une tout autre personne qui va se rendre en terre qatari ! Un record porté cette saison à 12''96, l'a fait entrer dans une toute nouvelle galaxie, celle des meilleures hurdleuses du monde ! 

Sa trajectoire atypique, c'est parce que Fanny Quenot s'est remise très tard à l'athlétisme : "J'ai repris à l'âge de 23 ans, après une dizaine d'années de coupure. J'avais commencé toute petite en Guadeloupe (de 6 à 13 ans). Mais j'ai dû arrêter car on avait déménagé en campagne avec mes parents. Il n'y avait pas de stade autour de chez moi". Impossible de s'entraîner. Mais l'envie est revenue, en même temps qu'elle a déménagé à Lyon pour ses études : "Il a fallu apprendre la discipline. Les performances sont donc arrivées tardivement". Cela lui laisse de belles perspectives : "Je suis loin d'avoir tout appris" confirme la "jeune" athlète. 

Fanny Quenot : Regard tourné vers les J.O.

Forcément, les chronos tombent années après années, 15''87 la première année en 2014, déjà 14''21 la saison suivante. 13''57 en 2017, puis 13''07 l'an passé. Avec cette progression, l'objectif était bel et bien de passer sous les 13 secondes cette année : "Je m'en étais rapproché la saison passée. Surtout, si je voulais aller aux mondiaux, il fallait courir sous les 13. J'étais contente de casser cette barrière aux championnats de France. Mentalement cela fait du bien de se dire qu'on peut le faire" se réjouit la Lyonnaise. 

Du coup, c'est à 29 ans que Fanny Quenot va découvrir un grand championnat. On pourrait éprouver du stress à sa place. Mais pas la sociétaire du Lyon Athlétisme, qui aborde la compétition avec beaucoup d'envie : "C'est un plaisir de pouvoir affronter les meilleures mondiales. Je vais essayer de profiter de cette aspiration pour aller faire une belle course". Ou même plusieurs. Car la Lyonnaise peut prétendre à entrer en demi-finale. Actuellement 57e aux bilans mondiaux, elle se trouve dans un mouchoir de poche avec bon nombre d'athlètes. Il faudra sans doute (si les conditions sont bonnes), aller chercher un 12''80 pour passer le cap des séries. "Je veux profiter de la haute adversité pour courir vite, très vite, et faire descendre mon record". Doha 2019 ne représente pas un aboutissement pour Fanny Quenot, mais plutôt une simple étape. "Je rêve des J.O 2020 et même de Paris 2024... et bien d'autres grandes compétitions". Quand on y réfléchit, Fanny Quénot, peut présenter un profil similaire à une Myriam Soumaré. Rappelez-vous, la sprinteuse avait éclaboussé la finale des Europe 2010, en remportant le titre à la surprise générale, sur 200m. Une course où elle abaissa de sept dixièmes son record (23''01 à 22''31). Quand on découvre le haut niveau, on ne connaît pas ses limites. On n'est donc pas à l'abri d'une bonne surprise. "Je me projette car je sais que j'ai encore de la marge. J'ai repris l’athlétisme tard et j'ai envie d'aller goûter aux grands championnats. Je ne sais pas de quoi l'avenir est fait, mais ce qui est sur, c'est que je suis motivée à aller performer".

Fanny Quenot a connu une progression fulgurante

La taille n'est pas un handicap !

Clin d'oeil du destin, sa série aura lieu trois jours après son 29e anniversaire : "(Rires), j'espère que cela me portera chance. Une belle course serait un beau cadeau d'anniversaire, pour bien boucler cette saison". 

Fanny Quenot explose au grand jour au moment où les haies françaises marchent bien, y compris chez les femmes. On connaît les Pacal Martinot-Lagarde et autres Dimitri Bascou. Mais les Françaises sont en train de percer au plus haut niveau. Quatre en dessous des 13'' pour une fantastique finale des France Élites et même cinq au total !. Une adversité qui a poussé la Lyonnaise vers l'excellence : "Je remercie mes adversaires, car sans elles, je n'avancerai surement pas. La finale des France était magnifique, avec quatre filles sous les 13 secondes. Cela s'est joué à rien et c'est ce qui est beau". 

Au-delà de son parcours sportif atypique, elle casse beaucoup de codes de la discipline. On dit toujours que pour briller, il faut être grand(e) pour mieux franchir les obstacles. Mais, avec son 1,65m, on ne peut pas dire que la Lyonnaise entre dans les standards habituels. De là à parler de contre-exemple ? "Oui on me pose souvent la question : mais comment tu arrives à passer les haies alors que tu n'es pas grande ?. En réalité, la taille des haies pour les femmes n'est pas très haute (NDLR 84cm), on doit savoir courir vite. Il s'agit de mettre du rythme dans l’intervalle et bouffer les haies. Chez les hommes, les haies sont bien plus hautes et le passage des haies est déjà plus technique. L'adaptation est peut-être plus grande pour un homme moins grand. Mais là aussi, il y a des exceptions. Quand je discute avec des gens, ils associent souvent cette image de petite taille à la difficulté de passer des haies. Cela dépend de chacun" confie Fanny Quenot. 

La Lyonnaise espère aussi que l'exposition médiatique va l'aider à mieux vivre de son sport : "les sponsors repèrent aussi les athlètes par ce biais". Car comme beaucoup (trop) d'athlètes de très haut niveau, difficile de vivre de l'athlétisme. Mais avant de réfléchir à tout cela, il y a une compétition à avaler. Aussi vite que ses haies, c'est tout le mal qu'on peut lui souhaiter.

Etienne GOURSAUD

 

 

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