Les Bleus allument le feu

L'équipe de France a surclassé l'Italie en quarts et va s'attaquer à la Serbie en demie. Crédit : [AFP]

L'équipe de France a surclassé l'Italie en quarts et va s'attaquer à la Serbie en demie. Crédit : [AFP]

 

 

Il y a un quelque chose dans cette équipe. Un quelque chose qui fait que penser à une médaille d’or dimanche à l’AccorHotels Arena n’est ni illusoire ni évident. C’est une étincelle, une petite flamme qui brûle tout doucement, comme si elle avait décidé du jour où elle exploserait totalement. L’allumette a été craquée il y a presque deux semaines, par une soirée d’été montpelliéraine, durant laquelle l’équipe de France est rentrée quasiment incognito dans son Euro de volley. Une victoire contre la Roumanie (3-0) qui en appelait bien d’autres. Treize jours ont passé depuis, six rencontres et autant de succès pour ces Bleus qui, depuis hier, ont officiellement validé leur ticket pour le carré final. Le billet a, au passage, été brillamment composté, hier, contre l’Italie en quarts. Une véritable claque. A peine une heure et demie de temps de jeu au total, trois sets remportés sans difficulté (3-0, 25-16, 27-25, 25-14), les tricolores ont infligé à la Nazionale l’une des plus importantes défaites de son histoire en phases finales de compétition internationale.

Le sélectionneur italien Gianlorenzo Blengini avait évoqué, suite à la défaite des siens en poules face aux mêmes Bleus (1-3), que le match n’avait pas servi à grand-chose et qu’il était plus amical qu’autre chose puisque les deux formations étaient déjà qualifiées. Cela impliquait que le vrai match se disputerait hier soir. C’est dommage, il n’a pas du le dire à ses joueurs. Les stats parlent pour les hommes de Laurent Tillie, avec 43% de réussite aux attaques, contre 30% pour l’Italie. Il n’y a que sur les blocs que les Italiens ont surnagé hier soir (9 contre 7 français). Mais c’était bien trop faible face à la puissance du collectif bleu, toujours aussi impressionnant. Ahurissante aussi, la performance individuelle d’un joueur clé hier, Stephen Boyer. 15 attaques, un bloc mais surtout 9 aces. Neuf aces !! L’ex-attaquant de Chaumont a régalé le Hall XXL en sortant par deux fois des séries interstellaires. Trois services de suite dans le premier set, puis un enchaînement de cinq aces dans le troisième pour mettre les Bleus sur orbite. Et comme un symbole, c’est lui qui a décoché l’ultime point gagnant de la partie.

Autour de lui, l’équipe brille. Seule ombre au tableau, la potentielle blessure de Kévin Tillie. En allant chercher un ballon derrière les panneaux publicitaires, il s’est mal réceptionné sur un banc. Si jamais il est forfait pour la suite de la compétition, l’équipe de France pourra tout de même compter sur Julien Lyneel, encore en jambes hier soir. Il faudra pouvoir compter sur une équipe aussi éblouissante pour se défaire de la Serbie, vendredi, en demi-finales. La formation Serbe, après un parcours sans accroc en poules (un seul set encaissé) et un huitième vite bouclé (3-0 contre Rep. Tchèque), est passée par tous les états hier soir contre l’Ukraine. Vite menés une manche à rien, les troisièmes du dernier Euro se sont remobilisés pour aller chercher les deux sets suivants. Puis plus rien. L’Ukraine revenait à 2-2. Finalement, la Serbie est tout de même parvenue à se qualifier, au tie-break.

Des Serbes que les Bleus connaissent bien. Ces dernières années, les Bleus les ont battus à quatre reprises en Ligue Mondiale, dans des moments décisifs. Dans l’autre sens, ils ont concédé une cruelle défaite au cinquième set au Mondial polonais l’an passé, qui leur avait valu une élimination précipitée. Les Polonais tient, parlons-en. La confrontation face aux Bleus se rapproche encore un peu plus pour eux, bien qu’avant cela, il faudra passer sur les Slovènes et sur Ljubjana, demain soir, chose loin d’être aisée.

En attendant, les Frenchies ont le feu vert. L’objectif de départ est désormais réalisé et la route vers la finale toute tracée. Pour imiter handballeurs et handballeuses, qui ont décroché le graal à Paris ces derniers mois, il ne reste que deux finales à jouer, comme dirait Laurent Tillie. Une finale pour aller en finale, et une finale pour entrer dans l’histoire. Celle des Bleus va certainement faire long feu.

 

Mathéo RONDEAU 

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