Les Français veulent continuer leur folle Serbie

Benjamin Toniutti et ses équipiers sont à un succès de la finale de l'Euro. C'est ce soir, contre la Serbie qu'ils peuvent y rejoindre la Slovénie. Crédit : [AFP]

Benjamin Toniutti et ses équipiers sont à un succès de la finale de l'Euro. C'est ce soir, contre la Serbie qu'ils peuvent y rejoindre la Slovénie. Crédit : [AFP]

 

 

La finale de l’Euro de volley-ball n’a jamais été aussi proche. On a eu de cesse à le répéter, la compétition ne sera réussie qu’avec une médaille. Il y a désormais trois chances sur quatre pour les Bleus. Soit ils passent ce soir l’écueil serbe et filent vers l’or ou l’argent, soit ils trépassent et partent défier la Pologne pour un match pour la troisième place à la vie à la mort contre un des pires ennemis. La première option semble, au vu du parcours des tricolores depuis Montpellier et la Roumaine, en passant par Nantes, la plus probable. Mais sur une rencontre à élimination directe, on démarre à 50-50, et les Serbes sont bien loin d’être les perdreaux de l’année. Plus de calcul, plus de round d’observation, la lutte sera d’entrée sans répit et il ne faudra pas faiblir.

 

Les joueurs à suivre, ils seront un peu partout sur le terrain. Plus besoin de présenter les cadors Français : le mitrailleur Boyer, le génie Ngapeth, le colosse Le Goff, le génial Grebennikov ou encore le distributeur Toniutti, ils devront tous être au rendez-vous ce soir, face à de redoutables Serbes. Les grands Lisinac (2,07m), Petric (2,03m) ou Podrascanin (2,04m), représentants le plus gros danger de l’autre côté du filet, devront être muselés par les hommes de Laurent Tillie. Au passage, le fils du sélectionneur va bien, la radio n’a rien décelé, et tiendra sa place (sur le banc). Il faudra ainsi mettre en œuvre tout ce qui a été – et brillamment – entreprit depuis deux semaines. Servir proprement (6 aces par match et peu de fautes), bloquer à double tour les attaques adverses (7 contres en moyenne), faire plier en attaque et continuer à faire vivre chaque ballon en se jetant corps et âmes dans la bataille.

 

Des batailles, Français et Serbes s’en sont bien souvent livré. En 2002, au Mondial argentin, les Bleus infligent aux champions olympiques en titre une lourde défaite (3-0) pour décrocher la médaille de bronze. Plus récemment, les tricolores avaient su se défaire de leurs adversaires du jour à de nombreuses reprises, et notamment en quart de finale de l’Euro 2015. On rappellera qu’après ce succès, les Bleus étaient lancés vers leur premier Euro. Signe du destin, pourquoi pas ? Aussi, l’équipe de France a su passer sur les Serbes lors de rencontres de Ligue Mondiale : victoire 3-1 en poule en 2014, 3-0 en finale en 2015, et deux autres fois 3-2 en phases finales en 2017 et 2018. Malheureusement, le dernier souvenir restant de cette affiche est la défaite lors du dernier Mondial, il y a douze mois. Vaincus au tie-break (2-3, 25-22, 24-26, 20-25, 25-18, 16-18), les Bleus, pourtant accrocheurs et volontaires, tombent dans de grandes largesses et craquent en fin de rencontre. Ce revers était synonyme d’élimination (quasiment) pour les Français.

 

Les conditions sont donc posées. Si les Bleus n’ont jusqu’à maintenant jamais faibli, la Serbie ne doit pas être prise à la légère. Peut-être que le tout récent exemple des Polonais, battus par plus forts, plus précis et plus bruyants qu’eux hier soir en Slovénie (3-1) permettra aux tricolores de ne pas fanfaronner avant d’entamer la partie. L’autre match se jouera dans les tribunes. Bien sûr, il y aura bien plus de Français que de Serbes, mais l’ambiance vue hier à Ljubljana fait espérer une soirée bouillante à l’AccorHotels Arena. Une première pour les joueurs de Laurent Tillie qui, après avoir affronté les ambiances folles de Gdansk ou Rio et après avoir été poussés par Pierre Mauroy ou le Hall XXL, s’attaquent à l’antre des sports d’intérieur français. Inauguré par Jacques Chirac, à l’époque maire de Paris, l’ancien Bercy devrait être plein. Et comme disait si bien l’ancien président de la République, « lorsque j’engage un combat, il ne me vient pas à l’idée que je puisse le perdre ». Espérons que cela serve d’avertissement aux Serbes, car de même qu’ « un chef c’est fait pour cheffer », une Equipe de France, c’est fait pour gagner.

 

Mathéo RONDEAU

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