Wilfried Happio : Les mondiaux pour poursuivre sa progression

Wilfried Happio : Les mondiaux pour poursuivre sa progression

J'espère aller le plus loin possible aux Mondiaux, avec mes armes et vibrer

Wilfried Happio

La France possède une génération dorée sur le 400m haies. Dans le sillage de Ludvy Vaillant, un autre hurdleur s'est distingué cette saison. Wilfried Happio, tout juste 21 ans (C.A L'Hay les roses) est une des grandes révélations de cette année 2019. Mais on peut parler en réalité de confirmation. Sacré champion d'Europe junior en 2017, avec un chrono canon de 49''93, il a connu une année 2018 bien plus difficile. 

Mais cette année il s'est remis sur les bons rails. Le premier aboutissement, c'est ce titre de champion d'Europe espoir, obtenu début juillet. A la clé, un chrono de 49''03. Mais Wilfired Happio reste lucide : "Comme cela, on pourrait croire à une année parfaite. Mais il y a encore pleins d'axes d'amélioration sur le plan personnel". Quoi de mieux que les championnats du monde de Doha, pour s'aguerrir ? Il y honorera sa première sélection en grand championnat avec les "A". Assez incroyable quand on sait qu'il n'en est qu'à sa quatrième année dans la discipline. "Je ne sais pas si mon passage sur cette discipline a constitué un déclic, mais une chose est sûre, c'est que je suis épanoui dans ma discipline et j'y prends du plaisir" analyse le jeune athlète. En tout cas, cela a été le point de départ de sa fulgurante ascension. 51''89 en 2016 et 49''03, petit à petit, Wilfried Happio se rapproche du plus haut niveau mondial.

Les Europe juniors en déclencheur.

A 21 ans, l'avenir semble dégagé à l'horizon et les objectifs sont déjà fixés : "Je suis encore jeune. J'espère une progression constante d'année en année, afin d'atteindre mes plus gros objectifs". Comme remporter des titres et continuer d'étoffer un palmarès riche de déjà deux médailles d'or chez les jeunes. La première, obtenue donc en junior a constitué un véritable déclic. "C'était le gros objectif de la saison. Avec le coach, on savait qu'on pouvait le faire. On a été très fier du travail accompli avec ma team. Cela a renforcé ma détermination pour les années à venir. Cela m'a fait grandir". Malgré tout, l'année 2018 n'est pas aussi réussie que prévue. Au final, 50''65, comme un frein à une progression jusque-là parfaite : "Cela a été une année compliquée. Pas mal de choses ont été bouleversées. J'ai souvent douté, mais je n'ai jamais lâché. Je me suis accroché, car au fond de moi, je savais que c'était une question de temps".

Et il s'est accroché ! Avec beaucoup de hargne et les efforts ont payé. Une rentrée en 51''48 fin mai à Oordegem, puis un premier chrono sous les 50'' un mois plus tard, avec 49''97 à Nogent-Sur-Marne. Puis ce record explosé au prix d'une finale parfaite à Gavle, pour son titre de champion d'Europe Espoirs. Une progression qu'il attribue à son arrivée en septembre au sein de l'INSEP : "C'était une grosse décision. Aujourd'hui, je peux dire qu'elle m'a permis de prendre conscience du haut niveau et de ce que cela demande". Mais, contrairement à la première, cette seconde médaille européenne n'est pas l'aboutissement de la saison. Les mondiaux de Doha, qui débutent ce week-end, représente un Graal pour tout athlète. Qu'il va aborder malheureusement avec quelques incertitudes. "Je me suis blessé il y a quelques semaines, ma préparation a été en dents de scie" concède Wilfried Happio qui reste confiant : "J'espère aller le plus loin possible avec mes armes et vibrer". Et pourquoi pas descendre pour la première fois sous les 49 secondes. "Joker [rires]" rigole t'il, ne préférant pas trop se projeter. 

Une chose est sûre, c'est que ces mondiaux sont une grande source de motivation pour Wilfried Happio : "Cela éclairci les horizons. Une fois qu'on y a goûté, on a envie d'y retourner le plus vite possible et le plus de fois". Mais la vraie question c'est : Est ce que Wilfried Happio aura un meilleur record sur 400 plat que sur 400m haies en extérieur ? : "[Rires] Je ne savais même pas que j'avais un meilleur record sur les haies. Bon promis, je vais essayer de faire un peu de concurrence à mes collègues Teo, Fabrisio et Lidji dans les années à venir".

A moins d'une semaine de la compétition, il sera un des jeunes athlètes à suivre dans la délégation française. On espère que cet écueil va lui apporter pour la suite de sa carrière.

Etienne GOURSAUD

  

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