Comment les Fantasy Leagues ont changé nos manières de suivre le sport ?

En très peu d'années, MPG est devenu très populaire !

En très peu d'années, MPG est devenu très populaire !

Si vous suivez régulièrement la Ligue 1 et que vous avez entre 15 et 35 ans, vous avez sûrement déjà entendu quelqu’un parler de MPG. MPG, c’est Mon Petit Gazon le site français de Fantasy League sur le football. 

Venu des États-Unis, ce concept a de plus en plus de férus en France. À la base jouées sur papier à la main, les Fantasy Leagues se sont grandement démocratisées avec internet à partir des années 2010. Les joueurs y trouvant un moyen plus simple et plus ludique de jouer.

Mais au fait, c’est quoi une Fantasy League ? Grossièrement, c’est un jeu où les joueurs sont des entraîneurs qui s’affrontent dans des matchs virtuels basés sur les résultats et statistiques réelles des sportifs. Le plus souvent gratuits, les joueurs n’ont pas pour objectif de gagner de l’argent, mais bien de montrer qu’ils ont des connaissances sportives supérieures à l’adversaire. Même si la part de hasard est grande, nombre de groupes d’amis ou de collègues s’y affrontent depuis quelques années. 

Une popularité en hausse en France

En France, l’exemple le plus connu de Fantasy League est Mon Petit Gazon (MPG). À la base seulement cantonnée au championnat de France de Ligue 1, la plate-forme évolue d’années en années. Et pour cause, le nombre de joueurs grandit à vitesse grand V. Le site a dépassé il y a peu les 1,3 Millions d’adeptes. Ici, le but est de se créer une équipe de foot avec un budget limité et un système de mercato avec ventes aux enchères. Ensuite, il faut gérer la composition de son équipe à chaque journée de championnat.

Sentant le filon, de nombreux sites ont lancé leur propre Fantasy League. La plupart du temps, il s'agit de sites spécialisés dans l’actualité sportive. C’est le cas de Trash Talk, un des sites d’infos basket les plus populaires de France, dans un style éditorial à la So Foot. Ils ont lancé en 2015 leur Trash Talk Fantasy League (TTFL) pour atteindre l’année dernière plus de 20 000 joueurs réguliers. Les fans NBA doivent y choisir un joueur chaque soir, en espérant de lui qu’il fasse le meilleur match possible. Un algorithme calcul son score TTFL en fonction de ses statistiques réelles de la nuit.

Il s'agit, ici de deux exemples français qui marchent, mais les Fantasy Leagues sont nombreuses. Du rugby au tennis en passant par le surf ou le cyclisme, chacun réunit ses fans autour de jeux virtuels chaque jour.

Interface du mercato (vente aux enchère) MPG

Interface du mercato (vente aux enchère) MPG

Une autre façon de suivre le sport

À l’instar du pari sportif, les Fantasy Leagues renouvellent la manière de suivre les compétitions sportives. Même si le jeu est moins nocif, car moins porté sur l’argent, il n’en est pas moins addictif. “Aujourd’hui, je ne peux clairement plus m’en passer” nous dit Pierre-Olivier (P-O).

P-O, son surnom, c’est un des joueurs les plus actifs de MPG. En août 2018, il créé un groupe Facebook regroupant plus de 4 000 passionnés du jeu, "Que pensez-vous de mon équipe? MPG". Il a accepté de nous répondre et nous explique son engouement pour Mon Petit Gazon. Pour lui, le jeu est un mélange de fun et de connaissances sportives. Nous, on ajouterait la chance comme troisième ingrédient. 

Pour le fun, il a tout juste, c’est sûrement le point fort des Fantasy Leagues, on peut y jouer entre amis facilement, et c’est dans ce cas qu’elles se révèlent les plus intéressantes. “Ce que je recherche c'est avant tout de mettre une vieille fessée a mes potes et de pouvoir les chambrer toute la semaine.” Ben, joueur MPG, lui aussi, partage son avis. “Le mieux c’est d’y jouer entre amis pour rigoler et chambrer”.

Contrairement aux paris, ici, les joueurs sont plus connaisseurs. Il ne suffit plus de suivre les conseils des bookmakers. L'exercice est plus complexe et seuls les amateurs de sport et de statistiques auront la foi de se lancer et de surtout ne pas lâcher le jeu en cours de saison. C’est dans cette phase de recherche pour choisir les meilleurs joueurs possibles que le jeu se révèle passionnant pour P-O. “Ce que j'aime le plus, c'est décortiquer les statistiques afin de trouver les pépites et faire la différence face à mes adversaires. [...] Je pensais m'y connaître en foot avant. Mais le fait d'étudier les statistiques pour dégoter les meilleurs joueurs et de les suivre ensuite, mes connaissances se sont énormément accrues. Qui aurait pu penser que je me serais passionné pour un Guingamp-Strasbourg et encourager mon Marcus Thuram et mon Kenny Lala?”. Ben a également changé sa manière de suivre le football “Ça a juste changer le fait que je m’enthousiasme pour des buts de joueurs dont avant, je me foutais totalement”. Sur le groupe de P-O, les joueurs se concertent pour obtenir des conseils sur la meilleure équipe possible. Chacun donne son avis sur des footballeurs, de Neymar à Mathias Autret, tout le monde y passe. C'est ça aussi MPG, l'échange.

MPG et les autres Fantasy Leagues sont des véritables vitrines pour les compétitions. La Ligue 1 étant sûrement celle qui en tire le plus d’avantages. Comme le dit Pierre-Olivier, chaque week-end, plusieurs matchs n’intéressent pas, ou alors seulement les supporters des équipes concernées. MPG a réussi à redonner un intérêt à ces “petits matchs”. Et c’est sûrement là une de ses plus grandes performances.

Où s'arrêteront ces jeux de gestions sportifs ? Nul ne le sait, mais une chose est sûre, c’est que joueurs et partenaires affluent en nombre. Le chambrage du lundi matin n’est pas prêt de s’arrêter !

Baptiste Létang 

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