La présentation des demi-finales du Mondial de rugby

Angleterre-Nouvelle Zélande : une finale avant l’heure

 

Coupe du monde de rugby 2019

Le propos n’est pas ici de dire qu’après avoir vu cette rencontre, vous pourrez hiberner pendant quatre ans et ne ressortir que pour la prochaine Coupe du monde de rugby, quoique… Alors bien évidemment, toute demi-finale de Mondial se respecte, mais celle-ci dégage plus qu’un parfum d’entrée de dernier carré, elle ressemble à un choc des titans que l’on aurait dû voir nulle part ailleurs qu’en finale dimanche prochain. Le tirage au sort en a fait autrement, et il ne faut pas non plus oublier deux autres équipes, Galles et l’Afrique du Sud, qui auront d’autres envies que la deuxième place finale dans quelques jours.

Le chemin vers le trophée William Webb-Ellis était tout tracé pour l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, toutes les cases avaient été pour le moment cochées, mais rien n’est assuré et il ne serait pas digne pour des équipes de ce rang-là de chuter aux portes de la finale. Pas digne, mais pas honteux non plus. Car le jeu qu’elles nous proposent depuis la mi-septembre et quelque peu déconcertant et surtout majestueux. Jamais, hormis les Springboks durant l’espace d’une mi-temps pour les Blacks, elles n’auront été inquiétées et auront semblé sortir de leur plan d’action.

 

Un feu d’artifice

 

Sorties toutes deux des poules avec trois succès en autant de rencontres et n’ayant pas pu jouer leur dernière rencontre suite au typhon Hagibis, elles n’ont pas faibli durant les quarts. L’Angleterre a surclassé l’Australie (40-16) en sachant se recroqueviller lors des temps faibles et concrétiser lors des temps à peine forts. Idem pour la Nouvelle-Zélande, tombeuse sans forcer de l’Irlande (46-14), inscrivant un énorme total de sept essais. Les deux équipes arrivent donc en pleine bourre.

Si durant la semaine qui vient de s’écouler, on a semblé vouloir écarter à tout prix les discussions autour du jeu en évoquant des affaires d’espionnage, de bière et autres, la rencontre de samedi, disputée à Yokohama, devrait bien être l’éloge du rugby moderne, fait à la fois de densité, de résistance physique, mais aussi des fameux skills, de la rapidité d’exécution et des « finisseurs » d’Eddie Jones. Le super duel Mo’Ounga-Barrett/Ford-Farrell promet d’être intense et décisif. Aussi, on ne fait qu’attendre de voir à l’œuvre les sécateurs de deuxième ligne de Lawes à Whitelock ou Retallick sans oublier Itoje. Vainqueurs à seulement trois reprises (en 18 matches) des Blacks depuis le début du siècle, les Anglais semblent prêts comme jamais. L’étincelle à déjà fait son effet, la flamme commence à prendre, le feu d’artifice ne va pas tarder à commencer.

 

Pays de Galles-Afrique du Sud : comme on se retrouve

 

Coupe du monde de rugby 2019

Londres, stade de Twickenham, 17 octobre 2015. Le premier quart de finale de la dernière Coupe du monde de rugby oppose le Pays de Galles à l’Afrique du Sud. Alors que les dragons avaient pu se roder en affrontant dès les poules Anglais (victoire) et Australiens (défaite), les Springboks, eux, n’avaient pas pu faire face à une immense adversité mais avaient été terriblement cueillis à froid par le Japon (revers 34-32). Alors, lorsqu’à dix minutes de la fin du match, les hommes de Warren Gatland mènent devant ceux de Heyneke Meyer, la logique semble respectée. Mais le demi de mêlée sudaf Fourie Du Preez n’était pas de cet avis. Son essai (75e) mit un terme aux espoirs Gallois, et ses équipiers rejoignirent le carré final, pour y figurer avec honneur (défaite en demi contre les Blacks, 18-20).

Si ce quart de finale semble être loin désormais et oublié, et que les effectifs ont été remaniés à haute dose, l’esprit de retrouvailles semble être présent. Et avec un enjeu supérieur. Le Pays de Galles, en prenant sa revanche, pourrait en effet prendre part à la première finale de Coupe du monde de son histoire. Et ce après avoir frôlé la catastrophe face à l’équipe de France en quarts (20-19), pendant que les Sud-Africains mettaient fin au rêve japonais de façon musclée (26-3). Des qualifications méritées cependant au vu des rencontres de poule, durant lesquelles puissance et réalisme furent des maîtres mots.

Sur le papier, les Springboks semblent partir favoris, même si les chiffres sont loin de parler en leur faveur. De fait, cinq des six dernières confrontations entre les deux équipes ont été remportées par le Pays de Galles. Et les craintes se sont faites sentir chez les Boks, dès lors que Jérôme Garcès a été désigné arbitre de la rencontre, car le béarnais porterait malchance aux hommes de Rassie Erasmus ces derniers temps. Il y a ainsi beaucoup plus de crainte que ce qu’il ne pourrait sembler chez les double champions du monde. Une crainte renforcée par l’absence du facteur X Cheslin Kolbe. Malgré tout, l’ossature reste hyper solide, avec notamment Mtawarira, Etzebeth, Du Toit, De Klerk ou Le Roux.

C’est au moins ce qu’il faudra pour passer au-dessus d’un Pays de Galles maintenant totalement libéré de cette pression de passer l’écueil des quarts de finale et qui se fout de jouer moche tant que ça passe et que ça gagne. Alun-Wyn Jones et ses compères n’ont pas encore abattu toutes leurs cartes, et il serait étonnant qu’ils ne veuillent pas offrir une semaine de rab à la tournée d’adieu de Warren Gatland.

 

Mathéo RONDEAU

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