[OBJECTIF TOKYO 2020] : Avec le duo de beach volleyeur, Quincy Ayé et Arnaud Gauthier-Rat

La paire Quincy Ayé (à gauche) et Arnaud Gauthier-Rat sacrée championne de France 2019 [Crédit : Alexandrine Maguer-spilers]

La paire Quincy Ayé (à gauche) et Arnaud Gauthier-Rat sacrée championne de France 2019 [Crédit : Alexandrine Maguer-spilers]

On peut finir un tournoi le dimanche et enchaîner avec un autre tournoi lointain dès le mardi. On prend l'avion. C'est éprouvant mais le corps s'habitue

Quincy Ayé et Arnaud Gauthier-Rat

Le soufflet du parcours des Bleus à l'Eurovolley n'est pas encore retombé. L'emballement médiatique et populaire est manifeste. Et les Jeux de Tokyo sont dans dix mois. Une exposition médiatique rêvée pour chaque sportif. Et le volley-ball français à ses chances. Et pas qu'avec la bande à Tillie. Sur une autre discipline, le beach-volley, une paire Quincy Ayé (24 ans) et Arnaud Gauthier-Rat (22 ans) sont bien placés pour décrocher le précieux sésame pour la capitale Japonaise. 

Les deux volleyeurs français sont associés depuis près d'un an : "On se connaissait à travers différentes détections. On a été en équipe de France chacun avec un partenaire différent et la Fédération à choisit de nous associer. Elle avait envie de voir de nouvelles associations et elle a trouvé cela cohérente de nous associer" résument les deux volleyeurs. Une association qui commence à trouver ses marques. A Rome, lors des finales du World Tour, ils se sont hissés à la 9e place, en éliminant, excusez du peu, les Brésiliens tête de série N°4 Alison Cerutti (champion olympique en titre) et Alvaro Filho. "Globalement nos quatre derniers résultats sont les meilleurs de notre carrière. On est sur une bonne lancée et on a validé nos progrès effectués tout au long de l'année. Il faut un peu de temps pour qu'une paire se mettre à performer" se réjouissent les deux jeunes français. Et de précieux points engrangés dans la lutte à la qualification aux J.O. 

Arnaud Gauthier-Rat et Quincy Ayé vers une première française depuis 2004 ! 

"C'est un projet crédible. On a fait des calculs, il faut sept ou huit bons résultats. On veut continuer à prendre des points. On garde notre état d'esprit. On est proche mais rien n'est encore fait. Le chemin à parcourir est encore long" analysent Quincy Ayé et Arnaud Gauthier-Rat. Un chemin qui va passer par une préparation qui a commencé du coté de Toulouse et ce, pendant encore quatre semaines. Avant d'effectuer le tournoi World Tour trois étoiles de Qinzhou (CHN, 30 Octobre au 3 Novembre). Ils enchaîneront quinze jours plus tard au Mexique à Chetumal (un quatre étoiles), avant une coupure de trois semaines : "On a du prendre qu'une semaine de repos en un an. Cette phase de préparation est importante pour nous. Les tournois sont éparpillés l'hiver, mais cela devient sérieux à partir de mars-avril". Les choses sérieuses et un rythme de vie endiablé, avec des tournois aux quatre coins du monde : "On peut finir un tournoi le dimanche et enchaîner avec un autre tournoi lointain dès le mardi. On prend l'avion. C'est éprouvant mais le corps s'habitue" résument les deux volleyeurs. Qui ont leur astuces pour essayer d'optimiser au mieux leur récupération : "Dans les avions, on utilise des bas de contention. On instaure notre routine. Même si on est fatigué, on évite de dormir pour s'adapter aux fuseaux horaires. Heureusement pour nous, la Fédération prend en charge les billets d'avion et les hébergement, cela nous soulage beaucoup. Mais c'est à nous de gérer les réservations". Après la période de coupure, le programme n'est pas encore défini pour les deux Français.

Arnaud Gauthier-Rat et Quincy Ayé unis vers le rêve olympique

Ce qui est sur, c'est que les J.O de Tokyo ne sont plus qu'un simple rêve. Ils peuvent succéder à la paire Canet-Hamel, derniers représentants français. C'était à Athènes en 2004 : "On doit se qualifier. Si on est dans le tournoi, tout sera possible. Ce qui est sur c'est qu'on aborderai la compétition en étant très relâchés et en ayant rien à perdre. D'autres paires auront plus de pression que nous". Pas de pression mais une formidable opportunité médiatique. Car si leur "voisin" du volley en salle a pu bénéficier d'une formidable couverture lors de l'Euro, le beach-volley demeure un sport anonyme. "La chaîne Sport en France a diffusé le World Tour de Montpellier (NDLR : 1 étoile) et les finales des Championnats de France. Ils font des choses pour des sports moins médiatisés. Car le traitement médiatique de certains sport est vraiment affligeant. On voit beaucoup de foot dans les journaux. Certains sportifs méritent d'être mieux mis en avant" regrettent Arnaud Gauthier-Rat et Quincy Ayé. Mais les deux Français sont convaincus que le beau parcours des Bleus peut aussi leur servir : "On a kiffé devant, en plus on a joué avec certains d'entre eux. Ils ont attiré le public vers la discipline, les gens se sont intéressés. Nos disciplines sont très proches. La Fédération va communiquer autant sur nous que sur la salle. Les gens abonnés pourront nous suivre". Faute de télévision, les matchs du circuit mondial sont diffusés gratuitement via la plateforme Youtube. Pour Arnaud Gauthier-Rat et Quincy Ayé, ce n'est plus aux volleyeurs de faire l'effort pour être médiatisés : "On a vu la team Yavbou gagner l'Euro en 2015, cela n'a rien changé. On peut se servir d'un projet pour lancer la dynamique de médiatisation. Mais il faut arrêter de mettre la pression sur les athlètes". 

Pour le moment, ils arrivent à vivre de leur sport, grâce à l'aide de la fédération et les prize money des différents tournois. Par exemple, leur 9e place à Rome leur offre 4000€ chacun. Une somme qu'on peut considérer comme dérisoire pour une paire qui termine dans le top 10 d'un grand tournoi mondial. Imaginez un 8e de finaliste d'un grand chelem recevoir une telle somme. Et encore, il faut s'y hisser. Une élimination en qualifications c'est zéro centime ! Cela peut poser question. "On a entendu dire que les prize money seraient davantage concentrés sur les trois meilleures paires des tournois" s'inquiètent les deux athlètes. Pas rassurant "Est ce que nos performances valent 4000€ chacun ?" s’interrogent-ils. 

 

Paris 2024 déjà en ligne de mire.

Grande concentration pour Arnaud Gauthier-Rat et Quincy Ayé !

Car la prochaine olympiade sera celle de Paris 2024. Des J.O. à domicile, les deux volleyeurs y pensent. Ils auront 27 et 29 ans et seront à pleine maturité avec des années de beach volley ensemble. "C'est une grande opportunité d'être regardé par des millions de téléspectateurs. On va travailler pour faire une médaille. Ce serait une première historique pour la France dans la discipline". Une discipline similaire au volley en salle, mais où les postes sont bien moins spécialisés : "Chacun tourne un peu. Chacun est bloqueur à tour de rôle pour reposer l'autre". A deux, les tâches reviennent plus vite ! 

Si vous voulez les suivre, il sera désormais plus facile de le faire. En effet ils viennent de créer une page facebook (cliquez ici). "On veut montrer un peu notre quotidien et communiquer avec les gens. Cela peut aussi servir à attirer des sponsors car on en a besoin pour vivre, acheter du matériel par exemple". Car, comme on l'évoquait, ils vivent de leur sport, mais ce n'est pas le grand luxe non plus. En parallèle du beach volley, chacun poursuit donc des études : "On sait qu'à notre retraite on devra retrouver un emploi" concèdent les Arnaud Gauthier-Rat et Quincy Ayé. Les deux jeunes volleyeurs espèrent que leur parcours va inspirer d'autres jeunes à suivre leurs traces. Et à se spécialiser davantage. Car en France, tout les volleyeurs commencent par la salle et à l'instar des deux protagonistes, se spécialisent vers l'âge de 17-18 ans sur le beach-volley. Contrairement à d'autres pays comme le Brésil ou les USA, où les sports de plage sont une véritable institution, davantage qu'en France. Dommage quand on sait les quelques 3600 kilomètres de littoral en France et des structures comme Paris-Plage. "Mais petit à petit, des choses se mettent en place" se réjouissent la paire française ! Mais on est encore loin d'un circuit professionnel comme il en existe aux USA. En attendant, vous pouvez suivre les aventures des deux Français à qui on espère un avenir avec en apothéose le Japon un certain mois d’août 2020.

Etienne GOURSAUD

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