Si près, si loin !

Si près, si loin !

On essaie de digérer, on essaie d'oublier, mais impossible, cette défaite reste en travers de la gorge. Oui hier, le XV de France a livré une belle bataille ! Oui les Français ont fait leur match. Mais encore une fois, ils ont perdu ! Oui, la défaite cruelle, inscrite dans notre ADN rugby. On se souvient de la finale de coupe du monde perdue en 2011. On se souvient de la demi-finale de 1995 contre les Sud-Africains. Trois matchs et le même constat, le XV de France était proche de quelque chose de grand. 

Mais à force de se dire qu'on en est proche, en réalité n'est on pas terriblement loin ? Loin d'être une équipe pragmatique comme les Anglais ou les Sud-Africains quand il faut empocher trois points au lieu de s'entêter à marquer l'essai. Ces trois point d'un drop que n'a pas osé Camille Lopez, après son premier échec. Loin de leur réalisme, quand les pénalités et transformations de Romain Ntamack se sont écrasées sur le poteau. Loin également d'être un rouleau compresseur comme les All-Blacks, où chaque offensives semblent aboutir en terre promise. Nombre de fois où on s'est retrouvé tout proche de tuer ce match sans jamais y parvenir. Loin également dans cette capacité d'être tueur et d'enfoncer un adversaire agonisant. Non c'est nous qui redevenons agonisant au travers d'immenses erreurs. 

Loin également au vu des années d'érrances du XV de France. Saisons après saisons, long glissement vers l'anonymat du rugby mondial. Le XV de France ne fait plus peur. Demandez aux Fidji et aux Japonais, venu arracher des exploits sur notre pelouse. Si on perd ce match hier, c'est aussi à cause de cela. Une grande équipe est une équipe crainte. Si les Français avaient été craints, peut-être que les Gallois, même en supériorité numérique, n'auraient pas pu revenir. Et oui, il y a toujours quelque chose qui cloche, qui vient enrayer un début de bonne dynamique.

Alors oui hier, le XV de France est passé près ! Mais on ne doit pas oublier que pendant des années, on a été loin du top niveau mondial. Comme le rappelle l'ancien international Thierry Dusautoir, on ne peut rattraper tant de retard en un match. Place au travail désormais. Il y a une coupe du monde à préparer à la maison dans quatre ans, avec une génération exceptionnelle qui ne demande qu'à jouer ensemble, trouver les automatismes ensemble. Pour ne plus être si près mais si loin à la fois !

Etienne GOURSAUD 

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