Tour de France 2020 : Parcours et analyse

Tour de France 2020 : Parcours et analyse

Enfin ! Trois mois après la fantastique épopée d'Alaphilippe, trois mois après le destin brisé de Thibaut Pinot, trois mois après la prise de pouvoir d'Egan Bernal, on y est. Le tracé du Tour de France 2020 est enfin dévoilé. On est fixé, on va pouvoir patienter jusqu'à juin 2020 ! Fin des rumeurs, plus ou moins fantasques et place au concret. Un parcours très difficile concocté par ASO avec la primeur à Nice, ville du grand départ et cadre de deux étapes. On va voir, dès le début, le ton est donné ! 

Une orgie de montagne pour le Tour de France 2020 ! 

On le savait depuis un bout de temps, d'entrée de jeu, avec la seconde et troisième étape. Une première incursion à plus de 1500m d'altitude et deux cols plus nerveux dans le final. Une étape qui devrait d'or et déjà faire des dégâts. Dès la deuxième étape, certains auront perdu le tour. Un tracé qui peut voir Julian Alaphilippe se parer de jaune. Pour revivre une belle épopée façon 2019 ? C'est la première fois depuis 1992 que la montagne intervient aussi tôt dans le Tour. On pouvait le voir sur la Vuelta où sur le Giro. Mais la Grande Boucle, plus traditionaliste, laissait la part belle au routiers sprinter, avant de voir les aigles s’expliquer. Changement de tendance.

Auparavant, les sprinter auront fort à faire dans la première étape pour résister aux différentes ascensions. Pas sur que tout le monde soit à l'arrivée à Nice pour y disputer le sprint. Une configuration favorable à Peter Sagan, qui peut endosser le jaune, quatre ans après. A peine le temps de digérer tout cela, qu'il faut s'attaquer à Orcières-Merlette, haut lieu du tour de France, où Luis Ocana avait fait vaciller Eddy Merckx. Dès la quatrième étape, une étape à plus de 2000m d'altitude, là-aussi très peu habituel sur le Tour

Tour de France 2020 étape 1 très sélective
Une première étape sélective
Tour de France 2020 étape 2 déjà de la montagne
Déjà de la montagne pour la seconde étape

Des Pyrénées minimalistes !

Pas d'arrivées au sommet, pas de grands cols à 2000m d'altitude, le Tour de France 2020 ne fait pas la part belle à la région pyrénéenne. Deux étapes piégeuses. La première avec l'arrivée à Loudenvielle, avec un enchaînement redoutable entre Port de Balès et Peyresourde. Mais une descente assez roulante et peu technique, difficile de creuser des écarts. Est ce qu'un favori osera se dévoiler ? Difficile. Tout comme l'étape menant à Laruns, avec l'Aubisque qui avait souri à Primoz Roglic en 2018. Une descente un peu plus technique pour voir un coup similaire au Slovène ? Le fait est que les Pyrénées ne devraient pas bouleverser considérablement le classement général ! 

Tour de France 2020 étape 9
Tour de France 2020 étape 10
Des Pyrénées un peu escamotées !

 

Une première piégeuse dans le massif central ! 

L'arrivée au sommet du Pas de Peyrol par son versant le plus difficile (les trois derniers kilomètres à plus de 11% de moyenne avec un passage à 24%, vont en surprendre plus d'un. Une arrivée au bout d'une étape tobogan dans le Massif-Central ou les coureurs vont monter et descendre tout au long de la journée. Une étape idéale pour durcir de loin et créer des sélections. Depuis le temps qu'on en révait, on a enfin cette arrivée dans le plus haut col routier d'Auvergne. On espère que les coureurs sauront mettre à profit ses difficultés.

Puy Mary Tour de France 2020 étape 14
De l'inédit dans le Massif central

La montagne ne quittera jamais vraiment les coureurs, qui vont de nouveau être rapidement en prise avec un enchaînement Alpes et Jura qui promet d'être dantesque. Et oui, que des étapes de montagne jusqu'à Paris. On n'a jamais vu cela. Pour les coureurs, la difficulté sera autant dans l'étape du jour que dans la faculté de récupération des étapes précédentes. Il faudra être fort le jour J, mais savoir bien récupérer de tous les efforts consentis. Dans ce contexte, des immenses défaillances et autres problèmes peuvent être à prévoir. Un leader ayant une équipe solide sera également mieux armée qu'un coureur plus isolé. De grandes manœuvres peuvent être à prévoir.

De l'inédit avec le Grand Colombier et le col de la Loze.

Devenu incontournable sur le Tour de France depuis son apparition sur le Tour de France 2012, le Col du Grand Colombier sera le théâtre d'une arrivée au sommet d'une très grande étape dans l'Ain. Des pourcentages irrégulier, pouvant grimper à plus de 22%. Cela peut créer de véritables différences si les coureurs osent attaquer dès le pied. Déjà la fatigue commencera à se faire sentir. Mais ce n'est qu'un début.

Villars de Lans, où le Tour n'avait plus mis les pieds depuis 2004 et la victoire d'Armstrong (malgré la grande offensive de Jan Ullrich). Ce n'est pas l'étape la plus spectaculaire, mais gare quand même à ce profil piégeux, où souvent le Tour y a écrit une belle page de son histoire. Mais les coureurs vont devoir en garder, car dès le lendemain, retour à l'inédit avec cette arrivée au Col de la Loze. Auparavant, les participants vont devoir se farcir le mythique col de la madeleine. La filière de l'endurance va entrer en compte. Et celle de l'audace, avec une attaque façon Egan Bernal dans l'Iseran ? Chaque opportunité de faire la différence sera bonne à prendre pour les protagonistes de ce 107e Tour de France. D'autant que l'altitude devrait jouer son juge de paix. Mais attention de ne pas tout donner, car dès le lendemain, un nouveau toboggan est au programme, avec l'arrivée à La Roche sur Fouron. Pas de grands cols, pas de haute altitude, mais un enchaînement de difficultés qui peut rappeler l'étape du Pas de Peyrol. Sauf qu'à trois jours de l'arrivée de Paris, les organismes seront éprouvés.

Ce sera complètement fou

Tour de France 2020 étape 16 le Grand Colombier en roi !
Encore de l'inédit dans l'Ain
Tour de France 2020 étape 17 à Villard de Lans
Retour sur Villard de Lans plus emprunté depuis 2004
Tour de France 2020 étape 18 au sommet de la Loze !
Le col de la Loze va t'il bien porter son nom ?

 

Tour de France 2020 étape 19 en moyenne montagne
De la moyenne montagne à la veille du chrono

 

Feu d'artifice : Un chrono avec arrivée au sommet de la Planche des Belles-Filles

On le sait, la Planche est incontournable. Ce sera la 5e arrivée depuis son entrée au programme en 2012. Mais les organisateurs ont décidé d'innover avec un véritable chrono. 36km. 30 de plat pour les rouleurs et les 6 derniers dans cette montée exigeante. Les rouleurs vont devoir creuser l'écart le plus possible pour espérer résister au grimpeurs, qui vont mettre à profit leurs qualités dans cette ultime ascension. Un format de chrono peut courant dans un grand tour, qui ressemblera à celui de la 9e étape du Giro 2019. Primoz Roglic avait gagné, mais Victor Campenaerts avait plus que résisté. Voir un rouleur qui sait limiter la casse en montagne gagner ne semble pas inenvisageable. 

Tour de France 2020 étape 20 à la Planche des Belles-Filles
Gare au chrono !

 

En Bref ! 

Les sprinters n'auront que très peu de cartes à jouer sur ce parcours, qui fait la part belle aux grimpeurs et aux puncheurs. On attend de voir le parcours du Giro, mais il n'est pas improbable de voir une exode des grosses cuisses vers d'autres courses. 

La tendance ne change pas au niveau du chrono. Un seul, dont on vient d'évoquer, où les purs rouleurs risquent d'être mis en échec ! Depuis 2012 et ses 110km de chrono, la tendance de maigreur se poursuit pour les chronos. Certains trouvent ça bien et d'autres non. Il est regrettable de ne pas voir les rouleurs plus valorisés. Du coup, c'est un tour taillé pour purs grimpeurs, dont Egan Bernal, s'il est au niveau de cette année, sera difficile à déloger. Cela dit, ne pas enterrer ses concurrents dont Chris Froome, Tom Dumoulin ou autre Primoz Roglic. Thibaut Pinot, héros malheureux de 2019, devrait trouver un parcours à sa convenance.

On peut cependant se poser la question de cette orgie de difficultés. On laisse tomber à d'autres les histoires de dopages mais devant de telles difficultés, est-ce que les coureurs ne vont pas prendre peur, être attentistes et attendre le dernier moment avant de porter des attaques, de peur de tout perdre à cause d'une défaillance. Mais au vu du spectacle de 2019, on peut rester optimistes.

Etienne GOURSAUD

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

MC 17/10/2019 17:36

Excellent

17/10/2019 23:13

On est un peu plus mitigés

MC 17/10/2019 17:36

(y)