Bilan du mondial de rugby, la question : Y a-t-il encore des petites équipes ?

Pour la quatrième et avant-dernière étape de notre retour sur la Coupe du monde de rugby, nous ouvrons le débat : existe-t-il encore des petites équipes ? Et il y a de quoi faire pour y répondre, les performances des "petits" n'ont pas manqué lors de cette édition. 

Coupe du monde de rugby 2019
L'Uruguay a signé l'exploit de cette Coupe du monde en battant en poules les Fidji. Los Teros font pourtant partie des "petites" équipes. Crédit : [Getty Images].

C’est un fait accompli désormais, les scores lors des Coupes du monde de rugby sont beaucoup moins larges et sévères. Pour comparaison, on est passé d’un 145-17 en 1995 (Nouvelle-Zélande/Tonga) ou d’un 108-13 en 2007 (Nouvelle-Zélande/Portugal) a un écart bien plus faible entre l’Afrique du Sud et les Etats-Unis en Angleterre lors du précédent Mondial (64-0) ou entre les Blacks et le Canada le mois dernier (63-0). Cela s’explique bien entendu par la professionnalisation générale du rugby international, qui fait que la plupart des joueurs des squads présents proviennent des principaux championnats (Top 14, Pro 14, Premiership, Super Rugby, Top League). Et pourtant, si le niveau des soi-disant petites équipes s’améliore, c’est tout à fait la même chose concernant les cadors, qui tentent de perfectionner la perfection. Mais il est tout de même normal de se demander si les « petites » équipes le sont encore, au vu des récents exploits, et notamment celui de l’Uruguay.

 

Coupe du monde de rugby 2019
Les Ours de Russie ont manqué de jus physiquement, mais on fortement inquiété les Samoa ou le Japon. Crédit : [World Rugby].

 

Les Fidjiens passent à la trappe

 

Ce fut la grosse performance de ce dernier mois et demi. Los Teros ont fait tomber les Fidji lors d’une rencontre folle durant laquelle ils auront su concrétiser leurs nombreuses occasions et se défendre des assauts des joueurs du Pacifique (29-28). On a, en dehors de ce succès, découvert des Uruguayens totalement décomplexés, accrocheurs contre l’Australie et le Pays de Galles. Avec des joueurs charismatiques qui plus est, tels que German Kessler le talonneur à la coupe mulet ou l’ouvreur de Dax Felipe Berchesi, chirurgical dans l’exercice du tir au but. Une totale révolution dans le jeu des sud-américains, qui ont cette année décroché leur première victoire en Coupe du monde.

Avec beaucoup moins de réussite, l’équipe de Russie a profité de sa qualification sur tapis vert pour arriver au Japon sans faire de bruit. Elle s’est montrée accrocheuse contre les Samoa ou les Japonais, menant au score par moments et faisant déjouer leurs adversaires.

Coupe du monde de rugby 2019
Auteurs d'une superbe première demi-heure contre les Blacks, les Namibiens ne cessent de progresser. Crédit : [World Rugby].

 

La Namibie, une demi-heure phénoménale

 

Abonnée aux claques depuis sa première participation en 1999, l’équipe de Namibie a probablement vécu ses meilleures émotions en Coupe du monde, et face à qui ? Les All Blacks, tout simplement. Une première demi-heure de folie, à l’issue de laquelle le score est ultra serré (10-9 à l’avantage des Néo-zélandais). Les Welwitschias se sont même payé le luxe d’ouvrir la marque au bout de trois minutes, et en quelques sortes de faire dégoupiller certains de leurs adversaires, comme le pilier Laulala qui écopera d’un carton jaune. La suite sera sévère pour les Namibiens (9-71). Autre formation qui aura fait peur, les Eagles Américains, auteurs d’une sacrée partie contre le XV de France ou même face aux Tonga.

Sans pour autant l’avoir emporté, Namibiens ou Américains ont pris rendez-vous pour 2023 et ont confirmé qu’ils avaient leur place dans la hiérarchie.

Coupe du monde de rugby 2019
Accrocheurs face au XV de France et des Tonga, les Eagles des Etats-Unis deviennent de plus en plus compétitifs. Crédit : [Getty Images].

 

Un futur à 16 ? 20 ? 24 ? 

 

Il n’y a pas vraiment de réponse à notre sujet de départ, puisque d’un côté, on peut dire que les petites équipes deviennent des équipes moyennes car il y a de plus en plus de grandes équipes. D’un autre, on peut nuancer leur essor en continuant de les classer dans les petites équipes tout en disant qu’auparavant ce n’étaient que des petits poucets. Mine de rien, leur niveau progresse, et il ne serait pas étonnant que de plus en plus de formations soient lors des prochaines éditions contraintes d’afficher l’équipe 1 et non plus les remplaçants quand il s’agira d’affronter l’Uruguay ou les Etats-Unis.

Le débat est en cours en ce qui concerne le futur à vingt équipes du Mondial. Alors que les instances seraient intéressées par l'ouverture à d'autres et l’intégration de 4 nouvelles équipes (compétition à 24), les supporters sont plus enclins au spectacle et à une compétition homogène à 16. Pendant que la FIFA organise une Coupe du monde à 48, le rugby semble avoir trouvé la bonne formule. Car même si le système d’accès au Mondial est très fermé, le niveau en son sein ne fait que pousser vers le haut.

 

Mathéo RONDEAU

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