Bilan Mondial de rugby, la révélation : Le Japon, quelle histoire !

Deuxième étape de notre debrief de la Coupe du monde de rugby. Aujourd'hui, nous évoquons le pays organisateur, le Japon s'est montré sous toutes ses coutures, tant sur le plan sportif qu'en dehors. C'est la révélation de ce Mondial. 

Coupe du monde de rugby 2019
Explosion de joie des Japonais après le succès phénoménal contre le XV du Trèfle en poules (19-12). Crédit : [AP].

L’idée d’un Mondial de rugby au Japon, venue de Koji Tokumasu et orchestrée par Claude Atcher, n’était donc pas si saugrenue que cela. Le mois et demi de compétition a été un total régal en termes d’ambiance, d’engouement et de ferveur. Guichets fermés aussi bien pour un Nouvelle Zélande/Afrique du Sud que pour un Italie/Canada, la première édition à l’extérieur des pays dits du « Tier 1 » aura été un fervent succès. Ancré dans l’histoire aussi restera cette Coupe du monde à cause du typhon Hagibis. La première de l’annulation de trois rencontres n’aura que peu d’importance au vu des dégâts humains (73 morts) et matériels causés par un des cyclones les plus puissants de l’histoire du pays du soleil levant. L’occasion de resserrer un peu plus les liens entre les supporters venus des quatre coins du monde, supporters à l’esprit fraternel de base (on ne parle pas des Français avec les Anglais).

On a également découvert un public nippon fin connaisseur, du moins conscient de ce que représentait le fait d’accueillir un évènement d’une telle ampleur et de l’impact des résultats sportifs de l’équipe nationale. Parce que c’est ça, la véritable révélation.

 

Les Brave Blossoms, du jamais vu

Déjà, en 2015, les blancs et rouges Japonais avaient de l’énergie à revendre. Passés proche d’éliminer l’Ecosse, ils étaient rentrés au pays avec un succès contre les Samoa, les Etats-Unis, mais surtout l’Afrique du Sud. Un exploit sans précédent, sorte de bande annonce de ce qui allait sortir au grand jour quatre ans plus tard. Bien entendu, les Brave Blossoms nous ont laissé sur notre faim lors de la rencontre d’ouverture contre les Russes (30-10), ne laissant place qu’à de très rares éclairs de génie au milieu d’errements techniques trop impressionnants pour être vrais. En même temps, qui n’a pas tremblé (pas les Blacks bien sûr) lors d’un match inaugural ? Les hommes de Jamie Joseph, après avoir mangé les Ours de Russie, ont sorti les crocs pour offrir une prestation phénoménale à Shizuoka contre l’Irlande. Après avoir laissé passer l’orage dans les vingt premières minutes, ils n’ont plus encaissé de points, n’ont plus craqué, ont tout lâché. Une domination presque sans partage, et un succès retentissant (19-12). Dans le même registre, les Samoa passèrent à la moulinette (38-19). Avec le bonus offensif en prime, les Brave Blossoms étaient tout proche de la qualification.

Coupe du monde de rugby 2019
Incroyable alchimie entre les Brave Blossoms et leur public, après le succès qualificatif pour les quarts contre l'Ecosse (28-21). Crédit :[ Andy Devlin, The Sun].

La beauté du geste

C’est face au bourreau de 2015 que se disputera cette place pour les quarts de finale. Dernier match de la phase de poule, ce Japon-Ecosse a sa place dans la légende. D’abord pour le recueillement qui y a eu lieu, à Yokohama, quelques heures après le passage dévastateur d’Hagibis. Une minute de silence touchante et un hymne vibrant. Ensuite, il y eut le match. Et quel match ! Presque aucun temps faible, un engagement physique de tous les instants, et surtout une insouciance hors pair. Les quatre essais Japonais ce soir là sont splendides. La technique de la passe et du soutien rapide est connue sur le bout des doigts. L’ailier Fukuoka, comme Matsushima un peu avant, électrifie la défense du chardon. Le XV Japonais a fait tomber l’Ecosse (28-21), est qualifié pour la première fois pour les phases finales et a fait oublier l’espace d’un temps à son peuple ce fichu cyclone.

 

Une fin hautement digne

 

Tokyo, ville de départ et d’arrivée. L’épopée y avait commencé contre la Russie, elle s’y termine en quarts face à l’Afrique du Sud. Après avoir brillamment tenu tête aux futurs champions du monde en première période, les hommes de Jamie Joseph craquent sur le plan physique face à une équipe de Springboks supérieure physiquement dans la seconde. Mais ce score acté à la pause (3-5) est celui qu’il faut garder en tête et même Erasmus le dira : « le score ne reflète pas l’écart. » Un écart qui semble de plus en plus faible avec les puissances fortes du rugby. Les prochains tests matches seront plus relevés, et ce sera l’occasion de voir si l’esprit compétiteur est toujours présent une fois que le soufflé de la Coupe du monde 2019 sera tombé.

Cette histoire est tellement belle qu’on aimerait y voir un destin plus beau d’année en année. Tout semblera possible tant que cette équipe restera insouciante et travailleuse. Le manga des Brave Blossoms est loin d’en être à la dernière planche.

 

Mathéo RONDEAU

 

  

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