Six titres pour Hamilton, la mort du suspens ?

Formule 1
En décrochant son sixième titre de champion du monde, Lewis Hamilton rentre un peu plus dans l'histoire de son sport. Crédit : [AFP]

Grand-Prix du Canada, 10 juin 2007. C’est la sixième course d’un jeune britannique au volant de la McLaren Mercedes qui lutte avec Ferrari pour le titre pilote et constructeur. Ce jeune homme, c’est Lewis Hamilton. Il remportera ce jour-là sur le circuit Gilles Villeneuve son premier Grand-Prix. Un peu plus de douze ans plus tard, le voilà seul à la poursuite de Michael Schumacher au palmarès des plus titrés au championnat du monde, avec six titres décrochés entre 2008 et 2019. Une longévité incroyable, de sa première victoire finale avec McLaren jusqu’au cinquième de ses titres avec Mercedes. Il est désormais à la chasse du roi Schumacher, à qui il a déjà chipé le record du nombre de pole positions notamment.

 

Encore une fois cette année, Hamilton devait faire face à une lutte tenace de la part de la Scuderia, mais c’est plutôt de son équipier Valtteri Bottas qu’il a fallu qu’il se méfie. C’était du moins le finlandais le plus dangereux. Quatre petites victoires, c’est ce que l’ogre Hamilton, dix succès, a laissé à son équipier jusqu’à présent. Si bien que le sextuple couronné mondial voulait hier fêter son titre avec une victoire au GP des Etats-Unis. Bottas, auteur d’un week-end parfait, ne fut pas de cet avis, et rattrapa les ardeurs d’Hamilton a quelques encablures de l’arrivée pour lui ravir la tête. Hamilton termine donc deuxième de l’antépénultième course de la saison, devant Verstappen. Pourtant, il est parti de la cinquième place sur la grille, mais a parfaitement décollé et su profiter de la nouvelle faillite des Ferrari, pas dans le coup avec l’abandon de Vettel et la quatrième place de Leclerc.

 

Le suspens, une notion disparue ?

 

N’étant ni pur spécialiste ni fin gourmet de la discipline, je regarde habituellement une demi-douzaine de Grands Prix par saison. Cette année, il se fait que la course d’Austin d’hier était la première que je suivais en intégralité. Et j’ai compris une bonne partie des commentaires qui se multiplient quant aux caractères de plus en plus insipide et prévisible de la Formule 1. Les instances y travaillent, mais ne voir que trois voire quatre pilotes rivaliser et prendre un tour aux autres dès la quinzième boucle, il y a mieux en termes d’équilibre de performances. Hier, en début de course, une fois l’échappée partie devant, on a eu droit à deux ou trois belles salves d’offensives seulement (notamment Norris, Ricciardo, Albon et Perez).

 

Mais puisque le suspens a disparu au sujet du niveau de l’ensemble du paddock (plus que trois écuries pour les podiums), où peut-il encore subsister ? Eh bien dans les fondamentaux. Hier, le départ a eu son importance, Vettel a dégringolé, Hamilton avait déjà bien progressé. Mais surtout, et c’est le plus rassurant, la machine n’a toujours pas dépassé l’homme. Les stratégies prévues au départ ne sont pas encore toutes celles qui font gagner à l’arrivée. Pour preuve, hier, l’idée de départ pour les pilotes se disputant la victoire était de ne s’arrêter qu’une seule fois pour chausser les gommes les plus résistantes (dures). Mais les conditions climatiques étaient différentes au fil de la course et ces montes de pneus ont finalement résisté beaucoup moins longtemps que prévu. Verstappen et Bottas sont passés à une stratégie à deux arrêts, tandis qu’Hamilton est lui resté à un arrêt tardif. Au final, les trois se sont retrouvés en fin de course pour la gagne.

Il reste quand même de l’espoir pour relancer un peu l’attractivité déclinante de la F1, en espérant qu’il ne faille pas que des GP d’Allemagne 2019 pour ce faire.

 

Mathéo RONDEAU

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