La Norvège, Perrine Laffont, Beaver Creek : le débrief du week-end sports d'hiver : épisode 2

La revanche du week-end : les biathlètes Norvégien(ne)s prennent le relais des Bleu(e)s

 

La claque avait été sévère. Mercredi et jeudi, l’équipe de France avait mis la planète biathlon à ses pieds, y compris la redoutable équipe de Norvège. Pour rappel, l’individuel hommes s’était conclu par un incroyable quadruplé tricolore (victoire de Martin Fourcade). Si Tarjei Boe avait décroché la sixième place, son frère Johannes s’était montré moins à la fête suite à une panne de jambes dans la deuxième moitié du parcours. Plus inattendue, la remarquable performance de Justine Braisaz et Julia Simon le lendemain sur le 15km, respectivement première et troisième de la course. Et dans le biathlon, il n’y a pas que les classements qui comptent. Pendant que les Français écrasaient les temps de ski, les Norvégiens tentaient de limiter la casse. Autant dire que ça devait broyer du noir du côté des techniciens scandinaves. Mais le Norvégien est tenace et préparait sa revanche.

 

Le relais hommes a été remporté par Johannes Boe et ses compères, devant la France et l’étonnante Italie. Les Bleus ont quasiment toujours été au contact des Norvégiens, mais il a manqué un poil de réussite pour lancer Martin Fourcade dans les skis de Johannes Boe pour le dernier échange. On a tout de même pu assister à un premier duel entre les deux cadors, à dix secondes d’intervalle. Fourcade a eu du mal sur les planches mais s’est montré chirurgical derrière la carabine (10/10 contre un 8/10 pour Boe). Les locaux Suédois (5e) ont craqué après avoir un temps mené la danse. Preuve que le biathlon d’outre-Rhin est dans le creux de la vague chez les hommes, les Allemands ont tout perdu suite à trois tours de pénalité pour Philip Horn, qui était pourtant servi sur un plateau par Erik Lesser (10/10).

Coupe du monde de biathlon 2019 2020
La Norvège des frères Boe a remporté le relais masculin devant la France samedi. Et les femmes ont fait de même le lendemain. Crédit : [NordicFocus].

Deuxième étape de la revanche scandinave, le relais féminin. D’une propreté absolue si l’on en regarde les résultats des équipes sur le podium (10 erreurs au tir pour la Norvège, 4 pour la Suisse !) et disputé sous une forte averse de neige, celui de dimanche a vu triompher Marte Olsbu Roeiseland et ses équipières. Knotten avait très bien lancé les hostilités, Tandrevold et Eckhoff ont fait le boulot, et Roeiseland a parachevé le succès grâce à deux bons tirs et son habituelle vitesse sur les skis. La belle surprise est venue de la Suisse, deuxième, qui a battu au sprint les locales Suédoises, troisièmes. Non loin du podium, les Allemandes auront des motifs de satisfaction. Cette fois, l’équipe de France n’a pas pu jouer les premiers rôles et s’était pourtant montrée adroite au tir (9 pioches). Mais le relais de Chloé Chevalier, novice dans l’exercice, a fait perdre énormément de temps aux Bleues avant le dernier échange. Il reste du travail du côté tricolore, mais nul doute que les Bleues sauront rivaliser très prochainement.

 

La caravane du biathlon va se déplacer cette semaine, pour aller de la Suède d’Ostersund à l’Autriche d’Hochfilzen. Sprints, poursuites et relais seront au programme entre vendredi et dimanche prochains.

 

Les patrons du week-end : Laffont toujours la boss, Riiber marche sur l'eau 

Coupe du monde de ski acrobatique 2019 2020
Perrine Laffont a démarré sa saison tambour battant, en décrochant la première étape de la Coupe du monde de ski de bosses à Ruka. Crédit : [GettyImages].

Et dire que cette perle rare n’a même pas vécu la victoire finale de l’équipe de France à la Coupe du monde 1998. Oui, Perrine Laffont tutoie les sommets depuis maintenant trois saisons et n’a qu’à peine vingt et un ans. Maintenant qu’elle a presque tout gagné, à savoir le titre mondial (2 fois en bosses parallèles, 2 médailles en classique), olympique (1) et le globe de cristal (2), elle va probablement travailler à remporter le plus d’étapes de Coupe du monde possible, et on peut dire qu’elle est plutôt bien lancée dans l’exercice 2019-2020. A Ruka, en Finlande, elle a su dominer entre autres les Australiennes Britteny Cox et Jakara Anthony, l’Américaine Jaelin Kauf et les sœurs Canadiennes Dufour-Lapointe, ses principales adversaires pour la saison. Elle a même remporté les trois phases de la compétition (qualifs, finale, super finale). De quoi voir la suite avec sérénité.

Lui aussi dominateur écrasant de la discipline, Michaël Kingsbury a remporté la première étape (toujours à Ruka). Sacha Teocharis (8e) et Benjamin Cavet (11e) vont, on l’espère, monter en puissance.

 

Que l’on soit à Ruka ou à Lillehammer, combiné nordique rime cet hiver avec Jarl Magnus Riiber. Le Norvégien, qui en était à trois succès en trois courses le week-end dernier, a ajouté à sa liste les deux épreuves de samedi et dimanche disputées sur le site des J.O. de 1994. Rarement un homme avait été aussi dominateur. Le plus fou, c’est que sur les cinq premières épreuves, il est toujours parti en tête pour le fond puisqu’il avait toujours obtenu le meilleur score sur le saut. Il écrase le général, possédant 145 points de marge sur son compatriote Joergen Graabak. Derrière les Scandinaves suivent les Allemands (Geiger, Riessle) puis les Autrichiens (Rehrl, Fritz). Il faut remonter à la 29e place du classement pour retrouver Antoine Gérard, le premier français.

 

Les Français du week-end : Johan Clarey sur la boîte et le skicross tricolore brille à Val Tho

Coupe du monde de ski alpin 2019 2020
Johan Clarey, 38 ans, a décroché un superbe podium sur la descente de Beaver Creek. Crédit : [USAToday].

Médaillé d’argent sur le Super-G aux Mondiaux d’Are la saison passée, Johan Clarey a inscrit ce week-end un nouveau podium à son tableau de chasse. C’est la sixième fois de sa carrière qu’il monte sur la boîte. A 38 ans, rien ne semble pouvoir l’arrêter, pas même les Kriechmayr (2e dans le même temps), Reichelt (4e) ou autre Jansrud (9e). Seul Beat Feuz, le bolide helvète, a su aller plus vite et décroche son premier succès de la saison. Un Français sur le podium en descente, ce n'était plus arrivé depuis le regretté David Poisson. On ne peut pas parler d'héritage, mais c'est un bel hommage, deux ans après son décès sur une piste canadienne. 

La veille, lors du Super-G remporté par Marco Odermatt (qui remportait-là la première course de sa carrière) devant Kilde et Mayer, c’était Alexis Pinturault qui avait réalisé une très belle course, bouclée à la quatrième place. Le technicien aura été moins en vue lors du géant (17e) gagné par Tommy Ford. Par contre, Muffat-Jeandet (5e) et Faivre (6e) y ont joué les premiers rôles.

 

C’était le retour de la Coupe du monde de skicross, et la première étape avait lieu à domicile pour les tricolores, à Val Thorens. Pas de victoire pour les Bleus, mais de beaux podiums sur les deux courses du week-end. Vendredi, c’est le canadien Kevin Drury qui a remporté la finale devant Youri Duplessis Kergomard. Jean Fred Chapuis (4e) et Bastien Midol (5e) avaient déjà joué les premières places. Le lendemain, c’est un autre canadien, Kristofor Mahler, qui a devancé Midol et Chapuis. Trois Français seront donc montés sur le podium à Val Tho, et Bastien Midol mène déjà le général.

Chez les femmes, le duel Fanny Smith/Sandra Naeslund a déjà commencé, et Marielle Berger Sabbatel a eu un peu de mal à exister (meilleur résultat, 7e).

Les bonus du week-end : ski de fond, snowboard alpin, patinage artistique    

Pour en revenir rapidement au ski alpin, Matthias Mayer a conservé son dossard jaune de leader du général devant Kriechmayr et Paris. Alexis Pinturault est huitième.

Les femmes, qui se retrouvaient à Lake Louise, avaient droit à deux descentes et un Super-G. Les trois courses ont, dans l’ordre, été remportées par Ester Ledecka, Nicole Schmidhofer (belle 7e place de Miradoli au passage) et Viktoria Rebensburg. Après sept épreuves (sur 41), Mikaela Shiffrin est large leader devant l’allemande et les Suisses Corinne Suter et Michelle Gisin.

 

Lillehammer était aussi le théâtre de la deuxième étape de la Coupe du monde de ski de fond. Du côté masculin, elle a tourné en faveur des Russes. Alexander Bolshunov a remporté l’épreuve très prisée du skiathlon (15km classique + 15km libre) devant les Norvégiens Holund, Iversen, Klaebo, Sundby et Roethe. Le lendemain, c’est Sergei Ustiugov qui a offert la victoire à l’un des deux relais Russes, le second terminant justement deuxième. Depuis le superbe sprint classique de Richard Jouve, les tricolores n’ont pas vraiment eu l’occasion de briller. Johannes Klaebo continue de régner en tête du général, devant Iversen, Bolshunov et Niskanen.

Lui voilà à nouveau un point commun avec sa compatriote Therese Johaug, qui n’en finit plus d’écraser sa discipline. Elle aussi mène la barre au général, grâce entre autres à son succès lors du skiathlon. Avec trois de ses compatriotes, elle a également écrasé le relais féminin.

 

La mise en action a été assez compliquée pour Sylvain Dufour à Bannoye, en Russie, lors de la première étape de la Coupe du monde de snowboard alpin. Il a pris la quinzième place de l’épreuve principale, ce qui veut dire qu’il n’a pas su passer le stade des huitièmes de finale. Au classement général, les Italiens Fischnaller et Felicetti dominent.

Patinage Artistique
Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont à nouveau remporté une compétition importante. Dans trois mois, ce sera les Mondiaux. Crédit : [L'Equipe].

Enfin, comment ne pas terminer avec un nouveau week-end brillant de la part de la délégation tricolore de patinage artistique. C’était l’épreuve finale du circuit de Coupe du monde, disputée à Tokyo. Et elle a vu briller le Français Kévin Aymoz, troisième du libre. Il est monté sur son premier podium en grande compétition. Au chapitre des grandes performances, il y a bien entendu encore et toujours Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, qui ont remporté leur deuxième finale sur le programme libre. C’était une répétition générale avant les Mondiaux de Montréal (18-21 mars 2020), et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Bleus ont montré de quel bois ils se chauffaient.

 

Mathéo RONDEAU

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