Natation - [Objectif TOKYO 2020] : Avec Pierre Henry-Arrenous, jeune nageur qui rêve de papillonner au Japon !

Pierre Henry-Natation natation
Pierre Henry-Arrenous a le regard tourné vers Tokyo !

Il n'a que vingt et un ans, mais quand on lui parle, on sent une grande maturité dans la vie mais aussi sur le regard sur son sport. Pierre Henry-Arrenous (Lyon Natation) fait partie de cette jeune génération de nageurs français. Le Poitevin, a repris la saison et était de passage à Cognac il y a quinze jours, pour le meeting X'eau de Grand Cognac petit bassin, où il a effectué un nombre conséquent de courses là-bas : "Je ne cherchais pas la grosse performance, mais de faire le plus de courses possibles afin de prendre du plaisir et montrer que je pouvais être polyvalent". Cependant, il a pu donner certains gages de forme sur 50 et 100m papillon, ses deux disciplines favori. "Il y a eu des choses intéressantes et cohérentes" confirme Pierre Henry-Arrenous. 

Pourtant cette saison 2019 a débuté sous le signe des embûches. Basé à l'INSEP, a du y partir assez précipitamment. Un départ mal vécu et une arrivée à Lyon dans l'inconnu. Mais rapidement, l'alchimie s'est faîte : "J'ai été bien accueilli par le club et les autres nageurs. Je m'y suis vite senti à l'aise et tout a été mis en oeuvre pour moi". Rapidement le plaisir revient, chose qu'il avait un peu perdu du côté de Paris. Inconcevable pour ce mordu de natation qui a commencé ce sport un peu par hasard : "J'ai appris à nager un été quand j'étais en vacances chez mes grands-parents à Cognac (en 2004). Mes parents voulaient que j'apprenne à bien nager. J'ai toujours été à l'aise dans l'eau. J'ai eu des cours particuliers dans la piscine de Cognac" confie Pierre Henry-Arrenous. Tout de suite, le maître nageur décèle chez le jeune enfant un talent. Après avoir touché à bon nombre de sports, c'est décidé, ce sera la natation et rien d'autre. Inscription au club de l'ASPTT Poitiers. Les encadrants confirment l'impression, Pierre Henry-Arrenous est doué. Dès lors, un projet est monté autour de lui et rapidement il en veut encore davantage : "On m'a toujours poussé à faire plus et à viser plus haut. Après je gagnais et j'aimais gagné, j'ai rapidement accroché. En CM2, c'était plus important pour moi d'aller à la natation qu'aller à l'école. Autant dire que je faisais très vite mes devoirs" confirme le nageur.

Dans l'eau un "élement pas naturel pour l'homme où il faut évoluer le plus vite possible" selon Pierre Henry-Arrenous

Dès l'age de 11 ans, plus d'un entraînement par jour, le soufflet ne retombera plus. Il faut dire que les résultats suivent. La progression est constante. Jusqu'à cette participation aux championnats d'Europe de Glasgow en 2018, sur 100m papillon. Une qualification surprise : "J'avais commencé cette saison un peu avec les mêmes soucis que cette année. En janvier on a mis les compteurs à zéro et on est reparti sur une grosse charge de travail. Mais les Europe me paraissait inatteignables. Je visais juste une sélection en équipe de France A et réaliser 53''60'" confirme le jeune nageur. D'autant que la Fédération demande de faire les minima le matin lors des France Elite. Pierre Henry-Arrenous réalise 52''63 et composte son billet pour l'Ecosse. Une étape pour le nageur de 21 ans qui vise désormais l'échéance olympique : "Je mets la barre haute, mais tous les moyens sont mis en place pour que la réussite soit la même qu'en 2018" confirme le Poitevin qui, comme n'importe quel sportif de haut niveau, voit les J.O comme un rêve ultime. Mais sans brader les autres rendez-vous comme les France Elite (en avril) et les Europe. Deux courses comme deux chances de qualification : "Je peux être repêché si je fais les minima aux Europe" confirme Pierre Henry-Arrenous. Car la Fédération exige de ses nageurs de faire les minima lors des Elites. "Il faudra être fort en avril" prévient le sociétaire de Lyon Natation. Si, pour les têtes d'affiches françaises, il est "facile" de se qualifier, pour ceux dont la qualification est déjà un aboutissement, il faudra charbonner. Au risque de se cramer pour la suite : "En 2018, j'étais en forme aux France, mais le délai entre ces championnats et les Europe était court et je n'ai pas pu conserver ce pic à Glasgow. De plus j'ai connu quelque soucis de dos". La fédération impose des minima assez difficiles, basé sur le niveau moyen du 12e des séries sur les trois derniers J.O, soit 51''89 sur le 100m papillon, le même chrono que pour se qualifier au mondiaux de cette année. Seul Mehdi Metella avait réussi. Pierre Henry-Arrenous préfère positiver : "Le délai et cette fois-ci bien plus long. Si j'arrive à faire les minima en avril, je ne peux qu'être plus fort au J.O. Notre fédé ne veut pas envoyer de touristes à Tokyo, mais des nageurs capables de rentrer au moins en demi-finale". 

Mais avant de penser à Tokyo, avant de penser aux Élites en grand bassin, il y a la saison de petit bassin qui bat son plein : "Il faut montrer dès à présent qu'on existe" confie Pierre Henry-Arrenous qui sait qu'il lui reste encore du travail : "J'ai tout remis à zéro cette année. On fait des réglages pour éviter les mouvements parasites". L'objectif sera de finir dans les cinq premiers sur 50, 100 et 200m papillon, le petit bassin n'étant pas la spécialité du Poitevin. Ensuite place au grand bassin, avec des meeting comme le Golden Tour Camille Muffat, sur trois étapes, avec les meilleurs français et certains étrangers. 

Pierre Henry-Arrenous, malgré son jeune âge possède une grande connaissance de son sport. Un sport à la réputation de voir éclore de jeunes champions très tôt. Une affirmation qu'il réfute : "On a tous en tête des Charlotte Bonnet ou des Yannick Agnel qui sont arrivés tôt au plus niveau. Mais on retient également les champions qui ont duré et ceux-là sont souvent arrivé à maturité vers les 25 ans". Pour son cas il veut aussi préciser : "Je m'entraîne deux fois par jour depuis l'âge de 11 ans. Il faut du travail de l'envie et du talent pour arriver au sommet. Je suis peut-être jeune, mais j'ai une certaine maturité qui vient de mes expériences. Je me suis entraîné dans des lieux différents et avec des coachs de renommée nationale. Il ne me manque plus que les J.O. Si je me qualifie, on peut dire que j'aurais fait une bonne carrière". Et pour ce, le programme d'entraînement est draconien. Voici une semaine type d'entraînement pour le nageur.

Lundi matin Mardi matin Mercredi matin Jeudi matin Vendredi matin Samedi matin Dimanche matin
Natation (type aérobie) Natation (Spécifique) + musculation Natation (technique) Repos Musculation  Natation (spécifique) + musculation Repos
Lundi après-midi Mardi après-mii Mercredi après midi Jeudi après-midi Vendredi après-midi Samedi après-midi Dimanche après-midi
Musculation Musculation Musculation Natation (aérobie) Natation (technique)    

Il porte également un regard sur sa discpline quelque peu dans le creux de la vague. "On a eu le boom en 2012 jusqu'en 2015. On était invaincu sur le 4x100 pendant 3 ans. Mais voilà, après Rio, 80% des engagés ont arrêté et c'est le sport. Le déclin a été assez violent. Nous la jeune génération, on veut s'inspirer de l'explosion de la génération précédente". Avec un certain espoir : "C'est un effet pyramide, on se reconstruit petit à petit. Des jeunes commencent à prouver comme le Toulousain Léon Marchand, 17 ans et qui a déjà participé aux championnats d'Europe. On n'oublie pas non plus les Jérémy Stravius et les Charlotte Bonnet qui sont encore là". Pierre Henry-Arrenous, ne veut pas qu'on mette une pression démesurée à cette équipe de France et pense que cette génération peut être plus polyvalente que la précédente, forte sur le crawl. Avec en point d'orgue l'olympiade suivante à Paris ! Mais d'abord, le nageur à Tokyo dans le viseur. "Et si j'y arrive, je ne me fixe pas de limites. Si j'échoues en séries, je me poserai de bonnes questions et si je vais en finale ce serait un truc exceptionnel. Il faut savoir savourer l'instant présent" confie Pierre Henry-Arrenous. 

Regard également sur sa discipline et sa dureté : "L'eau n'est pas l’élément premier de l'homme. On ne peut pas se déplacer avec les pieds et on ne peut pas respirer comme on le souhaite. Ce ne sont pas des conditions appropriées pour nous. A cela s'ajoute le fait que c'est un élément instable. Malgré tout, il faut être le plus rapide possible et on est mesuré par le temps". Dans ces conditions, chaque détails, chaque optimisation est importante. Le temps d'entraînement est important également : "On s'entraîne des heures pour un 50m en 21s. C'est un sport très difficile". Un sport que de grands champions ont parfois su révolutionner, comme Michaël Phelps, qui est comme un modèle pour Pierre Henry-Arrenous, tout comme Calaeb Dressel ou encore Kathy Ledecky : "Avec eux, l'aspect technique est devenu beaucoup plus important, chaque détail compte. Ledecky c'est propre techniquement en plus de son potentiel physique. Une Camille Muffat a été la transition entre la vielle école et maintenant". 

Pierre Henry-Arrenous ne serait pas là sans ses soutiens, en premier lieu sa famille : "Les compétitions c'était de longs déplacements pour eux, sans compter le sacrifices financiers pour les internats et les différentes structures. Ils ne m'ont jamais freiné et toujours encouragé" confie le jeune nageur, qui n'oublie pas chaque personne qui a pu poser sa pierre à l'édifice. Un édifice qui, on l'espère pour lui, va l'amener vers les sommets et les affres olympiques au Japon. 

Etienne GOURSAUD

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article