[Retro 2019] : 2019, année des fins de série

Afin de poursuivre cette série de rétrospectives sur l'année 2019 riche en sport, nous proposons de vous replonger dans quelques événements qui ont fait s'arrêter une série de succès ou de disette, de la folle épopée des Reds de Liverpool en Ligue des Champions au titre de champions du monde de rugby de l'Afrique du Sud.

Football, Ligue des Champions : Liverpool au bout d'une phase finale irréelle

Incroyable. Juste incroyable, cette phase finale de Champions League 2018-2019. Et on ne parle même pas du PSG, éliminé dès les 8es par un Manchester United faiblard. Au même stade de la compétition, ce sont bien les triples champions en titre, les Merengue du Réal Madrid, qui sont tombé. Alors qu'ils avaient battu l'Ajax à l'extérieur à l'aller (2-1), les Madrilènes ont été surclassés au retour, à Bernabeu, par une jeune équipe pleine de talent (1-4). La série de domination européenne du Réal s'arrêtait donc devant 90 000 personnes médusées par cette claque. Les prétendants se bousculaient donc pour succéder au palmarès aux Espagnols. La Juventus, peut-être ? Trop tard, éliminée par l'Ajax en quarts. Serait-ce l'année de Manchester City ? Non plus, Tottenham est passé par là et s'est qualifié au terme d'un match retour complètement dingue. Restent donc quatre équipes en lice : Liverpool, Barcelone, Tottenham et l'Ajax. 

Et là encore, il aura fallu attendre les toutes dernières secondes pour valider les tickets pour la finale. Battus 3-0 à aller, les Reds de Liverpool ont réalisé l'impensable en infligeant un énorme 4-0 aux Barcelonais. De leur côté, les Spurs de Lucas ont obtenu leur qualification à la 96e minute de la deuxième confrontation avec l'Ajax. En finale, le Liverpool de Jurgen Klopp a disposé d'un Tottenham un ton en dessous (2-0), dans une rencontre fermée. Mais qu'importe, une finale ça se gagne, et les Reds l'ont fait. Klopp a enfin soulevé un trophée européen et le Réal n'a pas gagné de cinquième C1 en six ans. 

Cyclisme, Giro : Richard Carapaz et la fin du règne britannique

L'Albion est tombée ! Après cinq Grands Tours consécutifs remportés et ramenés outre-manche, c'est un sud-américain qui a terminé le Giro tout de rose vêtu. Richard Carapaz, loin d'être le principal favori au départ de Bologne, a succédé à Chris Froome qui, après avoir remporté le Tour et la Vuelta en 2017, avait laissé place à Geraint Thomas sur le Tour 2018 et Simon Yates sur le Tour d'Espagne quelques semaines après. 

À 26 ans, Carapaz est allé chercher sa victoire en costaud. Alors que la lutte pour le général semblait se dessiner entre Primoz Roglic et Vincenzo Nibali, il a justement profité du marquage entre les deux pour s'envoler lors de la 14e étape vers Courmayeur, prendre le rose et ne plus jamais le lâcher. Bien aidé par le collectif Movistar et Mikel Landa principalement, l'équatorien n'a quasiment rien perdu ensuite et est devenu le premier cycliste de son pays à avoir remporté un Grand Tour. 

Automobile, WRC : Ott Tanak détrône les tricolores

Coup de théâtre sur la planète rallye. C'en est terminé de l'ultra domination française en WRC ! Après quinze saisons et autant de titres mondiaux qui n'avaient plus échappé à un tricolore, l'Estonien Ott Tanak a décroché la lune en 2019 avec sa Hyundai. Neuf ans de Sébastien Loeb, six années de Sébastien Ogier, et la folle série s'arrête. Il faut dire que le jeune Estonien poussait de plus en plus fort derrière Ogier depuis quelques saisons. Celle-ci fut la bonne pour Tanak. Et il lui fallu du courage pour tenir tête au nouveau pilote de Citroën qui tenait à se rapprocher un peu plus du record de Loeb. Après la rallye du Chili, 6e épreuve, Ogier menait le championnat, devant Neville et le futur vainqueur. Mais, avec quatre victoires lors des six rallyes suivants, Tanak a su prendre les devants et s'est assuré son titre avec une deuxième place en Catalogne. L'épreuve australienne étant annulée, l'Estonien fut sacré plus tôt que prévu. Il termine avec 36 unités d'avance sur Neuville, et 46 sur Ogier. Peut être un nouveau règne qui débute ? 

Rugby, Coupe du monde : Les Boks bloquent les Blacks 

L'Afrique du Sud a remporté la neuvième Coupe du monde de rugby de l'histoire, disputée au Japon, et par la même décroché son troisième titre mondial. Les Springboks ont donc en quelque sorte mis un terme à la série de la Nouvelle Zélande, qui était début septembre double tenante du titre (première dans l'histoire). En quelque sorte, puisque les Boks ont tout de même bien été aidés par l'Angleterre, qui elle a fait tomber les Blacks en demi-finale. Plus tôt dans la compétition, en poule, ces mêmes Blacks avaient battu l'Afrique du Sud pour s'adjuger la première place. 

Mais ils ont véritablement été surclassés par la Rose en demie (19-7). Absents dans la majorité des compartiments de jeu, ils ont manqué d'envie, de justesse et de puissance face à des Anglais qui n'ont quasiment jamais fait d'erreur. Il n'y aura pas de quatrième étoile pour les Néo Zélandais mais bien une troisième pour les sud-africains, qui ont à leur tour surclassé l'Angleterre lors de la grande finale (32-12). Cette fois, ce sont les hommes d'Eddie Jones qui ont été empruntés, contrairement à ses Boks déchaînés. Siya Kolisi, premier capitaine noir de l'histoire de l'Afrique du Sud, pouvait savourer. 

Mais aussi : Johannes Boe, Pierre Gasly, Enzo Lefort, Vanessa James/Morgan Ciprès

Après sept années de règne quasiment incontesté, le roi Martin Fourcade a été déchu avec autorité par Johannes Boe. Ça ressemblait en effet plus à un coup d'état qu'à une passation de pouvoir classique. Un Fourcade toujours costaud derrière la carabine mais terriblement absent sur les skis. En face du Catalan, le Norvégien maîtrisait quasiment tout à la perfection. Impérial sur les planches, encore un poil hésitant face aux cibles (debout principalement), il a néanmoins écrasé la saison de Coupe du monde 2018-2019. Avec un record à la clé, celui du nombre de victoires d'étape : 16, contre 14 pour Fourcade en 2016-2017. Quatre titres mondiaux dans l'escarcelle en plus, Johannes Boe est entré avec autorité dans les tablettes. A 26 ans, il n'est probablement qu'à l'aube de sa carrière, et il continue de surclasser la concurrence. En 2012, Martin Fourcade avait, pour décrocher son premier général de la Coupe du monde, succédé à Tarjei Boe. Aujourd'hui, c'est son frère Johannes qui règne en maître sur la planète biathlon. 

Jamais un Français depuis Romain Grosjean en Belgique, août 2015, n'était parvenu à grimper sur un podium en Formule 1. Alors qu'Esteban Ocon s'en était approché avec sa Force India il y a peu, c'est Pierre Gasly qui a réussi, plus de quatre ans après Grosjean, à monter sur la boîte. C'était au GP du Brésil, où il a pris la deuxième place avec sa modeste Toro Rosso. Place acquise d'abord avec un certain opportunisme, puisqu'il a profité des abandons entre autres de Leclerc et Vettel, puis avec un fort caractère, puisqu'il a fallu qu'il tienne tête à la Mercedes de Lewis Hamilton dans le dernier tour. Pour quelques mètres, il devance l'anglais. Ce podium, le premier dans la très jeune carrière de Pierre Gasly, a une saveur toute particulière, puisqu'il avait été rétrogradé en cours de saison par Red Bull. Espérons qu'il appelle bien d'autres gros résultats! 

Enfin, deux fins de très longues séries pour des tricolores. Enzo Lefort a offert à la France l'or mondial au fleuret, et ce vingt-neuf ans après le dernier titre (Philippe Omnès, 1990). Il décroche là son premier titre individuel international, au terme d'une journée parfaite, puisqu'il a remporté la finale 15-6 contre Mepstead. De très bon augure avant les Jeux Olympiques de Tokyo, dans quelques mois. De leur côté, Vanessa James et Morgan Ciprès ont mis fin à 97 ans de disette lors des Championnats d'Europe de patinage artistique disputés à Minsk fin janvier 2019. Aucun couple français n'avait décroché l'or européen depuis Andrée et Pierre Brunet en 1932 ! 

                                             Mathéo RONDEAU 

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