Prends garde Tokyo, voilà les Bleus !

TQO Volley
L'explosion de joie de l'équipe de France, vainqueur du TQO contre l'Allemagne et qui remporte la dernière chance de ticket pour Tokyo 2020. Crédit : [Maxppp].

Aussergewöhnlich (exceptionnel si vous préférez) !! Les Bleus l’ont fait, et qui l’eût cru ? L’enfer leur était promis, dans l’un des Tournois de Qualification Olympique les plus relevés de l’histoire, avec exclusivement un ticket pour Tokyo promis au vainqueur. Les tricolores ont du faire avec une formule plus qu’ardue composée de cinq rencontres à disputer en six jours. Ce n’était pas tout, puisqu’il fallait également se défaire de grandes équipes européennes, à commencer par la Serbie et la Slovénie, première et deuxième nation du récent Euro. Et comme ce n’était pas encore assez difficile, Laurent Tillie a retrouvé son groupe totalement décimé, par des blessures (Rossard, Clévenot), des raisons personnelles (Boyer) ou des joueurs à court de forme (Tillie, Le Roux, …). Des raisons qui l’obligèrent à intégrer de jeunes pousses aux 18 sélectionnés mais aussi au sein des équipes de départ.

Mais, c’est bien connu, les jeunes pousses poussent. Jean Patry et Yacine Louati l’ont amplement montré. Le premier, du haut de ses 2,07m, a explosé et a été décisif grâce à ses dizaines d’attaques et ses nombreux services gagnants. Le second a prouvé qu’il pouvait être un formidable remplaçant et à même joué un rôle de premier plan lors des phases finales. Autre jeune qui a validé tout ce que l’on pensait de lui en bien, c’est Barthélémy Chinenyeze, qui est monté en puissance durant la semaine. Les Bleus ont aussi pu compter sur un Antoine Brizard décisif contre la Slovénie puis face à l’Allemagne.

 

L’Allemagne d’ailleurs, revenons-y. Parce que, pour rappel, rien n’était encore fait une fois la Slovénie battue en demie après une remontada totalement folle. Il fallait s’attaquer aux locaux, emmenés par leur redoutable pointu György Grozer. Le premier point résume presque la partie. Comme un symbole, c’est Earvin Ngapeth qui est au service. La réception des Allemands est limite mais ils peuvent construire. Grozer se présente à l’attaque mais doit faire face au mur français et à l’énorme boîte de Nicolas Le Goff. Premier des six contres pour le colosse, épatante prestation défensive. La France ne mène que 1-0, mais la différence semble inconsciemment faite. Les Allemands sont empruntés et les Bleus réussissent à peu près tout ce qu’ils entreprennent. Ces derniers font la différence dans la deuxième moitié de chacun des deux premiers sets et assomment leurs adversaires et le public berlinois (2-0, 25-20, 25-20).

 

Les Allemands tentent leur va-tout à l’entame de la troisième manche, mais les tricolores sont inatteignables. Le score reste serré jusque dans les derniers instants. Jusqu’à ce que le premier serveur du match, Earvin Ngapeth, se transforme en dernier serveur, en composteur de billet pour Tokyo. Dernière mine du TQO, on réceptionne mal ce boulet de canon de l’autre côté du filet, c’est l’explosion de joie. Les joueurs sont à genoux, les remplaçants et le staff se jettent sur « magic » Ngapeth. Mais il manque quelqu’un à l’appel de la joie collective. Laurent Tillie se cache derrière son tableau, sur le banc, en pleurs. Oui, même lui à la pensée si positive habituellement se rend compte de ce que viennent de réaliser les siens est véritablement extraordinaire, revenus de nulle part un peu plus de 24 heures auparavant.

Revenus aussi après un Euro terminé prématurément, en octobre dernier, la faute à un manque d’envie à l’entrée du dernier carré contre la Serbie (2-3). Les Bleus ont pris leur revanche et assommé d’entrée de TQO les champions d’Europe serbes (3-0).

 

Oui, c’était ça aussi la subtilité de cette accession aux futurs Jeux Olympiques. Pas de champions d’Europe 2019 (Serbie), de champions d’Europe 2017 (Allemagne), de vice-champions d’Europe (Slovénie). La seule certitude est bien que l’on retrouvera sur ce tournoi olympique le futur champion olympique. Et c’est le principal. Le niveau sera au rendez-vous à Tokyo, où l’on retrouvera le Brésil, tenant du titre, la Pologne, championne du monde, mais aussi l’Italie ou les Etats-Unis. On regrettera tout de même le fait que l’on retrouve autant d’équipes du continent Américain sur ce tournoi des J.O. que sur un Championnat du monde, où le nombre total de nations est pourtant deux fois plus élevé. Qu’importe, il faudra être la meilleure équipe en poules, en quarts, en demie et en finale.

TQO Volley
Les Bleus tout sourire quelques minutes après leur victoire. On espère les revoir aussi heureux lors des Jeux Olympiques dans quelques mois. Crédit : [AFP].

Comme il avait annoncé à ses joueurs qu’ils allaient jouer neuf finales en neuf matches lors de l’Euro, Laurent Tillie prendra assurément conscience de l’enjeu de remporter un maximum de matches lors des rencontres de groupe. Il y aura donc huit finales à gagner pour les siens. Il y a quatre ans, certes dans une poule très corsée, les Français n’étaient pas parvenus à atteindre la phase finale, terminant cinquième sur six avec deux succès pour trois revers (Italie, Etats-Unis, Brésil), à la neuvième place finale (sur 12).

Les Bleus ne viendront pas à Tokyo en tant que principaux favoris, mais leur effectif fera à coup sûr partie des plus surveillés. Un effectif qui reste à déterminer, surtout concernant le six de départ, puisque les courtisans y seront nombreux. Quid du pointu ? Jean Patry a-t-il assez prouvé pour dépasser dans la hiérarchie Stephen Boyer ? Il faudra d’abord que ce dernier se rabiboche avec certains cadres pour réintégrer le groupe France. Aussi, Benjamin Toniutti, le capitaine aux plus de 300 sélections, pourrait-il céder sa place à Antoine Brizard ? Il reste bien d’autres questions, mais le moment est à la joie et au bonheur.

Quatre ans après Rio, les Bleus iront visiter une nouvelle capitale olympique, Tokyo, dans quelques mois. On espère qu’ils seront au rendez-vous. Mais après ce qu’ils viennent de faire vivre au public, qu’ils en soient sûrs, les supporters les suivront de près.   

 

Mathéo RONDEAU

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