Rugby - VI Nations : Le Japon encore dans les têtes, 2023 déjà en ligne de mire

Tournoi des VI Nations 2020
Un an après un nouveau Grand Chelem, le Pays de Galles remet son titre en jeu. Les prétendants à la victoire finale sont nombreux et la lutte s'annonce indécise. Crédit : [AFP].

« Ce n’est qu’un au revoir » chantent les députés européens du Royaume-Uni. Brexit oblige, les antis comme les partisans du départ outre-manche vont officiellement quitter l’Union Européenne dans un peu plus de vingt-quatre heures. Cette première dans l’histoire de l’UE aura des conséquences sur de nombreux plans : politique, économie, emploi… Mais pas de panique, Angleterre, Galles et Ecosse continueront de disputer le Tournoi des VI Nations ! Et pour cause, comment se passer des trois nations historiques du Tournoi, apparues en 1882, soit dix ans avant l’Irlande et vingt avant la France ? Hors de question de séparer six équipes qui sont meilleures ennemies chacune entre elles. 

Trois mois après la finale de la Coupe du monde qui a vu l’Afrique du Sud couronnée pour la troisième fois de l’histoire, l’une des plus vieilles compétitions sportives du monde redémarre et inaugure les quatre saisons internationales qui nous séparent actuellement du prochain Mondial, en 2023. Si le Japon est encore bien frais dans les têtes, il s’éloigne un peu quand on regarde de plus près aux protagonistes du premier tournoi de la décennie.

 

Quatre nouveaux sélectionneurs, des effectifs rajeunis

 

Ils ne sont que deux sélectionneurs à avoir survécu au Mondial 2019. La plupart des coachs en poste la saison dernière étaient en fin de contrat, et on leur avait pour certains déjà trouvé un successeur. Eddie Jones va rester avec le XV de la rose jusqu’à la fin de l’année. La donne est plus trouble pour l’ancien clermontois Gregor Townsend, qui semble lié aux prochains résultats du XV du chardon. Ce Tournoi est donc l’occasion de faire connaissance avec quatre nouveaux personnages. Le néo-zélandais Wayne Pivac a la lourde tâche de prendre la suite de son compatriote Warren Gatland, vainqueur de quatre Tournois (deux Grands Chelem) avec le Pays de Galles. Andy Farrell va rencontrer son fils Owen à la tête du XV du trèfle. Lui doit succéder à Joe Schmidt, sans doute le coach à l’origine de la plus belle équipe d’Irlande de l’histoire, mais va devoir relever une formation qui a déçu en 2019. C’est le sud-africain Franco Smith qui aura à sa charge la Squadra Azzurra, qui n’a plus gagné un match dans la compétition depuis 2015. Enfin, Fabien Galthié deviendra dimanche le cinquième sélectionneur français à démarrer un Tournoi depuis 2010, signe de l’instabilité d’une équipe tricolore qui ne gagne plus, ou très peu.

 

Qui dit nouvelle décennie, dit nouveaux objectifs et nouveaux effectifs. Si l’ossature japonaise est conservée pour les six nations, on observe un rajeunissement considérable à de nombreux postes. Exit certains trentenaires tels que Rory Best, Dan Cole, John Barclay, Yoann Huget ou encore Rob Kearney. Les légendaires Sergio Parisse et Alun Wyn Jones partent pour un baroud d’honneur. On fait appel à la nouvelle génération, en s’appuyant sur la formation des clubs qui se portent bien actuellement. Pas étonnant donc de voir des jeunes pousses du Leinster (Kelleher, Dorris), des Saracens (Earl), de Northampton ou de Gloucester (la pépite Rees-Zammit). Globalement, les quinze type ne seront pas chamboulés, mais on fait globalement le pari de la vitesse, de la fraîcheur et de l’insouciance pour débuter les rencontres. Idem côté français, où l’on retrouvera une première ligne très inexpérimentée (Baille-Marchand-Haouas) et grossièrement un pack en manque de repères, composé de joueurs qui n’ont que très peu joué ensemble, si ce n’est Ollivon et Aldritt pendant la Coupe du monde.

Tournoi des VI Nations 2020
Crédit : [Guinness6Nations]

Qui comme favori ?

 

Difficile bien évidemment de voir l’équipe tricolore comme favorite d’un Tournoi qu’elle n’a plus gagné depuis 2010 et qui a donc depuis distribué équitablement ses titres entre Anglais, Irlandais et Gallois (trois chacun). Si l’on s’en réfère aux récentes performances lors du précédent Mondial, la Rose semble partir avec l’effectif le mieux taillé, celui qui a battu les All Blacks en demi-finale. Mais ni le Trèfle ni le Poireau paraissent à des années lumières et sont même carrément en mesure de jouer la gagne. C’est ce qu’avait d’ailleurs fait le Pays de Galles l’an passé. Une des clés de compréhension des favoris de ce Tournoi est le calendrier. Il est la copie conforme de celui de 2014, qui avait vu l’Irlande s’imposer devant l’Angleterre et Galles. La France avait terminé avec trois victoires pour deux défaites. Cette année, ce sont les Anglais qui tombent sur un programme plutôt favorable avec la réception des deux épouvantails cités plus tôt. Mais le déplacement en France pourrait très rapidement compromettre les plans d’Eddie Jones. Les Irlandais devront se déplacer à Twickenham et au Stade de France, ce qui s’annonce compliqué, pendant que les Gallois iront à Dublin puis Londres.

 

Pour gagner ce Tournoi, il faudra sans aucun doute gagner un match important à l’extérieur. Hormis pour l’Angleterre, il paraît difficilement envisageable de voir un Grand Chelem se réaliser cette année. La mission bleue sera celle de séduire et de conquérir un public mis en salle d’attente depuis la finale en Nouvelle-Zélande en 2011, qui a cru par moments que c’était à son tour de se lever, en vain. Un public qui ne veut plus se contenter de succès étriqués contre l’Ecosse et l’Italie, qui veut rêver grand, mais qui se dit prêt à patienter le temps qu’il faudra (pas trop quand même) afin que l’équipe fleurisse pour éclore en 2023.

Première bataille pour cette formation, le Crunch. Rencontre que les Bleus n’ont remporté que trois fois lors des treize derniers affrontements. Des Bleus qui restent sur ce terrible revers de Twickenham 44-8 et qui n’avaient pas pu prendre leur revanche au Japon à cause (ou grâce ?) du typhon Hagibis. Il y a plus simple comme première bataille, mais sait-on jamais. Comme le dit si bien Jean-Pierre Rives, « les Anglais ne perdent jamais, mais parfois on les bat ». Ce serait un très bon début.

Mathéo RONDEAU

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