Preview : Les Mondiaux de biathlon en question avec Biathlon Live

Mondiaux biathlon 2020
A Antholz-Anterselva, Martin Fourcade et Johannes Boe arrivent en tant que favoris pour des Mondiaux qui s'annoncent volcaniques. Crédit : [Maxppp].

Et dire que nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises, de nos émotions. Deux mois, six étapes après le coup d’envoi de la Coupe du monde de biathlon à Ostersund, place au rendez-vous que tout le monde attend, pour lequel tout le monde s’est préparé cet hiver, les Mondiaux. On a vu la Suède et son quadruplé tricolore, la France, son public de rêve et un festival norvégien, l’Allemagne et la renaissance de Martin Fourcade, et désormais les athlètes se retrouvent à Antholz-Anterselva, en Italie. Une station bien connue du circuit, puisque la caravane du biathlon y passe faire un tour une fois l’an. Cette fois, l’enjeu est un peu plus important qu’à l’accoutumée. En ce mois de février 2020, les coureurs ne célébreront pas un podium en Coupe du monde devant la grande tribune transalpine, mais fêteront bien une médaille mondiale sur une immense scène tels des rock stars.

Certains connaissent ces émotions et ces traditions par cœur et souhaitent bien y participer à nouveau. Martin Fourcade, Johannes Boe, Tiril Eckhoff, Dorothea Wierer sont les favoris pour les nombreux titres décernés sur le site d’Antholz. Mais ils sont loin d’avoir courses gagnées, les prétendants sont nombreux ! Pour évoquer dans la longueur ces Mondiaux, nous avons fait appel à Biathlon Live (lien ici), média spécialisé comme son nom l'indique (que l’on remercie au passage), pour répondre à huit questions qui permettront de mieux comprendre la compétition à venir. Allons-y !

 

A quoi ressembleraient des Mondiaux réussis pour Martin Fourcade ?

 

11 titres, 25 médailles mondiales. C’est le palmarès plutôt imposant de Martin Fourcade, qui arrive à Antholz avec l’envie bien entendu de briller, et d’une certaine manière de faire oublier ce zéro pointé (en terme de podium) à Ostersund lors des précédents Mondiaux. Un trou d’air qu’il n’avait jamais vécu depuis son premier titre à Khanty Mansïisk, en 2011. Mais le Catalan est pleinement remis sur pied, à repris une belle confiance lors des deux semaines allemandes et entamera ces championnats avec sa tunique préférée, le dossard jaune. Il y aura bien sûr match avec Johannes Boe pour l’ensemble des titres individuels, mais Martin Fourcade peut tout à fait ambitionner la victoire sur plusieurs courses. L’individuelle reste son atout majeur. S’il réussit un bon sprint, il sera aussi à suivre sur la poursuite, où il excelle. Alors, Martin Fourcade va-t-il chanter la vie, danser la vie ?

L'avis de Biathlon Live : "Antholz n'est pas le lieu où Martin Fourcade a réussi ses meilleures performances mais avec une préparation estivale en altitude couplée à une confiance retrouvée et bien sûr une expérience importante de ce type d’évènement, un titre individuel et un en relais pourrait correspondre à des mondiaux réussis pour le catalan."   

 

Peut-on croire à un titre mondial individuel pour Quentin Fillon Maillet ?

Mondiaux de biathlon 2020
Voilà une image qui ferait terriblement plaisir. Quentin Fillon Maillet arrive en très grande forme pour ces Mondiaux, et fait partie des favoris légitimes à une médaille. Pourquoi pas l'or ? Crédit : [Eurosport].

Quand on a obtenu à deux reprises le bronze mondial sur des courses individuelles, on a probablement qu’une seule envie. C’est de passer directement sur la plus haute marche du podium, quitte à ne jamais ramener l’argent à la maison. Quentin Fillon Maillet, vainqueur de sa troisième épreuve de Coupe du monde il y a moins de trois semaines à Pokljuka, sur un site très ressemblant à celui italien d’Antholz, semble être le principal arbitre du duel entre Fourcade et Johannes Boe. D’une part, le Jurassien est très impressionnant à skis depuis début décembre. D’autre part, il a retrouvé un très haut niveau derrière la carabine, ce qui peut le rendre irrésistible sur une course comme la mass-start, pour laquelle il est tenant du titre de l’autre côté des Alpes.

L'avis de Biathlon Live : "Bien sûr, Quentin Fillon Maillet a réussi de belles performances ces dernières années mais aujourd’hui il remporte des courses grâce à sa maîtrise et pas seulement à cause des erreurs de ses adversaires. Il sera l’un des favoris de la mass-start et éventuellement de la poursuite s’il a réussi un bon sprint." 

 

Pourrait-on assister à une razzia de Johannes Boe ?

 

L’an dernier, un Johannes Boe ultra-favori avait quelque peu manqué ses Mondiaux à Ostersund, n’empochant « que » l’or sur le sprint et l’argent sur la poursuite. Au vu de ses talents, de ses capacités physiques, le Norvégien pouvait ambitionner mieux. Cette année, le tout frais papa arrive avec moins de courses dans les jambes, ce qui n’est peut-être pas plus mal. En 2019, on attendait la suprématie de Johannes Boe, on avait été surpris de voir qu’il lui manquait un peu de jus et encore un peu de l’expérience des grands rendez-vous lorsqu’il arrivait devant les cibles. Cette saison, il paraît encore un peu plus irrésistible, manquant de moins en moins de balles et survolant de nombreuses épreuves sur les planches. Il reste à voir s’il aura retrouvé la totalité de ses moyens pour la quinzaine à venir.

L'avis de Biathlon Live :  "La réponse dépendra de lui. S’il est au niveau de ses 18 derniers mois sur les skis et derrière la carabine, personne ne pourra l’arrêter. Mais la beauté de ce sport est aussi que rien n’est écrit d’avance et qu’à la moindre opportunité, ces adversaires en profiteront."

 

Qui va surprendre chez les hommes ?

 

Chaque compétition internationale apporte son lot de surprises. La plus grande de l’histoire récente des Mondiaux est probablement le titre de Lowell Bailey sur l’individuel d’Hochfilzen en 2017, au nez et à la barbe de Martin Fourcade. Récemment, on a également vu Dmitro Pidruchnyi ou Dominik Windisch ramener l’or à la maison. C’est clair et net: la hiérarchie de la Coupe du monde est celle d’une succession de week-ends ; la hiérarchie des Mondiaux s’établit sur un jour. Cette fois, certains coureurs discrets cet hiver pourraient tirer leur épingle du jeu : on peut penser à Julian Eberhard, toujours très rapide sur les skis, Jakov Fak et Simon Eder s’ils sont impeccables au tir, des Tchèques (Krcmar, Moravec) ou Ukrainiens (Pryma, Pidruchnyi), sans oublier les Bulgares, certains Allemands et un Suédois mal en point, Sebastian Samuelsson.

L'avis de Biathlon Live :  "Les podiums sont assez verrouillé cette saison. Une dizaine d’hommes peut espérer quelque chose à chaque départ donc je vois assez mal une surprise monter sur le podium à Antholz. Mais s’il faut se lancer, un Philip Nawrath sur le sprint ou bien un Lukas Hofer ou un Dominik Windisch, portés par leur public, peuvent espérer créer la surprise."  

 

Quelle(s) biathlète(s) arrive(nt) en tant que favorite(s) en Italie ?

 

Un classement général serré, une hiérarchie forcément très homogène. La favorite au coup d’envoi des Mondiaux d’Antholz est très probablement Tiril Eckhoff, devenue presque imbattable depuis l’étape d’Hochfilzen à la mi-décembre. Elle aura fort à faire pour figurer sur les podiums, face entre autres à la locale Dorothea Wierer, qui la précède au classement général. A surveiller bien entendu, les formidables skieuses Denise Herrmann, Justine Braisaz et Marte Olsbu Roeiseland, mais aussi les serials tireuses Hanna Oeberg, Julia Simon ou Ingrid Tandrevold. Il est comme vous pouvez le voir très difficile de dégager des strates de favorites.

L'avis de Biathlon Live : "Chez les dames, Tiril Eckhoff a la pancarte. Elle sera favorite sur toutes les courses et vu son niveau actuel, elle risque de rafler plusieurs titres. Attention quand même à Hanna Oeberg qui est montée en puissance juste avant ces mondiaux et bien sûr Dorothea Wierer qui, a domicile, voudra performer."  

 

Quels objectifs pour la délégation tricolore féminine ?

Mondiaux biathlon 2020
Justine Braisaz et Julia Simon sont les grandes satisfactions de la saison tricolore. Elles peuvent clairement ambitionner de monter sur la boîte durant la quinzaine italienne. Crédit : [EPA].

Bien entendu, il y a moins de titres et de médailles à défendre qu’après Holmenkollen en 2016 (5 médailles individuelles pour Dorin-Habert et Bescond), mais les Bleues ont tout de même un statut à faire valoir au vu de leur première moitié de saison plutôt satisfaisante. Justine Braisaz devra prouver qu’elle est devenue régulière sur l’individuelle, course sur laquelle elle reste sur une médaille de bronze (Mondiaux) et une victoire (Coupe du monde) à Ostersund, mais aussi qu’elle est capable d’enchaîner les sans-faute pour aller chercher les podiums sur des courses plus courtes. Julia Simon va elle continuer d’engranger de l’expérience, avec en bonus une petite médaille qui serait la bienvenue. Sur sa lancée, Anaïs Bescond pourrait bien surprendre, sur un site qu’elle apprécie.

L'avis de Biathlon Live : "Une médaille individuelle et une en relais seraient le minimum syndical mais l’irrégularité des françaises au tir pourraient leur jouer des tours. Si Anaïs Bescond confirme sa bonne forme actuelle (unique victoire individuelle sur le sprint d’Antholz en 2014) et que Justine Braisaz assure un bon tir couplé à sa belle forme sur les skis, le compteur médaille pourrait être plus élevée."

 

Pour qui le parcours est-il taillé ?

 

Situé en altitude, le site d’Antholz Anterselva est le plus haut du circuit de la Coupe du monde. L’immense majorité du peloton des biathlètes y a déjà fait ses classes et connaît les aptitudes nécessaires pour briller. L’oxygène se fait un peu plus rare, mais c’est bien la seule grande difficulté que propose la station. Le parcours est assez simple, du moins peu exigeant. Il n’y a pas de très longue montée et peu de zones de faux plat montant. Le tour s’exerce rapidement, et les coureurs arrivent sur le pas de tir après une longue descente, une mini bosse et un plat où il faut bien pousser sur les bâtons. Autant dire que c’est un parcours où il faudra très probablement bien tirer, d’autant que le pas de tir est souvent calme, comme à Pokljuka.

L'avis de Biathlon Live : "La piste ne comporte pas de difficultés particulières et le pas de tir n’est pas réputé pour être compliqué. La difficulté à Antholz, c’est l’altitude mais les deux semaines et demi de préparation auront permis de niveler la concurrence même si les derniers tirs de chaque course pourraient être perturbés par cette altitude. Les italiens, à domicile, seront peut-être plus avantagés sur leur parcours national."

 

Ces Mondiaux ressemblent-ils à un duel France-Norvège (individuel, relais) ?

 

Martin Fourcade, Quentin Fillon Maillet, Simon Desthieux (et les autres) d’un côté. Johannes et Tarjei Boe, ou Johannes Dale de l’autre. Et Justine Braisaz, Julia Simon, Anaïs Bescond face à Tiril Eckhoff, Marte Olsbu Roeiseland, Ingrid Tandrevold. Ca semble clair, France et Norvège vont se tirer la bourre lors de ces Mondiaux, comme ils le font depuis le début de la saison. Les Scandinaves sont pour le moment les plus brillants, grâce en grande partie à leur suprématie sur les relais. Mais les tricolores n’ont pas dit leur dernier mot, et les relais aperçus à Ruhpolding et Pokljuka ont été très rassurants. Les Français devraient tenir la dragée haute aux meilleurs ennemis Norvégiens.

L'avis de Biathlon Live : "Chez les dames, la concurrence est plus internationale. En revanche, chez les hommes, à part si l’allemand Benedikt Doll performe, le combat des nations devrait bien se résumer à un duel franco-norvégien avec en point d’orgue le relais messieurs de l’avant dernier jour des mondiaux qui s’annonce passionnant."

 

Mathéo RONDEAU et Damien Jaen (Biathlon Live

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