Rugby (VI Nations), tennis (Open d'Australie), ski : [Top 3 du week-end]

Open d'Australie 2020
Novak Djokovic a battu en finale Dominic Thiem, en cinq sets, pour s'adjuger son huitième Open d'Australie, et son dix-septième tournoi du Grand Chelem. Crédit : [AFP].

Tennis, Open d'Australie : Novak Djokovic encore

Le tennis est un sport qui se dispute à un contre un et à la fin de l'Open d'Australie c'est toujours Novak Djokovic. En remportant sa 8e victoire à Melbourne, le Serbe entre dans un club très fermé de tennismens ayant remportés 8 mêmes tournois du Grand Chelem. Seuls Roger Federer (Wimbledon x 8) et Rafaël Nadal (Rolland-Garros x 12) ont réussi pareil exploit. Le Big Three plus que jamais au dessus du lot. Depuis 2003 et la première victoire de Federer, seuls six tennismens ont reussi à remporter un grand chelem. 4 depuis 2005 (Murray, Del Potro, Cilic et Wawrinka). Depuis l'ère Open, ces trois-là ont remporté 27% des tournois du Grand-Chelem. Pour Djokovic il en est à 17 Grands Chelems. A trois unités du record de Federer, plus que jamais menacé. Il retrouve sa place de numéro un mondial, avec seulement 180 points à défendre d'ici à Rolland-Garros (non inclus). Alors un boulevard ? Oui et non, l'an passé il était dans une configuration bien plus favorable, avec plus de points d'avance et aussi peu de points à défendre. Il avait finalement cédé son trône en fin d'année.

Au dessus du lot mais de plus en plus bousculés. Après Medvedev qui a poussé Nadal en cinq sets en finale de l'Open d'Australie (en revenant de deux sets à rien), c'est Thiem qui a poussé le Serbe dans ses retranchements. Menant deux sets à rien, il a poussé Djokovic à se dépasser et à l'emporter au tie-break. Deux finales majeures (entrecoupées par le succès de Tsisipas au Masters) qui symbolisent la montée en puissance petit à petit de la fameuse "Next Gen". Est-ce qu'un de leur représentants sera capable enfin de décrocher ce premier titre et briser le plafond de verre. Thiem a toutes les armes pour briller à Rolland-Garros. Mais le problème c'est que Rafaël Nadal est impérial. Gagner à Rolland passera par battre Nadal. Pour le moment seuls Soderling et Djokovic ont réussi. Et à chaque fois l'Espagnol était diminué. Sur herbe, Roger Federer et Novak Djokovic semblent avoir une longueur d'avance sur les jeunes. L'US Open (une nouvelle fois) semble le tournoi le plus ouvert à la surprise. Mais d'ici aout, l'eau aura coulé sous les ponts.

Chez les femmes on a assisté au sacre de Sofia Kenin. C'est la 8e tenniswomen différente à remporter un Grand Chelem lors des onze dernières éditions. Preuve que personne n'arrive à prendre le leadership en WTA. Alors l'absence de patronne ne veut pas dire que le niveau est faible. Ce fut également le cas chez les hommes entre Pete Sampras et Roger Federer. On est au crépuscule de l'ère Séréna Williams (éliminée au 3e tour). Il est normal d'avoir un temps de latence avant de retrouver une (ou plusieurs filles) qui régneront. Notre jugement est tellement biaisé par la domination du Big Three à l'ATP, qui truste tout que ne pas voir la même chose chez les femmes induit en erreur. Bravo à Sofia Kenin a qui on espère bien d'autres titres. Pour la première fois de sa carrière elle sera dans le top 10 mondial. Ashleigh Barty, éliminée en demi-finale, restera numéro un mondial (en confortant son avance). Simona Halep a également fait un bon tournoi. Il ne faut surtout pas minimiser une demi-finale.

Tournoi des VI Nations 2020
Les arrières français exultent, la France a battu dimanche l'Angleterre (24-17) en entame du Tournoi des VI Nations, de bon augure pour la suite de l'hiver. Crédit : [AFP].

Rugby, VI Nations : Un départ de rêve pour le XV de France

« Ah quel pied, oh putain ! » aurait dit Thierry Roland. Alors oui, on parle de pied après le coup de pompe stratosphérique d’Anthony Bouthier, mais on peut globalement tirer un grand coup de chapeau à l’équipe de France, qui a battu dimanche l’Angleterre (24-17) au Stade de France pour l’ouverture du Tournoi. Ce ne fut en soi pas une révolution, mais ça fait sacrément plaisir de gagner enfin, surtout après avoir mené 17-0 à la pause. Personne n’avait envie de revivre les terribles seconds actes Gallois ou sud-africains, mais on peut l’avouer, on y a tous pensé, assez longtemps. Et puis il y a eu cette 55e minute. Cet éclair de génie d’Antoine Dupont, servi arrêté par François Cros, s’enfuyant petit côté, éliminant quatre joueurs avant d’offrir à son capitaine Charles Ollivon un doublé magnifique. Ça faisait 24-0. Ça sentait bon.

Avant cet instant de grâce, on avait vu du bleu partout. Du bleu en attaque, d’entrée, avec l’essai du tout frais titulaire Vincent Rattez (6e) survenu après une percée de Teddy Thomas puis un retour intérieur très bien senti de Romain Ntamack pour le Rochelais. Avec un coup de pied piégeur, Dupont et les Bleus mettent la pression aux Anglais et en profitent par Rattez puis Ollivon qui va aplatir et faire le break après vingt minutes (12-0). Mais on avait aussi vu du bleu en défense. Et c’est aussi comme ça que l’on aime voir le maillot du coq et la bleusaille. La Rose fut en effet muselée pendant une heure, assaillie par la rush defense instaurée par Shaun Edwards. De la mobilité, un faible déchet au plaquage, un replacement rapide, et des gratteurs solides, les tricolores n’ont pas plié lors des longues séquences Anglaises dans les 22.

La peur est survenue dans le dernier quart d’heure, après un petit relâchement qui a coûté quatorze points offerts sur un plateau à Jonny May, auteur d’un double exploit individuel dans une défense attentiste. Mais c’était sans compter cette lutte pour défendre sa ligne d’en-but face aux avants adverses. A quelques minutes du terme, Antoine Dupont réalise le plaquage décisif sur un Willy Heinz à l’ouest. Le ballon est récupéré. La France va gagner.

 

Mais non, il faut encore rajouter de l’angoisse. Comme il y a deux ans, lorsque Lionel Beauxis n’avait pas su dégager le ballon en touche alors que les Bleus tenaient la victoire lors du Crunch, c’est cette fois Dupont qui a fêté le succès un peu trop tôt. Heureusement sans conséquence. Owen Farrell assurait le coup pour les siens en ajoutant trois points pour ramener le bonus défensif de St-Denis.

Pouvait-on rêver meilleur départ ? Probablement non. Le XV de France de Fabien Galthié, new generation, a prouvé sur le terrain avant de le faire derrière les micros qu’il pouvait nourrir des ambitions pour le futur proche, et on l’espère pour 2023. On retiendra bien entendu les performances majuscules des deux colosses Bernard Le Roux (23 plaquages réussis sur 24) et Grégory Alldritt, sans oublier l’admirable première du montpelliérain Anthony Bouthier.

Alors bien sûr, pas question de s’emballer. Les rencontres vont arriver les unes après les autres. Et on a d’ores et déjà coché le déplacement à Cardiff pour y affronter le Pays de Galles (22 février). Un match qui s’annonce déterminant pour la suite, même s’il faut d’abord se concentrer sur la Squadra Azzura.

Une équipe d’Italie dont se sont chargé les Gallois, dans leur Principality Stadium, avec une large victoire (42-0) et un triplé de Josh Adams. Comme d’habitude, les Transalpins n’ont pas démérité mais ont encore manqué de réalisme et de précision dans les gestes. Un mal qui a aussi pénalisé l’Ecosse, tombée à Dublin contre des Irlandais moyens (13-19). Face à un Jonny Sexton qui a tout marqué, les coéquipiers de Stuart Hogg sont passés tout près d’un succès surprise. Dès le week-end prochain, on devrait y voir plus clair… 

Coupe du monde de ski alpin 2019 2020
De nouveau vainqueur sur la Coupe du monde, sur le géant de Garmisch-Partenkirchen, Alexis Pinturault n'a pas abdiqué pour la course au gros globe de cristal. Crédit : [AFP].

Ski : Un week-end prolifique pour la France

Non, Pintu n'est pas cuit. Quelle curieuse question en même temps. En mal de bons résultats depuis le combiné de Bormio, le meilleur skieur français de l'histoire a renoué ce week-end avec le succès, sur le géant de Garmisch Partenkirschen. Une victoire attendue, qui vient montrer s'il en était besoin que le licencié de Courchevel n'a pas tiré un trait sur le classement général, duquel il commençait à être distancé. La course au gros globe de cristal, détenu depuis huit ans par Marcel Hirscher, continue d'être extrêmement disputée. Grâce à sa bonne semaine (2e à Schladming, vainqueur à Garmisch), Alexis Pinturault vient mettre la pression à Henrik Kristoffersen, seulement septième dimanche. Le français est classé entre deux Norvégiens au général, 55 points derrière Kristo et 2 points devant Aleksander Aamodt Kilde. Le voilà qui remonte en puissance, et doit pouvoir boxer dans la même catégorie que Kristoffersen dans les courses techniques. La saison est encore longue, mais Pinturault a l'avantage d'être un redoutable coureur de Super G, ce qui lui permet de prendre des points que son rival scandinave ne peut obtenir. Tout est donc possible.

Johan Clarey est encore passé tout près. Sur la descente, toujours en terre allemande, le skieur de 39 ans a une nouvelle fois brillé. Il a été dans le coup durant toute la course, mais a terminé à 17 centièmes de la victoire, qu'à empoché le local Thomas Dressen. Clarey passe aussi à un minuscule centième de Kilde, qui fini deuxième. C'est lui qui le dit, il n'a jamais été aussi bien, il est dans la forme de sa vie. Mais courir tous les week-ends en lâchant tout pendant 2 minutes et prendre tous les risques est de plus en plus difficilement supportable. On lui souhaite claquer une victoire d'ici la fin de saison. Sinon, il sera obligé de revenir l'an prochain...

Aussi, Perrine Laffont a encore gagné. Cela n'étonne même plus, ça épate surtout. Il s'agit là de son cinquième succès en autant de compétitions. Enfin, Bastien Midol fut tout près de l'emporter sur l'épreuve de skicross de Megeve. Il termine deuxième de la finale, derrière Kevin Drury. Marielle Berger Sabattel a fini quatrième de la finale féminine, remportée par Marielle Thompson.

Etienne GOURSAUD et Mathéo RONDEAU

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