Rugby - [Top 3 du week-end] : Athlétisme, Tournoi des 6 Nations et ski alpin

Record du monde saut à la perche
Armand Duplantis est entré dans l'histoire samedi à Torun en Pologne, en devenant le nouveau détenteur du record du monde de saut à la perche, avec 6,17m. Crédit : [RMCSport].

Athlétisme, Perche : Et Mondo Duplantis s'est envolé au-dessus des nuages

Renaud Lavillenie n'est plus. Le Français a perdu son record du monde. Alors que le Français est toujours en activité, il s'est fait subtiliser son record par un jeune suédois au prénom très frenchie : Armand Duplantis. On On a débattu ce week-end ce week-end jusqu'où pouvait aller "Mondo". Très honnêtement il semble qu'il n'a pas de limites. Tout d'abord, en battant très jeune le record du monde, il s'est débarrassé très tôt d'un poids. A titre d'exemple, Renaud a mis trois ans entre sa première tentative de record du monde et la réalisation de celui-ci. Maintenant, il est LE détenteur et n'a plus la pression de celui-ci. De plus, ce qui est intéressant chez le Suédois, c'est sa capacité à aller vite perche en main. Chronométré en 10''57 chez les cadets au 100m, il possède une base de vitesse très intéressante. Mais il peut encore progresser sur cet aspect-là. A titre de comparaison, un Renaud Lavillenie n'a jamais franchi le "mur" des 11s au 100m mais déplace sa perche presque aussi vite que le Suédois. Mais les deux meilleurs performeurs de tous les temps ont su mieux adapter cet aspect technique que leur illustre aîné Sergueï Bubka, pourtant chronométré en 10''3 au 100m, mais qui sautait davantage en force, comme cela était la norme avant que Lavillenie ne viennent mettre un grand coup de balai dans la fourmilière. Attention, cette vitesse perche en main ne doit pas être mis au détriment d'autres aspects techniques, comme la transformation de la vitesse horizontale en vitesse verticale. Sur ce point-là, pas de soucis à avoir pour Duplantis qui maîtrise très bien cette partie-là, qu'on peut qualifier de son point fort. Il n'y a qu'à voir la marge sur ses sauts, celui à 5m90 ou son point haut est à 6m40. Même son saut à 6,17 est assez impressionnant sur cet aspect. C'était aussi là où Renaud Lavillenie perfomait. Mais il reste un petit problème, celui de la profondeur. Encore une fois, Armand Duplantis touche en retombant. Cette fois-ci et contrairement au week-end d'avant, c'est sans conséquences. Mais pour aller plus loin, plus haut, il faudra régler ce problème. Car son point haut ne suffira pas à pallier ce manque de profondeur. Pour cela, il doit encore améliorer son déplacement de sa perche. Mais ce n'est pas surprenant, c'est un petit gabarit et ce manque de force (relatif) explique cette "difficulté" à déplacer sa perche. Mais encore une fois, il n'a que 20 ans et a encore le temps de prendre de la force. Quand tout sera réglé, des hauteurs comme 6,30m voire plus ne semble pas improbables. 

Tournoi des VI Nations 2020
Explosion de joie chez les Bleus (en blanc), après l'essai synonyme de bonus offensif inscrit par Romain Ntamack. Le XV de France est premier du Tournoi. Crédit : [EPA].

Rugby, 6 Nations : Premiers, et c'est le principal !

Les dimanches se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Après avoir dominé avec courage et robustesse l’Angleterre (24-17) lors de la première journée du Tournoi, l’équipe de France de rugby a battu dimanche la Squadra Azzurra (35-22) avec un caractère différent et une gestion en dents de scie. Si les Bleus ont vécu une après-midi moins brillante que durant le Crunch, ils ont néanmoins assuré l’essentiel, c’est-à-dire le point de bonus offensif qui leur offre la place de premier au classement après deux journées. Une position à laquelle les tricolores n’ont plus goûté depuis un bail, même pas en 2014, édition où les Bleus avaient enchaîné les deux mêmes succès qu’en ce mois de février…avant de s’effondrer à Cardiff contre Galles.

 

Plutôt que de faire le match avant le match, mieux vaut revenir sur les points, qu’ils soient positifs ou négatifs, que l’on doit retenir de la partie contre les vaillants transalpins. Le XV de France a débuté tambour battant sa rencontre, étouffant son adversaire pendant un petit quart d’heure. Les avants à la percussion, toujours dans l’avancée face à une défense attentiste et mal placée. Après une pénalité hyper rapide qui donnait le ton, le premier essai arrivait après une séquence au ras des gros, et une belle communication entre Romain Ntamack, passeur au pied pour Teddy Thomas. Quelques petites minutes après, c’était le capitaine Charles Ollivon qui inscrivait son troisième essai en deux matches, dans un entassement de joueurs (18e, 13-0). Privés de ballons jusqu’alors, les Italiens répondent aux assauts fructueux tricolores. Minozzi marque après un plaquage raté et une mauvaise lecture de la défense. Tommaso Allan transforme et ajoute une pénalité dans la foulée (29e, 13-10). Les Bleus se mettent à l’abri grâce à l’essai de Grégory Alldritt, servi sur un plateau par Dupont qui avait permis aux siens de s’approcher de la ligne d’essai adverse.

Le second acte fut marqué par une grosse rébellion transalpine, avec des joueurs bien plus tranchants, techniquement présents et répondant physiquement. Les impacts sont remportés par les maillots bleus, les failles se multiplient dans le rideau blanc. Heureusement, deux nouveaux essais, inspirations individuelles de Romain Ntamack et Baptiste Serin venaient parachever le succès. Et ce sont bien les seules satisfactions du second acte. Comme si on avait voulu nous rappeler que la malédiction des retours de vestiaires existait toujours, tout le temps. Ou comme si les Italiens avaient, comme ils l’ont montré par deux fois dans les vingt dernières minutes avec deux essais (Zani, Bellini), retrouvé des vertus de combat aperçues furtivement à Cardiff sept jours plus tôt. Des vertus qui ont fortement calmé les Français et qui peuvent globalement leur donner l'ambition de mettre un terme à leur série de revers dans les semaines qui viennent, peut-être avec la réception du Chardon.

Pour en revenir aux hommes de Fabien Galthié, les problèmes restent à peu près les mêmes qu’après la victoire sur la Rose. Une conquête vacillante avec des touches perdues et une mêlée pas encore totalement au point. Gros point noir de dimanche, les errements défensifs et les 27 plaquages manqués. Une statistique qu’il faudra absolument régler dans moins de quinze jours au Principality Stadium pour ce qui pourrait ressembler à une première finale. Face à des Gallois qui seront revanchards après une mauvaise copie rendue à Dublin (14-24) contre des Irlandais presque infaillibles. Des Irlandais qui se déplaceront à Twickenham pour y rencontrer les Anglais qui ont rebondi à Murrayfield, ramenant la Calcutta Cup à la maison après une partie d’une piètre qualité (13-6) à cause des conditions, mais avec un engagement de dingue et les quatre points au bout face à des Ecossais qui échouent encore de peu, avec le bonus défensif.

Coupe du monde de ski alpin 2019 2020
Clément Noël savoure son succès à domicile sur le slalom de Chamonix. Il s'agit de sa troisième victoire cet hiver, la sixième de sa carrière. Crédit : [EPA].

Ski alpin, Coupe du monde : Noël renoue avec le succès

Et de trois ! Après avoir laissé Daniel Yule et Henrik Kristoffersen s'empiffrer de victoires et de gros points en vue du général de la discipline, Clément Noël a tapé du poing sur la table ce samedi à Chamonix. Il a régalé les milliers de spectateurs deux manches durant pour s'adjuger la troisième victoire de sa saison, la sixième de sa carrière, à 22 ans. Après avoir été le seul à tenir le rythme de Yule en première manche (2e à 0''24), le Vosgien a pris les choses en main et, dans un second run difficile, exigeant et éprouvant (nombreux abandons), il a conservé assez d'avance pour s' installer dans le fauteuil du leader devant l'étonnant Norvégien Timon Haugan et le tout aussi surprenant autrichien Adrian Pertl. Avant l'explosion de joie du public avec la rapide sortie de piste du leader helvète. 

Cette victoire, qui est la première du skieur tricolore dans l'hexagone, lui permet de faire un bond en ce qui concerne le dossard rouge de slalom. Alexis Pinturault, Henrik Kristoffersen et Daniel Yule n'ont en effet pas marqué de points samedi, tandis que Clément Noël en inscrivait 100. Ce dernier égalise à trois succès partout avec Daniel Yule, et revient à cinq petites unités de Kristoffersen. À trois épreuves du terme de la saison, il semble dans la meilleure position, celle du chasseur. Surtout, il a réussi à l'emporter tout en ayant hérité du dossard 1. Un présent souvent empoisonné qui l'avait on s'en souvient pénalisé à Are lors des derniers Mondiaux. Irrésistible, dominateur, serein, il peut tout à fait ambitionner le globe. Ses adversaires sont prévenus, il n'ont plus le droit à l'erreur, Clément Noël ne leur fera pas de cadeaux.

Etienne GOURSAUD et Mathéo RONDEAU 

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