Guillaume Martin : portrait d’un cycliste ambitieux avant Paris-Nice

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L'intégration de Guillaume Martin au sein de sa nouvelle équipe s'est bien passée. [Crédit photo : Cofidis / Mathilde L'Azou]

Cyclisme - Désireux de résultats probants cette saison, Guillaume Martin est déjà en forme en ce début d’année. Après un top 15 sur le Tour de France 2019, il a rejoint la France et la formation Cofidis pour cette nouvelle saison. Le diplômé d’un master de philosophie s’est confié en ce début 2020 sur notre site.


Né le 9 juin 1993 à Paris, Guillaume Martin a commencé sa carrière dès 2011, au sein du club du VC Saint-Hilaire-du-Harcouët, dans la Manche. Cette année-là, il joue un rôle prépondérant lors du titre mondial de Pierre-Henri Lecuisinier à Copenhague (Danemark). 2014 et 2015 seront les années de sa rentrée dans le monde professionnel. En 2014, il entre dans l’équipe FDJ.fr en tant que stagiaire pro, et l’année d’après, il gagne Liège-Bastogne-Liège espoirs ainsi que la 5e étape du Tour de l’Avenir, qui sera finalement remporté par l’Espagnol Marc Soler. 
En fin 2015, il décide de signer un contrat de deux ans avec l’équipe continentale Wanty-Groupe Gobert. Il vit une première saison compliquée au sein de l’équipe belge, avec un syndrome de friction pré-patellaire (pathologie du genou correspondant à un rhumatisme), qui lui gâche le début de saison, jusqu’à avril et sa première Flèche Wallonne, et son 1er Liège-Bastogne-Liège, où il finira 120e. 
Il retrouve les résultats en 2017, en finissant 3e au général du Tour du Jura, remporté par son coéquipier Thomas Degand. Son équipe invitée sur le Tour de France, il découvre cette année là toute l’attention qu’il peut y avoir autour de cette course. Il y décroche d’ailleurs une 3e place lors de l’étape des Rousses (8e étape). En sortie de Grande Boucle, il remporte sa première victoire chez les pros, sur la dernière étape du Tour du Limousin. Quelques semaines plus tard, il remporte son premier classement général pour une épreuve par étapes sur le Tour du Gévaudan Occitanie. 

2018 et 2019 seront les années de la confirmation pour l’originaire de Normandie. Durant la saison 2018, il finit 3e meilleur jeune du Critérium du Dauphiné, en préparation de son 2e Tour de France. Il terminera celui-ci à la 21e place du classement général, et 3e du classement du maillot blanc. 2019 sera l’année de la consécration : 2e du Tour de Sicile, 2e de la 2e étape du Critérium du Dauphiné, Guillaume finira le Tour de France à la 12e place, à 22 min d’Egan Bernal mais en tant que 3e français.
En août, il annonce qu’il s’engage pour 2 ans au sein de la formation française Cofidis. 

La saison 2020 commence sur les routes de l’Argentine, au Tour de San Juan, qu’il termine à la 7e place. Il revient en France pour le week-end « Ardèche-Drôme » où il finit 3e puis 4e, finissant « satisfait ». Il vise désormais Paris-Nice, véritable lancement d’une saison que l’on espère réussie pour le coureur ornais. 

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On devrait retrouver Guillaume Martin à la bagarre pour des classement généraux. [Crédit photo : Cofidis / Mathilde L'Azou]

-    Bonjour Guillaume, vous sortez d’un très bon week-end, avec une 3e place en Ardèche et une 4e place sur la Drôme Classic, êtes-vous surpris par vos sensations en ce début d’année ?

Surpris, oui et non. C’est le niveau où je souhaite évoluer, donc c’est là que je veux me situer, je travaille pour ça. C’est plutôt la concrétisation d’un bon travail. Après, la particularité est que j’ai peu couru depuis le début de l’année, seulement une semaine fin janvier (Tour de San Juan), et puis là, en février, je n’avais pas du tout couru. Donc, par rapport aux autres coureurs, je m’attendais à être un peu en manque de rythme, mais ça n’a pas été le cas. J’étais directement dans l’allure, et ça augure de très bonnes choses pour la suite. 

-    Comment vous sentez-vous par rapport à vos objectifs cette saison ?

Je suis un coureur qui, généralement, répond présent toute l’année. Mais oui, les objectifs sont plus à partir de juin, juillet. Peut-être que je serai encore meilleur à ce moment là, je l’espère.  

- Est-ce que c’était important pour vous de revenir dans une équipe française ?

Non, l’équipe française n’était pas le critère. Par contre, c’était important d’intégrer le Pro Tour pour l’évolution de carrière. Mais ça aurait pu être dans une Pro Tour étrangère, j’avais eu des contacts avec des équipes Pro Tour étrangères, mais la proposition de Cofidis était vraiment la plus intéressante, avec un beau projet qui se mettait en place. J’ai été séduit par le discours de Cédric Vasseur (le directeur sportif de Cofidis), mais être dans une équipe française n’était pas l’objectif à tout prix. 

-    Revenir en France, est-ce un moyen pour vous d’être un peu plus médiatisé ?

Le fait d’être dans une équipe étrangère c’est peut-être pour ça que je n’avais pas la médiatisation que j’aurais pu mériter en raison de mes résultats sportifs. Donc, à ce niveau-là, ça devrait être un plus. Je ne néglige pas la médiatisation, c’est quelque chose d’important pour être jugé à sa propre valeur, mais ce n’est pas pour ça que je fais du vélo.

-    Comment s’est passé votre intégration au sein de Cofidis ?

Je me suis très bien intégré, très rapidement. Forcément, au début, c’était très chargé, il y avait beaucoup de nouveautés. Notamment au stage de décembre, où il fallait rencontrer tout le staff, tous les autres coureurs, tout le fonctionnement. Mais avec ces premiers jours de course, le rythme se met en place, le groupe se met en place. Une vraie dynamique s’enclenche, j’ai senti en Argentine qu’il y avait un bon état d’esprit et ça s’est confirmé ce week-end, comme dimanche où l’on a couru à l’avant toute la journée et pris les choses en main (3 coureurs Cofidis dans le dernier groupe de 15).

-    Comment se déroulent les entraînements ?

C’est très variable. Mais en moyenne, ça représente environ 20,25 voire 30 heures d’entraînement par semaine. Là, je revenais d’un stage en altitude en Sicile, sur l’Etna, et c’est quelque chose que j’intègre assez fréquemment à mon programme. Je fais beaucoup de stages en altitude, et donc là j’ai des heures de selle et de l’intensité. C’est un entraînement qualitatif que l’on recherche, avec des exercices à différents niveaux d’intensité.

-    Comment situez-vous l’équipe Cofidis dans l’optique du Tour, après 4 années chez Wanty ?

C’est compliqué de faire des comparaisons, et je n’aime pas tellement ça. Forcément, il y a de la qualité dans l’effectif en montagne, peut-être pas énormément de grimpeurs, donc peut-être que dans les recrutements futurs, ça serait intéressant que l’équipe se renforce à ce niveau-là. Par contre, il y a des coureurs de qualité, alors tous ne seront pas sur le Tour, mais un coureur comme Nicolas Edet sera très important dans le « dispositif grimpeur » pour le Tour de France. Après, ça sera un peu particulier puisque l’équipe sera divisée en 2 car il y aura un petit groupe pour épauler Elia Viviani pour les sprints. Mais on a vu ce week-end (Ardèche et Drôme) qu’il y avait un effectif de qualité.

-    Quelles sont vos passions en dehors du vélo ?

La philosophie (on surnomme souvent Guillaume Martin « le philosophe du peloton »), la lecture, les pièces de théâtre, on en parle souvent. Mais je vais vous parler d’autres : j’aime cuisiner, pour me détendre. Et quelque chose m’occupe pas mal de temps en ce moment, et c’est plus qu’un hobby : je m’investis dans les gîtes de mes parents dans l’Orne, et depuis l’an dernier, on développe ce projet et moi je m’implique dans ce projet pour faire évoluer le lieu, moderniser le lieu, faire monter en gamme les gîtes. Ça prend du temps et ça occupe, mais c’est quelque chose qui me tient à coeur. C’est là où j’ai grandi, et un lieu où je suis attaché.

-    Est-ce que vos études de philosophie avant de devenir cycliste professionnel peuvent aujourd’hui vous aider à appréhender certains moments de doute ?

C’est une question que l’on me pose souvent, et je n’en suis pas certain. Je pense que c’est 2 choses séparées. Le fait d’avoir quelque chose à côté m’aide peut-être à prendre de la distance, à relativiser, mais cette chose là, que ce soit la philosophie ou la cuisine, n’influe pas.

Paul Lalevée

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