Football, Rugby - Les cinq sportifs français de demain par Mathéo Rondeau

Athlétisme - Sasha Zhoya, 17 ans : 

Sasha Zhoya
Crédit : [FFA].

On a attendu son choix de nationalité sportive, on espère attendre longtemps avant de le voir décider de sa discipline principale. Sasha Zhoya a privilégié la nationalité française à partir du mois de janvier 2020, dans l’optique principale des Jeux Olympiques de Paris dans quatre ans. Il y aura juste 22 piges. Originaire d’Australie, Zhoya s’est illustré en sprint, notamment sur les haies, mais aussi en saut, avec un peu de longueur et surtout de la perche. Avec lui, les records du monde s’enchaînent. En cadets (avec des haies moins hautes), il passe en dessous des 7’’50 sur le 60m haies, sous les 13’’ sur le 110m. Il franchit déjà 5,56m l’an passé, une barre qui lui aurait permis de prendre le bronze aux Europe d’Amsterdam en 2016 (humour). Ses perfs étaient déjà dingues, elles le sont tout autant en cet hiver 2020, où il s’adjuge à nouveau un record du monde sur les haies. En février, en une dizaine de jours, Zhoya descend son chrono sur 60m haies jusqu’à 7’’34, record juniors. Autant dire qu’il a largement le potentiel pour atteindre les sommets aussi bien en vitesse qu’à la perche. Surtout que, pour le moment, on ne veut pas le forcer à faire un choix, que ce soit du côté des ses coachs (Ladji Doucouré désormais pour les haies par exemple) ou des plus grands comme Renaud Lavillenie, qui lui conseille d’aller là où il « prend du plaisir ». Dans une saison qui risque fort d’être blanche, Sasha Zhoya va avoir le temps pour réfléchir des suites de la longue carrière qui l’attend. On le guettera prochainement (espérons vite) encore dans les compétitions juniors, mais peut-être bien vite avec les Bleus dans les épreuves internationales. Avec un RP à 10’’41 sur 100m, il peut vite ambitionner de rentrer dans le relais français.

Basket - Frank Ntilikina, 21 ans : 

Frank Ntilikina
Crédit : [GettyImages].

Je ne suis absolument pas spécialiste de basket, mais ces quelques minutes de démonstration de la part de Frank Ntilikina en fin de quarts de finale de Coupe du monde en septembre dernier ont suffi pour montrer l’étendue, la palette de dingue que possède le joueur des Knicks de New York. Après deux premières saisons pro à Strasbourg, le natif d’Ixelles en Belgique a été drafté en juin 2017 en huitième position par les Knicks, la place la plus haute de l’histoire pour un français. Avec son très jeune âge, il s’intègre progressivement dans la Ligue américaine, réalisant tantôt de grosses perfs, tantôt des matchs difficiles au niveau de la précision au shoot notamment. Sélectionné pour participer à la Coupe du monde qui s’est déroulée en Chine il y a quelques mois, Ntilikina en profite pour faire des débuts très remarqués sous le maillot bleu. Lors du quart contre les Etats-Unis, il réalise une belle première période, avant de sortir dans le 3e quart. Vincent Collet le rappelle sur le parquet pour les dernières minutes. Il s’y sublime. Un shoot à trois points, un autre à mi-distance, des combinaisons parfaitement senties avec Rudy Gobert et Evan Fournier. Ce fut l’homme clé des derniers instants avec le pivot du Utah Jazz. On attend bien sûr désormais de Frank Ntilikina qu’il sorte des matches encore plus propres avec sa franchise et on a déjà hâte de le revoir en bleu.   

Gymnastique - Mélanie De Jesus Dos Santos, 20 ans :

Mélanie De Jesus Dos Santos
Crédit : [L'Equipe].

Cette saison pouvait être celle d’un nouvel aboutissement pour Mélanie De Jesus Dos Santos. A 20 ans, la gymnaste allait prendre part aux Championnats d’Europe à domicile, à l’AccorHotels Arena, dans quelques semaines. Une compétition dont elle était tenante du titre absolue (on y reviendra). Trois mois après, on l’aurait retrouvée à Tokyo pour les Jeux Olympiques, à la quête de sa première médaille mondiale, face à l’immense Simon Biles. Tout cela sera pour plus tard, la pandémie de coronavirus ayant balayé l’immense majorité des évènements sportifs des mois à venir. Mais quoiqu’il arrive, De Jesus Dos Santos sera à suivre lors des prochaines compétitions internationales. A son palmarès déjà, quatre médailles individuelles aux Europe : elle est double tenante du titre au sol, argentée sur la poutre en 2019. Déjà en bronze sur le concours général européen en 2017, elle est devenue la deuxième tricolore championne d’Europe absolue à Szczecin l’an passé. Dans ce début de carrière, il lui a toujours manqué un tout petit quelque chose pour aller chercher la médaille lors des Mondiaux. En 2017 puis 2018, elle termine respectivement 5e et 6e du concours général. Lors des Mondiaux 2019, elle finit loin (20e) à cause de deux chutes sur les barres asymétriques. Lui et son coach le concèdent, bien qu’elle soit de plus en plus confiante pendant les compétitions, il lui reste à vaincre sa bête noire, les barres. Et là, les limites seraient repoussées vers les sommets.

Football - Eduardo Camavinga, 17 ans :

Eduardo Camavinga
Crédit : [L'Equipe].

Bien sûr, c’est plus que la coutume avec ces cas très très précoces du football, on va prendre ce début de carrière pro impressionnant avec des pincettes. Eduardo Camavinga, milieu de terrain du Stade Rennais, compte déjà plus d’une quarantaine de matches en pro, à seulement dix-sept ans. Avec un début de saison en boulet de canon, marqué par cette démonstration au Roazhon Park face au Paris Saint-Germain et notamment ce centre parfait pour Del Castillo, il devient le tube de l’été 2019. Meilleur joueur du mois d’août, on lui promet déjà un avenir rayonnant. Il joue ses premiers matches européens, joue dans la cour des très grands en termes de précocité, marque son premier but en championnat à Lyon, et fait le choix de prendre la nationalité sportive française. Une décision qui lui offre illico presto une sélection chez les Espoirs en fin d’année dernière. Comme de nombreux footballeurs avant lui, on va attendre de voir si le Rennais répond à toutes les attentes. Mais il semble dans un bon microcosme pour évoluer, progresser, au sein d’une formation bretonne qui vit ces derniers mois une période fructueuse sur le plan sportif. Reste à savoir ce que l’on voudra faire de lui dans les semaines à venir, pour qui le contrat se termine en 2022. Dans le réservoir de jeunes pousses tricolores, on surveillera aussi les Lyonnais Rayan Cherki ou Maxence Caqueret.   

Rugby - Alexandre Fischer, 22 ans :

Alexandre Fischer
Crédit : [AFP].

Ça peut faire bizarre de retrouver un rugbyman dans ce Top 5, mais c’est une période prolifique en termes de talents du côté du ballon ovale tricolore. Les stars de demain sont pour la plupart des arrières, mais ce qui me marque actuellement, c’est l’arrivée de nombreux avants au sommet du championnat de France. Le troisième ligne Alexandre Fischer, 22 ans, pur produit rugbystique du Massif Central, ne compte qu’une vingtaine de matches avec Clermont. Mais cela lui a suffit pour épater la galerie et faire étalage de tout son talent. A son poste de flanker, profil plaqueur-gratteur, il s’inscrit à merveille dans la lignée des troisièmes lignes de talent Auvergnats. Un match a beaucoup marqué sa saison, la finale de la poule de l’ASM en Coupe d’Europe contre l’Ulster. Il y disputa une heure de jeu durant laquelle il gratta trois ballons décisifs et termina homme du match. Juste avant, il avait été présélectionné par Fabien Galthié pour le début du Tournoi. Cette dernière ne donna pas suite, mais nul doute que le maillot bleu mordra vite à l’hameçon de Fischer. Dans un rugby en mutation, de plus en plus fait de mouvement et de résistance physique, son profil atypique (1,86m) pour un flanker et son activité incessante peuvent faire de lui un grand à son poste en France.   

Mathéo RONDEAU 

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