Maxime Beaussire : Une ambition européenne ! [Boxe Anglaise]

Maxime Beaussire boxe anglaise europe
Maxime Beaussire à la conquête de son rêve européen

A 28 ans, le Boxeur normand va combattre le 21 mars au Palais des Sports de Caen, le championnat d’Europe. Il y affrontera Matteo Signani, en -72,5kg ! Le professionnel peut obtenir son second titre majeur après le titre de champion de France obtenu en 2015 dans la catégorie welters et celui en 2017 en super-welters. Il est également devenu champion de l’Union Européenne en 2018 au Zénith de Caen. Neuf mois après un premier échec en Espagne, où il avait eu une préparation écourtée, ayant choisi de remplacer le challenger blessé dans sa préparation. Là il va arriver au top dans 15 jours. Il se confie avant cette grande échéance !

Bonjour Maxime, on est à quelques jour du combat, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Maxime Beaussire : "Je suis conquérant (en référence à son surnom Max Le Conquérant). Le camp d’entraînement en Angleterre va se finir en fin de semaine avec les derniers gros sparring-partners vendredi (aujourd’hui). On rentre samedi chez moi, avec deux autres sparrings chez moi du côté de Caen. Bien sûr, il y a encore beaucoup de travail sur le plan technique et tactique. Ensuite on va travailler sur les réglages et bien gérer le poids (il ne doit pas dépasser 72,5km au moment de la pesée).

Vous avez déjà concouru pour ce même titre en Espagne, mais avec une prépa écourtée. Pourquoi avoir accepté ce combat à l’époque ?
C’était un peu fou (rires). J’ai été influencé par mon entourage de l’époque qui disait que c’était possible. Après c’est vrai, tout est possible sur un ring. J’aurai pu gagner et on en aurait parlé. Mais si on remet tout en perspective, la victoire était impossible. Si c’était à refaire, jamais je n’y retourne. Cela dit, il ne faut rien regretter. Cette expérience m’a amené où je suis et j’ai su en tirer beaucoup de positif. Même si au début, il y a eu quelques mois où je n’étais pas bien et il a fallu du temps pour s’en remettre. Je suis retourné avec mon ancien promoteur. Globalement il y a eu beaucoup de chamboulement. Je suis parti m’entraîner en Angleterre et cela m’a provoqué pas mal de déclic sur le plan psychologique. Sans cette défaite, peut-être que je serais resté dans les mêmes schémas et cela n’aurait pas été mieux pour ma carrière.

Prêt à aller décrocher la ceinture alors ?
Mon dernier gros combat date de 2015 contre Frank Haroche-Horta, pour le titre de champion de France. Cela ne me dérange pas d’aller chercher le titre. Mon adversaire est champion et il lui fadra prendre sa ceinture. On va tout faire pour.

Racontez-nous justement cette préparation de ces huit dernières semaines ? Pourquoi avoir choisi l’Angleterre ?
Ce fut même une préparation de dix semaines. Mon dernier combat date de Juin. J’ai repris l’entraînement sérieusement mi-octobre pour trouver mon nouvel entraîneur en Angleterre. J’avais un autre entraineur auparavant, mais je n’y trouvais pas mon compte. J’ai atterri chez Ryan Barrett (ancien champion d’Angleterre). C’est une atmosphère différente, loin de tout. Cela m’oblige à me donner à fond car je sais pourquoi je suis là. Depuis Novembre-Décembre je faisais de l’entretien chez moi, avec beaucoup de physique. J’ai également eu un souci au pied et je n’ai pas pu courir. A la fin de l’année 2019 je suis donc arrivé en Angleterre où j’ai repris la course. Avec Ryan on a repris sérieusement. Je lui ai que j’avais 8 semaines pour préparer un championnat d’Europe ! On est resté huit semaines là-bas. Avec pas mal de sparrings les lundi, mercredi et vendredi. Le mardi, jeudi et samedi étant consacrés à la préparation physique. Le but était d’être endurant mais vif tout en étant musclé.

Est-ce que boxer à domicile peut vous galvaniser ? Où cela peut constituer une pression supplémentaire ?
Que ce soit chez moi où à l’extérieur, j’essaie de ne prendre que les avantages de la situation. Là je vais boxer à la maison et il n’y a pas de choses qui seront contre moi. Mon seul souhait c’est que la salle soit pleine à craquer, avec des gens pour me porter jusqu’à la victoire.

Un mot sur votre adversaire. Est-ce que vous avez une stratégie en tête. Où est ce qu’au contraire vous allez combattre « naturellement » ?
Forcément, on met en place une stratégie, c’est un sport d’adaptation et il faudra s’adapter à ce qu’on va nous proposer le 21 ! Est-ce que ce sera différent ? Il est assez âgé et je ne pense pas qu’il change du tout au tout. Donc on sait à quoi s’attendre et on va rester là-dessus. Et s’il y a des grosses modifs, on s’adaptera.

Quel sont vos points forts et vos points faibles ?
J’ai une grosse condition physique et j’ai fait un gros travail là-dessus pour renforcer cet aspect. Techniquement je dois encore progresser mais également sur le plan tactique. Mais je pense avoir franchi un cap et j’espère le prouver le 21. Il ne faut pas trop parler avant !

Quand vous avez commencé, est-ce que vous pensiez en arriver là ?
Non pas au début. J’ai commencé à 11 ans et je ne pensais pas à cela. Disons qu’à partir de 15-16 ans, j’ai commencé à avoir une vision de ce que je voulais faire. Dès lors, j’ai su que je passerai pro un jour et que ce ne serait pas pour rigoler. Je sais où je veux aller et je sais où j’irai. Après on ne sait jamais ce qu’il peut arriver, mais j’avais mes idées. Celles-ci ont été un peu chamboulées en cours de route. Si j’avais suivi mes idées à 100%, les choses se serait peut-être passées différemment. Ce qui est sur c’est qu’à une époque j’ai un peu trop écouté les gens qui étaient censés être de confiance. J’aurais dû m’exprimer davantage. C’est ce que je fais depuis que j’ai repris ma carrière en main. Je ne suis pas seul cependant. J’ai tout un pôle qui me soutient. Je tiens à les remercier ! Mais j’ai repris mon destin en main depuis 2019 !

Est-ce que les plans sont déjà établis pour la suite de votre carrière ? Ces Europe sont une étape ou un aboutissement ?
Ce sera le second aboutissement, le titre de champion de France l’est aussi. Je veux être champion d’Europe et je vais l’être. Ensuite, il y aura les mondiaux, mais on n’y est pas encore. Je considère donc cette échéance comme un aboutissement. Si par malheur je devais m’arrêter là, je serais déjà content de ma carrière.

Quel regard portez-vous sur votre sport et sa médiatisation ?
Y’a du mieux et du moins bien. La Ligue avec Arnaud Romerat fait un gros boulot et j’espère que cela va porter ses fruits. Il y a encore beaucoup de travail. Il ne faut jamais arrêter de se battre dès qu’on lâche un peu, on voit que cela ne fonctionne pas à la hauteur de nos espérances. Mais des gens font un gros travail en ce moment pour diffuser les combats. Il y a tout de même 4-5 diffuseurs et c’et bien. La boxe est un sport caché et je n’ai pas de diffuseurs pour mon combat. On est en négociation mais c’est dur. C’est comme cela, c’est un tout et là aussi il faut se battre.

Les J.O c’est vraiment inenvisageable ? (les pro peuvent participer désormais)
C’est inenvisageable, cela ne m’intéresse pas. Ce n’est pas le même sport. Je suis passé pro en 2012 et j’étais content de passer pro, de combattre sur 12 rounds qui est la distance qui convient le mieux. C’est inconcevable d’aller boxer en 3 rounds.

Etienne GOURSAUD
 

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