Football - Les cinq plus belles émotions de la décennie par Paul Lalevée

Football, Coupe du Monde 2018 : Second poteau Pavaaard

Après un très bel Euro 2016 à domicile, malgré une défaite en finale face au Portugal, l’équipe de France s’est qualifié directement pour la Coupe du monde en terminant à la 1e place de son groupe. Elle démarre le Mondial russe tranquillement, sans forcément convaincre les observateurs. Et en huitièmes, c’est l’Argentine du génie Lionel Messi qui se dresse face aux Bleus. 
En début de match, la France domine, elle touche les montants. Et à la 13e minute de jeu, c’est Grizemann qui débloque la partie sur penalty, à la suite d’un long rush solitaire de Mbappé. Juste avant la mi-temps, Di Maria inscrit une merveille d’enroulé dans la lucarne française puis est suivi, au retour des vestiaires, par Mercado. Les Français sont alors menés. 
Comme depuis quelques minutes, Lucas Hernandez prend bien son côté gauche. Il centre au 2e poteau, le ballon sort de l’écran. Benjamin Pavard, un peu l’inconnu de l’équipe, tente alors sa chance. Sa demi-volée se loge dans la lucarne, et sera élue plus beau but de la Coupe du Monde. L’envolée vocale de Grégoire Margotton restera également dans les mémoires « Second poteau Pavaaard !!! »
La France remporte ce match 4-2, grâce à 2 buts de Kylian Mbappé, et s’imposera quelques jours plus tard, en finale face à la Croatie. Cette équipe de France, tout le monde l’a soutenue, et cette victoire, tout le monde l’a fêté. Il n’y a que le foot pour amener ces sensations, et cette union. 

Martin Fourcade, le roi de Pyeongchang

En remportant 3 médailles d’or aux Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang, Martin Fourcade a définitivement marqué l’histoire du sport français. Il a été l’homme de ces JO. 2017 avait été l’année de plusieurs records, 2018 sera l’année du sacre olympique du roi Fourcade. Il avait donc de la pression en arrivant à ces 3emes JO. Le 11 février, lors du sprint, Martin se troue totalement en commettant 3 fautes. Frustré de cet échec, il écrase, dès le lendemain, la poursuite. Lors de la mass start, il s’impose face à l’Allemand Schempp, mais cette fois-ci d’une plus petite marge : 0,018 sec, soit 14 cm sur la ligne d’arrivée. Cette victoire lui permet de dépasser Jean-Claude Killy et de devenir le sportif français le plus titré lors des Jeux Olympiques d’hiver. 2 jours plus tard, il remporte le relais mixte, sa 5e médaille d’or olympique. Il devient donc le sportif français le plis titré de l’histoire des JO, été et hiver confondus, le plus décoré aux Jeux d’hiver avec 7 médailles, et le seul avec Jean-Claude Killy (ski alpin, Grenoble 1968) à gagner 3 titres lors de la même édition. 
Le dernier tir, la dernière balle qui blanchit ou non la cible, les émotions ressenties lors d’une épreuve de biathlon sont uniques. 

Le relais français, JO 2012 : une dernière ligne droite d’anthologie

Pour oublier Pékin, et l’effondrement d’Alain Bernard dans le dernier relais, les Français se sont vengés. Et de la plus belle des manières. Le quatuor français, composé d’Amaury Leveaux, Fabien Gillot, Clément Lefert et Yannick Agnel a battu les Américains, emmenés par un duo de gala, Ryan Lochte et Michael Phelps. Pour Fabien Gilot, « c’est une revanche extraordinaire », lui le rescapé de 2008. Les Etats-Unis ont perdu leur pari d’introduire Lochte, lui le tout récent champion olympique du 400 m 4 nages devant Phelps. Il a été dépassé par le Français Yannick Agnel dans la dernière ligne droite, alors que les Américains avaient fait la course en tête pendant 350 m. 
4 ans après l’argent de Pékin, ce titre olympique sur le relais 4 x 100 m nage libre est le premier sacre de l’histoire de la natation française sur cette distance. La France n’est d’ailleurs que la 4e nation à avoir mis son nom au palmarès olympique sur cette épreuve, si dominée par les Etats-Unis. Remporter la médaille d’or, devant les Américains, ce n’est pas rien,
L’ambiance des courses en équipe procure tant de bonheur lorsque le drapeau français s’affiche à côté de 1°que le stress redescend et qu’il est temps de célébrer.

L’équipe de France de handball, Londres 2012 comme une confirmation olympique

4 ans après sa médaille d’or à Pékin, l’équipe de France remet son titre olympique en jeu dans la capitale londonienne. L’objectif est clair : être la 1e nation de l’histoire à conserver  son bien. 
Avec quasi la même équipe qu’en Chine (10 joueurs sur 15 y étaient), la bande de Claude Onesta débarque avec une énorme pancarte dans le dos. Au premier tour, les Experts remportent leurs 3 premiers matchs face à la Grande Bretagne, l’Argentine puis la Tunisie. La qualification en poche, les Bleus se font surprendre par l’Islande (29-30), avant de se rattraper face à la Suède pour terminer à la 2e place de leur poule. 
En quart, les Experts passent tout près de l’élimination face aux diables espagnols mais s’en sortent grâce au talent de William Accambray, le héros du jour. La demi-finale contre la Croatie, un adversaire avec lequel est née une véritable rivalité depuis la fin des années 1990, ces équipes étant pendant les années 2000 considérées comme les meilleurs du monde. Les Experts s’imposent 25-22, et rejoignent la Suède en finale. Ce ne sera qu’une formalité, les Bleus étant tellement solides en défense autour de leur pilier Dilier Dinart (22-21). L’équipe de France est alors à son apogée. 

Bardet sur le Tour 2016, comme un espoir pour les années à venir

Son sourire rageur après sa victoire lors de la 19e étape à Saint-Gervais Mont-Blanc a redonné le sourire à toute la France du vélo, frustrée cette année-là de véritable coup d’éclat tricolore. Il a pu rappelé à tout le monde les belles promesses vues en lui ces 3 dernières saisons, faisant de lui un sérieux prétendant au podium sur les Champs. 2e derrière l’ultra-dominateur Christopher Froome, Bardet s’est alors affirmé comme l’adversaire n°1, le seul à l’avoir sérieusement attaqué sur ce Tour malgré un plateau idyllique (Quintana, Aru, Contador, Porte…) Mais Froome était trop fort cette année-là, même après sa chute dans la descente de Domancy, alors même que Bardet, accompagné de son fidèle Chérel, venait d’attaquer. Bardet avait alors pris de l’avance pour la dernière montée vers Vervex, et avait pu ainsi monter sur le podium final. 

De quoi faire naître l’hypothèse d’un Bardet, ou d’un autre français futur vainqueur dans les années à venir ? 2019 aura été l’année des grands espoirs, pour Alaphilippe et Pinot, pour qui tout le public français y a cru, bien moins pour Bardet qui s’est raté pour le classement général. Depuis 1985, Bernard Hinault attend toujours son successeur…

Paul Lalevée

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Cyril 04/04/2020 12:56

Un article aux petits oignons, une perle du journalisme est en train de naître!

Albane Paquet 04/04/2020 10:57

Super article ! Merci ça fait du bien de se remémorer ces moments positifs