Les cinq émotions négatives de la décennie par Denis Dupont

Rugby, finale de la coupe du Monde 2011 : l’injustice

Sans aucun doute la plus grande frustration de cette dernière décennie. Arrivé en finale un peu par hasard en ayant réussi un seul match (le quart de finale contre l’Angleterre), on se retrouve en position d’outsider pour cette finale où tout semble joué. Néanmoins, après une belle résistance en première mi-temps et un essai dès le retour des vestiaires, un point d’écart nous sépare de l’ogre néo-zélandais. Et là, après 10 minutes d’équilibre, une domination outrageuse débute. Les français campent dans le camp kiwi mais rien n’y fait, le sifflet de M. Joubert est resté dans les vestiaires. Trinh-Duc ratera la pénalité de la gagne, la seule donnée par M. l’arbitre, dans une position très inconfortable. Ce match reste pour moi le plus gros déchirement qu’a vécu le sport français dans les années 2010. Voir McCaw soulever le trophée après avoir triché tout le match dans les rucks reste gravé en mémoire.

Foot, finale de l’Euro 2016 : tout était réuni et pourtant

Cet Euro en France se passe bien pour l’équipe de France malgré des prestations assez moyennes jusqu’en quart de finale. La surprise islandaise sortie, le match le plus dangereux arrive. Un gros match contre l’Allemagne nous permet de voir le stade de France, de pouvoir gagner notre Euro. Après une première mi-temps très pauvre et la sortie de Ronaldo (qui a pour moi fait basculer le match), les français dominent la deuxième mi-temps, multiplient les occasions mais rien n’y fait. La défense portugaise tient, les 10 joueurs de champ (et non 9 + Ronaldo) se battent comme des morts de faim pour tenir ce score. Dans les derniers instants, Gignac a la balle de match mais le poteau vient anéantir ses espoirs. Au coup de sifflet, on sent que le vent a tourné de côté. Les prolongations sont moins dominées, et Eder, tel un héros sorti de nulle part, assène un coup de poignard fatal à l’équipe de France. Dominer n’est pas gagner, comme dit l’adage. Mais cette défaite a finalement été un mal pour un bien car cette équipe s’en est servie pour construire un succès mondial deux ans plus tard.

Cyclisme, Tour de France 2019 : du rire aux larmes

Ce sport est décidément cruel … Ce jaune qui fuit tant les français depuis le sacre de Hinault en 1985 n’a jamais semblé aussi proche. Alaphlippe domine le tour, la France s’extasie devant ce grand bonhomme du vélo mondial qui se découvre des talents de récupération dans un grand tour. Tous les français ont les yeux braqués sur lui, tous, sauf les suiveurs de cyclisme qui comprennent aussi que Pinot a sans doute sa plus belle chance de victoire. Malgré la bordure qui lui a fait perdre 1 min 30, il reste dans le coup après un très bon clm à Pau. Il domine grandement les Pyrénées, et s’affirme sans doute comme le favori derrière Julian qui va craquer dans les Alpes à n’en pas douter. Il a très peu à reprendre à Geraint Thomas qui semble plus faible que l’an passé, les autres coureurs sont à sa portée au vu de sa forme. Mais le vendredi avant les Champs, une satanée blessure viendra tout gâcher… On apprendra ensuite qu’il avait déjà ce problème la veille, et pourtant, il était encore avec les favoris sur une jambe (seul Bernal s’envola avec la réussite que l’on connaît). Thibaut est inconsolable, les français avec lui. Il comprenait sur le moment qu’il allait peut être le gagner ce Tour... A charge de revanche !

Cyclisme, Championnat du monde 2018 : quand ça ne veut pas

Après l’arrivée tumultueuse et le problème de diffusion à Bergen où l’on pensait tous que Julian Alaphilippe avait course gagnée, cette fois, c’est la bonne se dit-on. Une équipe de rêve avec Barguil, Bardet, Molard, Pinot … tous au service du nouveau géant du cyclisme mondial, Julian Alaphilippe. Le plan français fonctionne. La course est durcie par les Néerlandais et les Allemands, peu d’efforts sont fournis. Kennaugh mais surtout Valgren représentent des menaces pour les français au fur et à mesure de la course. Mais ce qu’on espérait s’est produit, avec trois français en tête de la dernière et monstrueuse difficulté du parcours. Pinot puis Bardet en équipiers de luxe emmènent Alaphilippe dans la montée dans un fauteuil. Oui mais. Au moment de s’envoler, Julian coince totalement, il est à bout. Il ne sera pas champion du monde. Bardet bascule avec Valverde Woods, les trois sont rejoints par Dumoulin. Le sprint pouvait difficilement échapper à Valverde qui remporte le maillot arc-en-ciel (mérité sur sa carrière). Dommage pour Bardet qui paraissait le plus frais mais qui n’a pas réussi à se mettre dans la roue de l’Espagnol, car il fait le meilleur sprint mais part de trop loin.

Basket, demi-finales des mondiaux 2014 et 2019 : le sport français dans toute sa splendeur des exploits puis le néant

Le basket français en n’oubliant pas l’argent à Sydney en 2000 vit ses heures de gloire dans les années 2010. L’aventure 2014 commence réellement en quarts où les Bleus réussissent l’incroyable exploit de battre l’armada espagnole 65-52 alors archi favorite, qui joue dans son jardin. On se dit que quelque chose est né dans cette victoire et on commence à rêver du titre suprême. Oui mais voilà, comme le sport français en a coutume, la surprise laisse place à la déception et à l’incompréhension. La première mi-temps contre la Serbie est horrible, les français ont sans doute déjà hâte de jouer les étoiles américaines en finale, mal leur en a pris. Le retour en seconde période, avec un Nicolas Batum au sommet est malheureusement trop tardif, les Serbes sont en finale. Les bleus sont passés à côté de quelque chose de grand. Le cru 2019 est moins prometteur. Les bleus semblent moins armés qu’il y a cinq ans, le deuxième tour est étriqué mais nos frenchies se retrouvent en quart. La montagne qui se dresse en face est immense, la team USA, double tenante du titre. Et pourtant … Au bout d’un match haletant, les français sont en demi et terrassent l’ogre du basket mondial. Oui mais voilà, comme en 2014, la marche de la demi-finale pose problème, et ce sont les argentins qui en profitent … Une équipe sur le papier moins forte que la Serbie de 2014 sans doute, mais les français passent de nouveau au travers. L’âge d’or de 2014 et l’exploit de 2019 n’auront pas été couronnés par les breloques distribuées en finale. Ca rappellera à certains une décennie du foot français qui aurait mérité également une bien meilleure finalité.

Denis Dupont

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