Les cinq émotions négatives de la décennie par Paul Lalevée

Un 8 mars 2017, une remontada, un souvenir à jamais gravé

Le mot espagnol « remontada » a pris tout son sens ce mercredi 8 mars après le match FC Barcelone-PSG. Tout supporter parisien sait ce qu’il faisait ce soir là, moi j’étais en famille, entre mecs, devant la télé avec les pizzas. Après une victoire 4-0 au Parc des Princes, tout le monde était serein. Oui, le déplacement allait être compliqué en Catalogne, dans l’antre du Camp Nou. Mais avec cette avance, le match retour ne devait être qu’une formalité. Jamais une équipe battue sur un tel score n’était parvenue à renverser la situation en C1. 
Pourtant, c’est ce qu’il s’est passé ce soir là. Dès la 3e minute, le PSG encaisse un but de Suarez. Juste avant la mi-temps, c’est Kurzawa qui marque contre son camp. Au retour des vestiaires, c’est le coup de massue qui plonge les joueurs et les supporters. Un penalty de Messi à la 50e. Quand Cavani marque à la 62e, tout le monde pense que c’est réglé, que le Barça ne reviendra plus. Mais en 7 minutes, à partir de la 88e, c’est le festival Neymar du côté blaugrana. Assiégée, la défense parisienne cède à 3 reprises, et c’est le Barça qui rejoint le dernier carré de la compétition. 
KO, c’est bien l’état pour qualifier mon état après ce match. Les 10 dernières minutes, j’étais assis par terre, sous le stress du résultat. Fin tragique pour nous, supporters. Je me souviens ne pas avoir parlé pendant les 30min du retour à la maison, sonné par ce qu’il venait de se passer.

PSG-Manchester, une humiliation au Parc

Malgré une victoire 2-0 à l’aller, à Old Trafford, les Parisiens ont réussi ce soir-là l’impensable exploit de se faire sortir par une faible équipe de Manchester, alors amputée de plusieurs cadres. 
Ce revers 3-1 fut synonyme d’élimination en 8es de finale de la Ligue des champions. Encore une fois, pour la 3e année de suite. On pensait avoir touché le fond avec le Barça 2 ans plus tôt, mais en fait non. Ok, Neymar était absent et Cavani, un peu touché, n’est rentré qu’en fin de match. Certes, le penalty de la 90e fut plutôt sévère, voire très sévère. Mais rien ne peut justifier ce fiasco au Parc. Une partie de l’équipe mancunienne était constituée de gamins, des joueurs sans expérience au très haut niveau européen. De ternes Mancuniens, mais des Mancuniens vaillants, qui ont profité des erreurs parisiennes, des trop nombreuses erreurs parisiennes, pour s’imposer. Ce soir là, on a eu l’impression d’un club pas motivé, qui préférait donner le bâton pour se faire battre, sans apprendre des erreurs du passé. 
L’image du club en LDC, déjà salie 2 ans plus tôt, en pris un coup. Le PSG arrivera-t-il un jour à se hisser au moins dans le dernier carré ? Est-ce la fin d’un cycle pour certains joueurs ? Tant de questions se sont posés après cet échec.

Un Euro qui passe à côté pour une erreur d’arbitrage

La France était tombée sur os ce soir-là à Saint-Denis. Depuis l’Euro 2000, la France n’avait plus remporté de titre majeur, et l’équipe de Didier Deschamps n’a pas réussi ce jour-là à lui en offrir un. 
Pourtant, avec la même équipe que lors des derniers matchs, la bande à Deschamps n’avait pas tardé à enflammer le stade. Archi-dominateurs, face à une équipe portugaise peu fringante à l’image de son parcours jusqu’en finale, les Bleus ne sont jamais arrivés à trouver la faille. Alors même que Cristiano Ronaldo, blessé, quittait les siens, les Français continuaient de pousser. Le retour des vestiaires fut la copie conforme de la première mi-temps, avec une domination sans partage de l’équipe de France. Mais à la fin du temps réglementaire, le score restait nul et vierge. 
Durant la prolongation, la 3e pour la Selecçao et la première côté tricolore, le Portugal finissait très fort et prenait le pas sur les Bleus. Après 2 occasions, Eder ouvrait le score. Mais une erreur d’arbitrage entacha cette action. En effet, quelques minutes plus tôt, Laurent Koscielny prenait un carton jaune pour une faute inexistante, et son marquage sur Eder en a pris un coup. Sans doute aurait-il défendu différemment sur ce tir croisé de 25m du buteur portugais…
Malgré une fin de match où les Français ont pressé jusqu’au bout, c’est le Portugal qui remporta cette 15e finale de l’histoire de l’Euro. 

Un Tour de France pour un Français ?

On avait presque oublié qu’il était vulnérable, ce génie de Thibaut Pinot. Pendant quelques jours, on ne pouvait l’imaginer qu’en jaune sur les Champs. Mais le sort en a décidé autrement. Thibaut Pinot a abandonné la route du Tour lors de la 19e étape entre Saint-Jean de Maurienne et Tignes, victime d’une déchirure musculaire à la cuisse gauche. 
Depuis sa 3e place à 24 ans lors du Tour de France 2014, de nombreux espoirs résidaient sur les épaules du Franc-Comtois. 
Et sur ce Tour 2019, il était peut-être le plus fort. Il l’avait montré sur les pentes du Tourmalet, et encore plus au Prat-d’Albis le lendemain, où, à la pédale, il avait lâché un à un tous les autres favoris. Il était dans la forme de sa vie, avait une équipe parfaite à ses côtés (merci David Gaudu pour la montagne) et rayonnait sur les routes françaises. Cette blessure à la cuisse a coupé tous les espoirs, les espoirs d’un Français en jaune à Paris, 34 ans après Bernard Hinault. Lui qui y croyait, qui sentait depuis les Pyrénées qu’il était « capable de le faire », tous ces rêves de victoire ont été brisés.

Mondiaux 2017, panne de caméra, panne de jambes pour Alaphilippe

L’histoire était si belle. Parti en costaud dans la dernière côte, Julian Alaphilippe était encore une fois le plus fort du peloton. Seul au monde à 3 kilomètres de l’arrivée, il filait vers un titre de champion du monde, 20 ans après Laurent Brochard, le dernier français. Et puis la panne. Plus aucune caméra, à part la caméra fixe placée sur la ligne d’arrivée. Plus personne n’a de nouvelles, on espère tous voir le Français arriver, seul, dans la dernière ligne droite. Mais ce n’est pas le cas, le premier maillot n’est pas bleu, mais rouge du Danemark.
Et personne ne sait vraiment ce qu’il s’est passé. Pendant plusieurs minutes, tout le monde y a cru, n’ayant aucune image. Sur les réseaux sociaux, l’agacement commence à monter. Où est passé Julian ? 
La réponse arrive quelques minutes plus tard, à 1 km de l’arrivée. Alaphilippe n’est plus seul, mais dans un groupe d’environ 30 coureurs. Personne ne saura comment il a été rattrapé, ni par qui, à part les coureurs peut-être. 
Julian Alaphilippe est donc privé d’arc-en-ciel (10e), et cette fin de course restera frustrante pour le cyclisme français, toujours à la recherche d’un successeur à Laurent Brochard.

Paul Lalevée
 

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