Foot, cyclisme, athlétisme, handball : Les cinq plus belles émotions de la décennie par Etienne Goursaud

Tour de France 2019 : Pinot danse au Prat d'Albis.

Ceux qui m'ont écouté dans l'excellent Vélo'Podcast tenu par Guillaume Drechsler et François-Pierre Noël vont vite savoir de quoi je parle. Mais imaginez le contexte. Une bande de potes de retour de vacances à la montagne et moi, au siège passager déléguant la conduite de ma propre voiture pour suivre cette étape sur mon smartphone. Maintenant, imaginez quelqu'un crier "Attaque de Thibaut Pinot" à quatre personnes qui ne connaissent pas grand chose au cyclisme et du coup qui ne comprennent pas pourquoi je me met dans tous mes états. Il faut dire que ce jour-là, Thibaut Pinot a été grand ! Voire même très grand. Une première mine à 7km du sommet et tout de suite les frissons. Le vainqueur la veille du Tourmalet est déchaîné. Et il va déchaîner les enfers. Un par un, tous les autres leaders vont exploser. D'abord un Geraint Thomas pas au top, puis Steven Kruijswijk avec lui, ensuite le maillot jaune Julian Alaphilippe, maillot jaune pour la première fois dans le dur. Emmanuel Buchmann puis enfin le futur vainqueur du Tour Egan Bernal. Son visage supplicié dans la roue de Thibaut Pinot restera un de mes moments forts de ce Tour 2019. Alors pourquoi cette étape et pas sa victoire au Tourmalet ? Encore une fois, ceux qui ont écouté le podcast le savent. Mais c'est la manière d'être de Thibaut Pinot qui m'a impressionné. Sa force, ce jour-là il dégageait une vraie aura. Un Français qui lâche un à un les autres favoris à la pédale sur le Tour, moi l'amateur de cyclisme que je suis et qui a vécu la période Armstrong et les Français qui ramassait les miettes, je ne pouvait qu'être le plus heureux du monde. Alors bien sûr, le Français n'a pas gagné le Tour. Mais que ça fait du bien de voir un tricolore boxer dans la cour des grands en administrant des K.O. parfois. Rendez-vous cette année ? Où plus vraisemblablement l'année prochaine malheureusement.

Mondiaux 2013 : "Teddy Tamgho pour la postérité"

La victoire d'un revenant ! Fracture de la cheville en 2011 qui ne guérit pas et de longs mois d'arrêts, très long. Puis la rédemption à Moscou, une terre décidément bien française en sport. Un concours de triple saut de légende. En cette année 2013, Teddy Tamgho petit à petit donne des gages de forme. Ses premiers 17m fin mai, les minima début juin, un titre de champion de France Elite un peu plus tard. Des gages, mais pas de quoi en faire un réel favori dans une discipline ou Taylor règne en maître et Pichardo commence à émerger. Mais la donne change en qualif où, malgré la retenue manifeste du Français, il réalise le meilleur bond des qualifications. Pas favori avant la compétition mais clairement la pancarte au moment d'aborder la finale. Une pancarte renforcée par son premier bond à 17,65m d'une facilité presque indécente. Mais Pichardo est là et prend la tête au second essai à 17,68m, tandis que Taylor est absent des débats et ne refera jamais surface. Mais le concours s'emballe et Tamgho mord de très peu deux énormes sauts, dont un peut-être au-delà de la marque mythique (18,29m) de Jonathan Edwards. Le temps de se calmer, il reprend la tête au 4e essai, avant de mordre une nouvelle fois un saut au-delà de 18m. Un concours d'une rare intensité. A l'instar de Eunice Barber, Teddy Tamgho va plier le concours sur son dernier essai. Sa course, ses bonds, le petit sourire en coin du juge au moment de lever le drapeau blanc de la validation de cet essai. 18,04m. Cette fois-ci personne n'enlèvera sa marque au Français qui prend une éclatante revanche sur le destin. 3e homme au monde à plus de 18m. Teddy Tamgho a brisé un plafond de verre. Depuis Will Claye, Christian Taylor et Pablo Pichardo ont franchi également la marque mythique. Pas un hasard !

Handbal-Mondiaux 2011 : Une étouffante victoire des Bleus

Ah ce match ! La délivrance fut à la hauteur de l'angoisse. Il est vrai qu'on s'était habitué à voir les Bleus gagner gagner et encore gagner. JO 2008, Mondiaux 2009, Euro 2010, trois finales gagnées avec une certaine maîtrise. Loin de l'angoisse qu'on va connaître lors de la finale des mondiaux 2011. Pourtant, avant d'affronter les Danois, qui connaissent une première à ce niveau, on est plutôt serein. Un parcours sans accroc et une expérience font des "Experts" les grands favoris de cette finale, pour conserver son titre. Les Bleus "maîtrisent" pendant 40-45 minutes, mais la machine se dérègle. Niklas Landin, dans les cages danoises, fait un malheur et écoeure un à un les Français, tandis que Thierry Omeyer n'arrive plus à faire le moindre arrêt. Mikkel Hanse, qui se révèle au monde entier, enquille et le meilleur gardien de tous les temps est en panne et les Danois grignotent. Karabatic pense donner la victoire aux Bleus, d'une inspiration fabuleuse à 45 secondes du terme. Mais Bo Spelergerg, sur un coup franc parfaitement négocié (on s'attendait tous à voir Hansen tirer) envoie les deux équipes en prolongations. Un scénario de fou, d'autant que les Bleus sont en infériorité. Mais les Danois font l'erreur de laisser le ballon aux Français. Premier tournant ! Le second est le réveil de Thierry Omeyer qui prouve là son mental exceptionnel en réalisant une superbe parade juste avant la mi-temps. Egalité ! OUF ! Les Danois ont laissé passer leur chance et s'inclinent 37-35. Une des plus belles finales de l'histoire de la compétition ! Tout y était, le jeu, l'intensité le suspense... et la victoire finale des Bleus !

Tour d'Espagne 2014 : La rédemption d'Alberto Contador 

Sa chute lors du Tour de France 2014 me restera à jamais en travers de la gorge. Plus fort que jamais, il était un des grands favoris de cette édition. Enfin capable de battre Chris Froome, enfin à la hauteur de ses ambitions. Mais le duel n'aura jamais lieu, les deux abandonnant avant même la haute montagne. Trait de fracture du tibia. Alors le fait qu'il s'aligne sur la Vuelta 2014 est déjà une bonne nouvelle. Mais dans quel état et en quelle condition? A ce moment-là, on se dit qu'une victoire d'étape serait vraiment une superbe performance. Alors le voir au niveau des meilleurs est une excellente nouvelle pour ses fans. D'autant que le vainqueur du Giro Nairo Quintana se met hors-jeu sur deux chutes en deux jours. Alejandro Valverde et Joaquim Rodriguez un ton au dessous, le duel Froome/Contador peut se reformer. Et pour la première fois, lors de la 14e et la 20e étape, l'Espagnol estoque l'Anglais ! Une superbe victoire, son avant dernière dans un grand tour. Et quelques regrets. Oui Alberto Contador avait les jambes pour aller au bout du Tour de France. Superbe émotion quand même, car la course a été magnifique de bout en bout.

Coupe du monde 2018 : Umtiti casse la démarche !

C'est dans doute le match le plus dur du chemin vers le sacre de l'équipe de France. Ce fameux "match du seum" entre la France et la Belgique, demi-finale de la coupe du monde. Ah oui les Belges nous ont poussé dans les cordes, ce match fut difficile. La Belgique et la France c'était un peu une finale avant l'heure. Les Belges ont sorti les Brésiliens et cette génération dorée a enfin eu son match référence dans une grande compétition. Fini les complexes. Cela se ressent, car les Belges mettent d'entrée une grosse pression sur les Bleus et tiennent le ballon (cette fameuse possession encore vantée par nos amis Belges). On ne sent pas l'emprise des Bleus comme on a pu la voir contre les Uruguayens en quart de finale. Mais en contre, les hommes de Didier Deschamps sont efficaces en contre et font passer quelques frissons dans la défense belge. Mi-temps : 0-0 balle au centre. Jusqu'à ce que Umtiti casse la démarche en reprenant victorieusement de la tête un corner. Déjà pressants, les Belges vont faire le siège des buts bleus. Une énorme parade (de nouveau) de Lloris et les 40 minutes les plus oppressantes de ce mondiales. Mais où, paradoxalement, les Bleus vont avoir moult occasions de tuer le match, Thibaut Courtois sauvant les Belges du KO par trois reprises. Mais faute d'avoir fait la différence, on aura souffert jusqu'au coup de sifflet final, signifiant la délivrance et la qualification en quart. Comme il y a deux ans à l'Euro, les Bleus sortent un match référence sur le plan défensif. Mais cette fois-ci, ils iront au bout de leur rêve et du notre. Pour la deuxième étoile. Pour une deuxième éternité.

Etienne GOURSAUD

 

 

  

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