Moto - Ils auraient pu écraser leur discipline : Jarno Saarinen et Renzo Pasolini

Chaque sport possède son lot de surdoués, plein de promesses, qui n’ont jamais pu convertir en palmarès l’étendue de leur talent. Les raisons sont multiples : manques de sérieux à l’entrainement, mauvais choix de carrière, blessures à répétitions… Mais en sport moto, la raison est souvent plus tragique, car nombreux sont les pilotes prometteurs à avoir trouvé la mort alors qu’ils entrevoyaient le sommet de leur carrière. C’était souvent le cas dans les années 70, quand les conditions de sécurités étaient à des années-lumière de ce que nous connaissons aujourd’hui. Il arrivait même que plusieurs champions du sport moto nous quittent le même jour, dans le même accident.
 
Ce fut le cas un dimanche de mai 1973, quand la moto de Renzo Pasolini percuta celle de Jarno Saarinen au premier virage du Grand Prix de Monza, en Italie, entrainant 13 autres pilotes dans sa chute. Saarinen meurt sur le coup, et Pasolini se fit mortellement percuter par un pilote qui ne put l’éviter…
 
Jarno Saarinen, l’étoile filante !

Le pilote Finlandais, Jarno Saarinen, a fait ses premiers tours de roues en championnats du monde moto en 1970, et a terminé 2ème du championnat du monde 250 cm3 dès l’année suivante. Comme beaucoup de pilotes de cette époque, Saarinen prend part à deux championnats du monde en même temps, dans deux cylindrées différentes. Comme si Marc Marquez participait aux courses Moto 2 et MotoGp le même week-end ! Cette formule lui convient bien : en 1972, il remporte à nouveau le titre en 250 cm3, et se classe 2ème en 350cm3 derrière Giacomo Agostini, l’actuel détenteur du plus grand nombre de titres mondiaux avec 15 unités.
 
Puis en 1973, Yamaha lui propose de passer dans la catégorie reine, les 500 cm3. Saarinen comprend alors qu’il va avoir l’occasion de démontrer son talent en allant se frotter au grand Giacomo Agostini dans la catégorie la plus puissante de l’époque. Agostini était un champion en place avec déjà 13 titres mondiaux à son actif, et Saarinen un champion en devenir.

La saison débute bien. Saarinen remporte facilement le premier Grand Prix, en France, pour sa première participation en 500cm. Un exploit que seuls trois pilotes ont réussi !  Le second Grand Prix en Autriche lui revient aussi. La confiance était donc du côté du Finlandais pour le troisième Grand Prix, mais une casse mécanique l’empêcha de faire la passe de trois. Arrive alors la 4ème course, le Grand Prix de Monza, sur les terres d’Agostini. Saarinen est déterminé. Il veut s’imposer en Italie ! Mais la suite, vous la connaissez…Très affecté par la perte de son pilote fétiche, Yamaha ne participe pas au reste de la saison.

Une trace indélébile dans les sports mécaniques !
 
Malgré seulement trois saisons passées à l’échelon mondial, Saarinen laisse derrière lui un style de pilotage qui a inspiré de nombreux pilotes par la suite. Kenny Roberts (triple champion du monde 500cm3 de 1978 à 1980) et dont le style de pilotage était jugé révolutionnaire lorsqu’il arrive aux championnats du monde en 1974, avouera qu’il a été inspiré par la technique de glisse de Saarinen. Il faut dire que le pilote Finlandais avait été à la bonne école en s’exerçant au pilotage sur glace ! Encore aujourd’hui, il est désigné par de nombreux journalistes comme le pilote moto le plus doué de tous les temps, devant des pilotes comme Mike Hailwood, Giacomo Agostini, Mick Doohan, Casey Stoner, Valentino Rossi ou encore Marc Marquez…

Saarinen laisse aussi derrière lui un prénom qui a arpenté les stands de formule 1 de 1997 à 2011 par le biais du pilote Italien Jarno Trulli, qui a été baptisé ainsi en hommage au pilote Yamaha décédé un an seulement avant sa naissance.

Un tragique accident qui a fait évoluer la sécurité

Comme en Formule 1 où il aura fallu la disparition d’Ayrton Senna, le chouchou du public, pour faire évoluer la sécurité, il aura fallu l’accident qui a couté la vie à Saarinen et Pasolini, très appréciés du public aux aussi, pour faire changer les mentalités sur les courses motos. Car c’est seulement à partir de ce moment-là que la question de la sécurité a commencé à être étudiée par les organisateurs du championnat du monde moto. Le chemin sera long pour en arriver au niveau de sécurité des circuits d’aujourd’hui. Et pourtant, les conditions de sécurité actuelles restent encore nettement améliorables. En atteste la mort de Luis Salom, décédé en 2016 sur le circuit de Barcelone, dans un virage pourtant pointé du doigt par un certain Valentin Rossi en commission sécurité depuis 6 ans. Ce virage a été supprimé depuis…

Bastien Lacoste

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