Moto - Ils auraient pu écraser leur discipline : Marco Simoncelli

crédit : Tf1.FR

Parmi les pilotes moto morts en piste ces dernières années, Marco Simoncelli était sans doute l’un des plus populaires. Son pilotage généreux et à sa tignasse digne des Jackson Five y ont joué pour beaucoup dans un milieu où un peu d’excentricité est la bienvenue.

Arrivé très jeune en championnat du monde !

Marco Simoncelli fait ses débuts en championnats du monde en 2002, en prenant part à 6 Grand-Prix en catégorie 125cm3. Ses performances ne marquent pas vraiment les esprits, mais le jeune Marco n’est alors âgé que de 15 ans. Les difficultés se confirment l’année suivante, lors de sa première saison complète, avec une modeste 21ème place au classement général, en bataillant toute la saison pour entrer dans le top 15. Toute la saison, à l’exception du dernier Grand Prix où il arrache une très belle 4ème place sur le circuit de Valence. C’est le déclic. La saison 2004 commence aussi bien que la précédente s’est terminée. Simoncelli enregistre sa première victoire en championnat du monde dès le deuxième Grand Prix de la saison, à Jerez, en Espagne, puis réussit deux pôles positions. Il termine 11ème du championnat. Les progrès se confirment encore en 2005. Il termine 5ème du Championnat du Monde 125cm3, en s’imposant à nouveau sur le circuit de Jerez. Ce bon classement lui permet de passer en 250cm3 sur une Gilera, qui n’est rien d’autre qu’une Aprilia relookée.

Des débuts compliqués en 250cm3

Marco Simoncelli fait office de géant (1m83) chez les pilotes moto. Plus grand, il est logiquement plus lourd (72kg) que la moyenne des autres pilotes (environ 65kg). Heureusement pour lui : plus les motos sont puissantes, et moins elles sont sensibles au poids du pilote. Cette nouvelle catégorie devrait donc mieux lui aller. Mais ses débuts en 250cm3 ne se passent pas comme prévu. Simoncelli ne parvient pas à monter sur le podium. Il termine 8ème du classement général. L’année suivante n’est pas meilleure avec une 10ème place au classement général. Puis, allez savoir pourquoi, Simoncelli a eu un nouveau déclic en 2008. Malgré deux abandons lors des deux premières courses, il entame une folle remontée au classement général, ponctuée de 6 victoires, et 6 autres podiums en 16 Grand-Prix. Lui offrant le titre de champion du monde 250cm3 en fin de saison ! Il remet son titre en jeu l’année suivante, mais ne parvient pas à le conserver. Il se classe tout de même 3ème du classement général. Cette saison 2009 aura également vu Marco Simoncelli prendre part à une manche du Championnat du Monde Superbike (un championnat parallèle au Moto GP, mettant en piste des motos proches de celle du commerce) en tant que pilote invité, sur une moto bien différente de sa 250cm3 (2 temps) habituelle. Il fait sensation en terminant 3ème de la seconde manche à Imola, en se payant le scalp de son coéquipier d’un jour, le grand Max Biaggi (4 fois champion de monde 250cm3 et 2 fois champion du monde Superbike).

Un bel avenir en Moto GP !

Convaincu du talent à Marco Simoncelli, Honda lui propose de passer en Moto GP en 2010, sur une moto d’usine (la meilleure spécification possible) dans l’équipe du manager italien, Fausto Gresini. Chose rare, car les pilotes débutant en Moto GP disposent généralement de matériel moins performant. Sa première saison dans la catégorie reine est prometteuse. Il termine 8ème du championnat, en réalisant une excellente fin de saison (2 fois 6ème et une fois 4ème lors des 3 derniers Grand-Prix). L’année 2011 commence aussi bien que la précédente s’est terminé, avec deux podiums et deux pôles positions, mais il ne la terminera malheureusement pas…

Un accident inévitable…

L’accident qui a couté la vie de Marco Simoncelli, lors du 17ème Grand-Prix de la saison 2011, fait partie de ces rares accidents contre lesquels les mesures de sécurité ne peuvent rien. S’il est possible de réduire les risques en aménageant les circuits ou en améliorant l’équipement des pilotes, il reste un type d’accident contre lequel nous ne pouvons rien : la percussion par un autre pilote… Alors classé 4ème, Marco Simoncelli a perdu le contrôle de sa moto, en sortant d’un virage à droite. La chute aurait dû être anodine. Mais Colin Edwards et Valentino Rossi, arrivant dans son sillage, n’ont rien pu faire pour éviter le pauvre Marco. Sous l’effet du choc, Colin Edwards en a cassé son demiguidon gauche, et s’est même déboité l’épaule.

Les images de l’accident ont choqué le monde la moto, notamment parce que Simoncelli a perdu son casque lors du choc… Nombreux ont été les pilotes à dire qu’il n’avait pas compris comment l’attache du casque avait pu rompre. Plusieurs hypothèses, notamment celle d’un revendeur AGV (sa marque de casque), ont émergé : « Simoncelli avait l’habitude de prendre deux tailles de casque au-dessus de sa taille, à cause de son épaisse chevelure. C’est pour cela que son casque a été éjecté ». Débat inutile car il semble que le deuxième choc, au niveau du thorax, eut été fatal lui aussi selon les dires des médecins. Marco Simoncelli décède quelques instants après son accident, à la clinique du circuit, à l’âge de 24 ans. Pour le Team Gresini, il s’agit d’un deuxième pilote mort en piste, après la disparition de Daijiro Kato en 2003 (voir article).

Petit frère de cœur de Valentino Rossi

Marco Simoncelli a éprouvé des difficultés à chaque changement de cylindrée. Mais il a aussi eu le déclic dans chacune des catégories qu’il a traversé. Nul doute qu’il touchait ce déclic du doigt quand il a perdu la vie en Moto GP. Il allait devenir l’un des prétendants à la victoire. Il était, en tous cas, déjà devenu la coqueluche du public, à une époque où Valentino Rossi éprouvait les pires difficultés sur la Ducati. Les fans de VR46 se retrouvaient en lui. Il faut dire que les deux hommes se connaissaient bien. Originaires de la même région d’Italie, ils étaient très amis. Marco figurait même sur certaines photos de famille du clan Rossi. « Sic (son surnom) était comme un jeune frère sur moi, si fort sur la piste et si doux dans la vie » déclara le nonuple champion du monde Italien après la tragédie. Souvenir plus douloureux : Valentino Rossi fut la seule personne autorisée par la famille Simoncelli à monter dans l’avion qui a rapatrié le corps du pauvre Marco, de Sepang (Malaisie) où il a perdu la vie, jusqu’à Coriano en Italie. Valentino Rossi, Marco Simoncelli, et le papa de Valentino Rossi.

Un papa qui reprend le flambeau !

Paolo Simoncelli, le papa de Marco, était déjà une figure du paddock quand son fils courrait. Il l’est devenu encore plus à après sa mort. Comme pour conjurer la mort de son fils, Paolo a mis sur pied une équipe moto qui a monté un à un les échelons, jusqu’à figurer maintenant en championnat du monde Moto 3. Baptisé « Sic58 » (en référence au surnom et au numéro de Marco Simoncelli), le team a été créé « pour ne pas mourir » déclara récemment le très actif Paolo, qui a également créé une fondation en hommage à son fils dont les profit sont reversés à des oeuvres caritatives. Enfin le circuit de Misano, si cher aux nombreux pilotes italiens originaires de cette région, a été rebaptisé en l’honneur du sympathique pilote de la province de Rimini.

Bastien Lacoste


 

 

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