[Rétro-Giro] : 2015, bravo e ciao Alberto (Partie 1/2)

Tour d'Italie, Giro d'Italia 2015, Alberto Contador
Alberto Contador revêt son premier maillot rose lors de la 5e étape, au sommet d'Abetone. Il sera bien difficile de lui faire perdre sa tunique. Crédit : [AFP].

L’histoire d’Alberto Contador avec le Giro d’Italia s’est conclue comme elle avait débuté : en rose sur la plus haute marche du podium. Jeune vainqueur du Tour de France en 2007, l’Espagnol tente sa chance la saison suivante sur le Tour d’Italie, puis sur sa Vuelta nationale. Il y triomphe sur les deux, devançant respectivement Riccardo Ricco et Levi Leipheimer, des dauphins qui inspirent confiance. De retour ensuite à la quête du maillot jaune, Contador parvient à le ramener à Paris deux fois de suite. Mais ses performances sur le Tour 2010 et celles de l’année qui suit, dans lesquelles on retrouve sa nouvelle victoire au Giro, sont effacées des tablettes*. A la suite de sa suspension, il parvient à décrocher deux Vuelta, mais ne dispose plus de la même adversité sur les routes de l’Hexagone, la Sky est apparue. Porté par ce qui sera son troisième et dernier succès sur le Tour d’Espagne en fin-2014, El Pistolero se lance dans une entreprise un peu folle pour 2015. L’Espagnol, alors âgé de 32 ans, veut conquérir Giro et Tour en l’espace de trois mois.

 

Non loin de la frontière franco-italienne, le Giro s’élance de San Lorenzo al Mare par son traditionnel chrono par équipes. Sur le papier, Contador est bien entouré. Son équipe Tinkoff-Saxo est complète, dispose aussi bien de rouleurs (Boaro, Paulinho) que de grimpeurs (Rogers, Kreuziger, Basso). Le collectif semble bien rodé, et le plateau pas excessivement relevé. Domenico Pozzovivo, le prometteur Fabio Aru, le malchanceux Rigoberto Uran, le new leader Richie Porte ou le vieillissant Ryder Hesjedal sont clairement des obstacles à la portée de Contador. Après seulement cinq étapes, le voilà déjà leader du général, au sommet d’Abetone. Il possède un matelas d’une minute vingt sur Uran. Fabio Aru a le mieux suivi la trace de l’Espagnol, et figure à la deuxième place, à deux secondes.

Mis au sol par une chute dans les 500 derniers mètres de la 6e étape, Contador se relève mais a du mal à appuyer son bras gauche sur le guidon. Un bras qu’il ne bouge pas sur le podium, il ne peut pas enfiler son maillot rose, conservé au bénéfice de la règle des 3 derniers kilomètres. Douleur envolée quarante-huit heures après, dans l’ascension de Campitello Matese, où il tient sans problème la roue de Fabio Aru. Il grignote ses adversaires dans la plaine et dans les bosses, comme sur la 12e étape, où le seul Monte Berico de Vicenza (1,2km à 7%) lui suffit pour reprendre 14 secondes à Aru. A l’aube des Dolomites, ils ne sont plus que deux à rester sous la minute de retard par rapport au Pistolero. Ce sont les deux Astana, Mikel Landa et son leader sarde Aru. Mais un nouveau coup du sort inverse la situation.

Giro 2015, Tour d'Italie, Alberto Contador
A Valdobiaddene, Contador réalise un excellent contre-la-montre. Il reprend le maillot rose et fait reculer ses principaux adversaires. Crédit : [CyclingWeekly].

Sous la pluie, l’étape 13 réserve à Contador un final malheureux. Il est de nouveau tombé. Or cette fois, la banderole des trois kilomètres est…quelques 200 mètres plus loin. Le temps de retrouver son vélo dans l’entassement de machines causé par la chute, le voilà qui concède trente-six secondes à Aru. L’Italien revêt le maillot rose. Pour quelques heures. A la manière de Romain Feillu, malheureux porteur du jaune sur un contre-la-montre, Fabio Aru s’attaque sans filet à un chrono de 60 bornes, vallonné qui plus est, une distance et un profil sur lesquels excelle Alberto Contador. Et effectivement, seuls Vasil Kiryienka et Luis Leon Sanchez sont plus rapides que lui. Il tape du poing sur le général. Aru est relégué à 2’30’’, Amador grimpe sur la boîte grâce à son chrono, Uran est quatrième et au-delà des quatre minutes. Sans avoir encore grimpé un seul col de haute montagne, El Pistolero a fait la différence et va ensuite jouer une partie d’échecs en soliste à la Kasparov.

 

* Suite à un contrôle anormal au clenbutérol, tous ses résultats des saisons 2010 et 2011 furent annulés et il fut suspendu quelques mois en 2012.  

Mathéo RONDEAU

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