[Retro Giro] : Les sprinters italiens #2 : La génération actuelle

Depuis Mario Cipollini et Alessandro Petacchi, qui reprend le flambeau du sprint italien ?

Ce 8e épisode du Retro-Giro est consacré aux sprinters italiens d’aujourd’hui. Ces coureurs, qui s’engagent à plus de 70 km/h sur les tous derniers mètres d’une étape, font partie d’une caste, une caste à part dans le peloton. Mais dans le pays des pâtes et des pizzas, il n’y a guère de grande tête dominante qui ressort, à part peut-être Elia Viviani. 


Aujourd’hui, les sprinters italiens ont déjà du mal à s’exporter hors de leurs frontières. Leur tour national, le Giro, est donc leur terrain de jeu favori, et leurs routes l’endroit où ils s’expriment le mieux. 3 sprinters sortent du lot : Giacomo Nizzolo, Sacha Modolo et Elia Viviani. 

Giacomo Nizzolo est né le 30 janvier 1989. Commençant sa carrière en 2011 au sein de l’équipe Leopard Trek, des frères Schleck, il évolue jusqu’en 2019 dans cette équipe, même si elle changea de nom (Trek-Segafredo de 2016 à 2018). Et c’est sous ces couleurs qu’il remporta le maillot rouge de meilleur sprinter du Giro, en 2015 et 2016. Exploit qu’il réalisa en ne remportant aucune étape, mais en finissant toujours placé lors des arrivées massives. Ces années là, ses adversaires étaient en grande partie d’autres italiens, comme Modolo.


C’est donc de Sacha Modolo que nous allons parler désormais. Originaire de Conegliano en Vénétie, Sacha a vécu son heure de gloire italienne en 2015, lorsqu’il remporta 2 étapes, au nez et à la barbe de Nizzolo, Viviani ou encore Greipel. Aujourd’hui dans l’équipe Alpecin-Fenix, où roule également Mathieu Van der Poel, il a effectué une grande partie de sa carrière dans des équipes italiennes, en particulier au sein de la regrettée Lampre. Ses 46 victoires professionnelles sont pour la plupart sur des courses de seconde zone (8 étapes en 2 éditions sur le Tour of Qinghai Lake), mais le sprinter de 32 ans reste un candidat sérieux sur ses routes natales, mais également lors d’arrivées en petit comité. 


Pour finir, Elia Viviani. Sans doute celui qui représente le mieux le sprint italien aujourd’hui.  Vainqueur d’étape sur les 3 Grands Tours (1 étape sur la Grande Boucle, 5 sur le Giro et 3 sur la Vuelta), Elia Viviani a également la particularité d’avoir été titré sur la piste, aux JO de Rio sur l’omnium en 2016. Parmi les grands sprinters des 5 dernières années, Elia Viviani a sa place, autour des Fernando Gaviria, Dylan Groenewegen ou encore Caleb Ewan. Le sprinter arrivé chez Cofidis pour la saison 2020 est une valeur sure du peloton, et ses 4 victoires lors du Giro 2018 l’attestent. A voir si il confirme au sein de l’équipe nordique, où il est arrivé pour leur faire franchir un cap, et rejoindre le World Tour. 

Mais autour de ses 3 « leaders », l’Italie possède tout de même quelques sprinters capables de coups d’éclat. Le puncheur-sprinter Sonny Colbrelli joue souvent placé mais rarement gagnant, peut s’exprimer sur de nombreux terrains, et pourquoi pas en claquer une un jour ? Dans le même profil, Davide Cimolai. L’ancien coéquipier d’Arnaud Démare au sein de la FDJ roule aujourd’hui chez Israël Cycling Academy, mais son style un peu passe partout lui permet même de remporter des classements généraux, comme celui de la Vuelta a Castilla y Leon en 2019. 
Mais un sprinter, ça se reconnaît par ses grosses cuisses, et ses difficultés dès que la route s’élève. Cipollini et Petacchi étaient d’ailleurs souvent raillés pour ne pas finir les grands tours, en les quittant dès que ce n’était plus plat. Dans la continuité de ces 2 grandes idoles du cyclisme italien, voici 2 sprinters peu connus sur nos routes, mais qui ont fait leurs armes sur des routes de seconde zone : Matteo Moschetti et Jakub Mareczko. Moschetti est le plus jeune des 2 (23 ans, contre 26), et sans doute le plus prometteur. Au sein de la Trek-Segafredo, il a en début d’année 2020 remporté 2 courses espagnoles, devant des sprinters confirmés comme Pascal Ackermann ou Andrea Pasqualon. Jakub Mareczko s’est dès le début de sa carrière fait une spécialité : courir en Chine en fin de saison. Et le Tour of Taihu Lake est devenu sa propriété, avec 18 victoires d’étape depuis 2015 et 2 classements généraux. Mais à l’aube de la saison 2019, et afin de passer un cap, il avait rejoint la formation CCC, pour rêver plus grand que les courses 2.1 de l’Asia Tour. 

Chez nos voisins italiens, la succession tarde à venir. La période faste Cipollini-Petacchi (1991-2015) attend toujours un véritable héritier, Elia Viviani ayant déjà 31 ans et ses belles années sont sans doute déjà derrière lui. A voir de quoi la nouvelle génération des sprinters italiens sera faite.

Paul Lalevée

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