[Rugby] - Biarritz Olympique, à jamais les premiers

Rugby, Top 14
Pour la première édition du Top 14, c'est une monstrueuse équipe du Biarritz Olympique qui triomphe au Stade de France, écrasante vainqueur de Toulouse (40-13). Crédit : [IconSport].

C’est une terre indéniablement folle de rugby, motivée par des rivalités géographiques depuis des décennies. Anglet, Bayonne, Biarritz, Mauléon, Saint-Jean-de-Luz, les équipes historiques ne manquent pas en Pays basque français. La relation de la région avec le ballon ovale fut évidemment bercée par la confrontation entre l’Aviron bayonnais et le Biarritz Olympique, deux clubs champions de France de première division à huit reprises. Des formations aux stades séparés par moins de cinq kilomètres, aux publics endiablés, se sont affrontées à 111 reprises depuis 1908, une seule fois en finale de championnat (1934). Si l’Aviron domina d’abord le BO au nombre de titres, en décrochant trois jusqu’à 1943, son voisin su écrire une nouvelle page de son histoire avec un renouveau en deux parties : d’abord avec l’idole d’Aguiléra Serge Blanco, puis sous la présidence du regretté Marcel Martin. Une période située à cheval entre le XXe et le XXI siècle, qui vit le Biarritz Olympique décrocher à trois reprises le Bouclier de Brennus (2002, 2005, 2006).

 

Deux premières victoires acquises dans le Top 16, dont une au terme d’une incroyable finale contre le Stade Français, conclue en prolongations (37-34). Et une ultime, la cinquième et dernière du palmarès, obtenue à la suite de la toute première saison de l’histoire du Top 14. Jean-Baptiste Gobelet se souvient « surtout d’une saison très longue, où on jouait sur deux tableaux avec la Coupe d’Europe et le championnat ». Malgré un effectif pléthorique, le club doit en effet enchaîner les déplacements à Brive, Trévise, Bourgoin ou Belfast. Et ça lui réussit. Le BO termine la saison régulière en tête de son épreuve nationale et de la compétition européenne. Il reste néanmoins les rencontres les plus importantes, dont une finale de HCup, après l’élimination de Sale puis de Bath à San Sebastian. Cette finale, « c’était un match, au Millenium de Cardiff, face au Munster qui n’avait jamais gagné la Coupe d’Europe. Il y avait une ambiance indescriptible, folle. On perd de peu, c’est un match qui aurait pu tourner en notre faveur », estime Gobelet. Biarritz échoue de quatre points (19-23), battu par cette équipe légendaire du Munster, sa première ligne Horan-Flannery-Hayes ou sa mythique charnière Stringer-O’Gara.

Rugby, Top 14, HCUP, Biarritz-Munster 2006
Sous les yeux de Serge Betsen, le demi-de-mêlée irlandais Peter Stringer inscrit un essai pour le Munster, qui remportera la HCup aux dépends du BO. Crédit : [GettyImages].

Pour l’ailier du BO, « cette défaite, elle a fait mal.  Une finale c’est toujours dur à digérer ». Il faut pourtant se remobiliser, car deux semaines plus tard, les Basques sont à Montpellier pour les demi-finales du Top 14. Une partie très serrée contre Perpignan, menée à la baguette par la botte de Julien Dupuy, unique scoreur pour Biarritz (victoire 12-9). Pour la deuxième fois de suite, la troisième en cinq ans, les hommes de Patrice Lagisquet atteignent le Stade de France et la finale du championnat. Face au Stade Toulousain, ce sont des deux plus beaux effectifs du Top 14 qui s’affrontent. Entre autres, Thion, Betsen, Harinordoquy, Yachvili, Traille pour le BO, Pelous, Maka, Michalak, Jauzion, Clerc pour le Stade. « Jusqu’à la mi-temps, c’était très serré (9-6 pour le BO). Et ça s’est déverrouillé en seconde mi-temps » explique Jean-Baptiste Gobelet, présent sur la pelouse. Peu après le retour des vestiaires, l’ailier inscrit le premier essai de la rencontre, servi par Damien Traille après une percée dans l’axe. « Et ensuite, il y a eu un enchaînement d’essais, tout nous réussissait », à l’image de la course fulgurante de Sireli Bobo, ou du plongeon petit côté de Benoît August.

 

C’est une correction. Le Stade Toulousain est fessé 40-13 par ce qui ressemble sans doute à la plus belle équipe de l’histoire du Biarritz Olympique. « Le fait de gagner largement et de pouvoir profiter vingt minutes avant la fin du match, c’était un gros soulagement » avoue Gobelet, qui décroche le second Brennus de sa carrière.

Le club n’atteindra plus les sommets. Certes toujours régulier jusqu’en 2011, où il atteindra deux fois les phases finales de Top 14 et une fois la finale de HCup (la revanche de Toulouse en 2010), le BO entamera sa descente aux enfers. Deux fois neuvième du classement en 2012 et 2013, il est cette fois bon dernier en 2014, condamné à la relégation en Pro D2, accompagné de l’USAP. Suivi à la trace par son voisin bayonnais, qui le rejoint la saison suivante au sein du second échelon du rugby pro français. La spirale négative se poursuit, un triste enchaînement pour tout fan de ce sport, avec le départ des dernières légendes, les multiples réprimandes de la DNACG et les projets de fusion avec l’ennemi Bayonne. Sans mauvais jeu de mot, les supporters des deux camps s’estimèrent logiquement pris pour des jambons.

Depuis, on entend malheureusement beaucoup plus parler des problèmes financiers du BO (quoique) et de son président (du directoire) Jean-Baptiste Aldigé que des performances d’une équipe séduisante sur le papier, mais qui ne parvient pas à jouer tout en haut du tableau de Pro D2. Hélas, on parle bien de la première équipe à avoir remporté le Top 14, il y a quatorze ans.   

 

Retrouvez l’interview de Jean-Baptiste Gobelet en intégralité demain et jeudi sur A travers le sport. 

 

Mathéo RONDEAU

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