Bill Russell, une légende parmi les Celtics

NBA - Cette rubrique sur les légendes de la NBA est consacrée à des MVP de saison régulière, qui ont fini leur carrière. Des joueurs comme Patrick Ewing, John Stockton ou encore Scottie Pippen, pourtant 3 légendes du jeu, ne peuvent figurer dans cette rubrique.

Le trophée de Most Valable Player (MVP) est une récompense attribuée chaque année par la NBA au meilleur joueur de la saison régulière. Le trophée est décerné pour la première fois lors de la saison 1955-1956. Jusqu’à la saison 1979-1980, le MVP est désirée par les votes de joueurs de la ligue. Mais à partir de la saison suivante, le modèle change : les votants sont issus d’un panel de journalistes sportifs et de commentateurs américains et canadiens.

Petit point histoire : avant la saison 2016-2017, le nom du MVP était régulièrement annoncé à la fin de la saison régulière, lors du 2e tour des Playoffs. Depuis, l’ensemble des récompenses sont remises en juin, lors des NBA Awards, après les Finals. Et jusqu’en 2016 et l’élection de Stephen Curry, aucun joueur n’avait été élu à l’unanimité, même si le Shaq et LeBron James s’en sont très fortement rapprochés, échouant à une petite voix de l’unanimité.

 

 

Bill Russell

 

 

Bill Russell, et toutes ses bagues (Crédit : slamonline.comDR)

 

 

Sans doute l’un des plus grands gagnants du sport américain. 5 fois MVP et 12 fois All Star, Bill Russell fut la pierre angulaire de l’équipe des Celtics de Boston qui remporta 11 titres NBA en 13 ans entre 1957 et 1969. Pour beaucoup, Bill, de son nom complet William Felton Russell, est considéré comme le meilleur défenseur de l’histoire de la NBA.

Le natif de Monroe en Louisiane n’est pas si grand pour un pivot, avec ses 2,08 m, mais son sens du rebond, du contre et de la défense sur l’homme ont fait de lui l’un des tous meilleurs défenseurs de l’histoire.

 

Sa jeunesse difficile, avec la perte à 12 ans de sa mère dont il était très proche, a forgé le jeune Bill. Le virus du basket-ball atteint le jeune garçon dès le plus jeune âge, mais il n’arrive pas à assimiler les fondamentaux. Quand on se pose aujourd’hui, on se dit que c’est fou : Bill Russell, l’un des tous meilleurs joueurs de tous les temps, qui n’arrive pas à comprendre comment bien jouer ? Mais heureusement, en fin de lycée, il commence à se révéler, et c’est là qu’apparaît son aptitude pour la défense. Ignoré par une grande partie des recruteurs universitaires, Bill vit un tournant dans sa vie de jeune homme grâce à Hal DeJulio, de l’université de San Francisco. Ce dernier lui offre une bourse, et le jeune jure alors de tirer le meilleur parti de son talent, afin d’échapper à la pauvreté et au racisme, 2 fléaux dont il est victime depuis sa jeunesse. Il intègre l’équipe de l’université de San Francisco, entraînée par Phil Woopert en 1953, où il rencontrera de nouveau des problèmes de racisme. En 1954, lors d’un tournoi à Oklahoma City, les hôtels refusent d’héberger les joueurs noirs. En geste de protestation, tous les joueurs de l’équipe décide de dormir dans un dortoir universitaire, expérience qui renforça l’esprit de camaraderie. En revanche, sur le terrain, tout était plus plaisant pour le pivot. En 1955 et 1956, il mena les San Francisco Dons à 2 titres de championnat universitaire NCAA, et utilisa son manque de corpulence pour développer un style unique de défense : au lieu de marquer uniquement le pivot adverse, il utilisa sa rapidité et sa vitesse pour aider ses coéquipiers, ce qui lui permis donc de contrer à foison. Au cours de sa carrière universitaire, Russell enregistra une moyenne de 20,7 points et 20,3 rebonds, et sa domination fut telle que la NCAA doit instituer plusieurs règles, comme élargir la raquette pour obliger les pivots à jouer plus loin du panier, ou l’interdiction de toucher le ballon dans sa phase descendante en attaque.

 

Quand Bill se présente à la draft NBA de 1956, Red Auerbach le veut. L’entraîneur des Boston Celtics fait un réel pari avec Bill, car à l’époque, la valeur d’un joueur se mesure d’abord à ses qualités offensives, et non les qualités défensives. Mais avec leur 7e choix, les Celtics savent que l’opération risque d’être compliquée. A la suite de plusieurs échanges, Auerbach réussit à récupérer Russell, K.C. Jones et Tom Heinsohn, qui deviendront 3 futurs Hall of Famers, un coup de maître réalisé par le mythique coach vert.

 

 

L'arrivée en NBA

 

Lors de sa première saison, Russell s’impose déjà comme le meilleur rebondeur de la ligue, avec 19,6 prises en moyenne sur ses 48 premiers matchs. Grâce à « Billou », les Celtics, qui avaient déjà un bon effectif, peuvent poser les fondations de ce qui deviendra l’une des plus grandes équipes de basket-ball de tous les temps. En 1957, Russell et ses coéquipiers renversent les Syracuse Nationals, puis les Hawks de Saint-Louis de Bob Pettit, pour remporter leur premier titre NBA. Sa 2e saison, Bill sera encore une fois meilleur rebondeur, mais également meilleur joueur de la NBA alors qu’il n’a été élu que dans la 2e meilleure équipe de la ligue. Cette situation sera récurrente dans sa carrière et s’explique par le fait qu’il est le joueur le plus précieux de son équipe, mais que d’autres pivots sont plus complets que lui. Bill blessé une partie des Finals, c’est l’équipe de Bob Pettit qui triomphera, et l’année suivante, le pivot des Celtics revient avec encore plus d’envie. Les Celtics battent le record du nombre de victoires, 16,7 points et 23 rebonds de moyenne pour le pivot, et sur les 7 années suivantes, Russell captera à chaque fois plus de 23 rebonds de moyenne. En battant les Minneapolis Lakers, Bill reconquiert la couronne, sa couronne.

 

La saison 1959-1960 marque les débuts dans la NBA de son rival Wilt Chamberlain. Les affrontements entre ces 2 légendaires pivots tourneront à l’avantage de Russell, qui sera une nouvelle fois sacré champion NBA. Bis repetita la saison suivante, toujours en battant les Hawks en Finales. En 1962, il est élu MVP malgré les 2 saisons monumentales d’Oscar Robertson (triple-double de moyenne sur la saison) et de Wilt Chamberlain (50 points de moyenne par match et le match à 100 points). Les Celtics remporteront une nouvelle fois les finales, face aux Lakers de Los Angeles cette fois-ci, avec une énorme performance de Bill au match 7, avec 30 points et 40 rebonds. Les 2 saisons suivantes, l’équipe du Massachusetts remportera de nouveau le titre NBA, face aux Lakers (4-2) puis face aux Warriors de San Francisco (4-1). Avec ces 2 nouvelles victoires, les Celtics deviennent, avec 6 titres consécutifs, la première franchise de sport professionnel américain à réaliser une telle performance.

 

Pour le début de la saison 1965-1966, Bill Russell signe un nouveau contrat, pour devenir, pour 1 dollar de plus, le joueur le mieux payé de la ligue devant Chamberlain. En fin de saison, le désormais classique Celtics-Lakers est de nouveau au rendez-vous de la finale NBA. Et encore une fois, Boston s’imposera en 5 matchs. L’année suivante, pour la première fois depuis 7 saisons, Bill prendra moins de 23 rebonds. Il retrouve les Lakers en finales, et cette fois-ci, les Celtics auront besoin de 7 matchs pour s’imposer, avec un Russell énorme lors du dernier match (25 points et 32 rebonds). Russell devient alors le joueur le plus titré de NBA avec 9 titres, dont 8 consécutifs. Après ce nouveau titre, le mythique coach Red Auerbach décide de se retirer, et Russell se transforme en  entraîneur-joueur, et devient alors le premier Afro-américain à devenir entraîneur principal d’une équipe NBA. Et cette année-là, les Sixers, emmenés par Chamberlain, battront la bande à Russell en finales. L’année suivante, au sortir d’une saison régulière dominée par Wilt et les siens, les Celtics l’emporteront, avec un pivot qui reste encore l’élément majeur de sa franchise à 34 ans. Mais les évènements autour de lui (mort de Martin Luther King puis de Robert Kennedy) le poussent à réfléchir sur sa nation, la nation américaine. Et forcément, son implication dans le basket en est impactée, il rate des entraînements, malgré sa promesse au recruteur de l’université de San Francisco. En fin de saison, le natif de Monroe, qui joue et coach en même temps sur le terrain, fait face aux Lakers, renforcés par l’arrivée de Chamberlain. Les Celtics ne sont pas favoris, mais ils déjoueront les pronostics pour s’imposer et Russell remporte son 11e titre. Suite à cette victoire, Bill met un terme à sa carrière et rompt tout lien avec les Celtics. Personne n’avait vu venir cette retraite, sauf les journalistes de Sport Illustrated qui avait eu l’exclusivité de la nouvelle.

 

Après sa carrière de joueur, l’ancien pivot de la maison verte essaye d’être entraîneur, mais ses différents essais se soldent par des échecs cuisants pour lui, l’un des plus grands gagnants de l’histoire du sport.

 

Bill Russell est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire de la NBA, et seul un joueur, Kareem Abdul-Jabbar, le devance au nombre de trophées de MVP. En 2009, la NBA honore l’une des légendes de son sport, en nommant le trophée du meilleur joueur des NBA Finals « Bill Russell NBA Finals Most Valuable Player Award ».

 

Paul Lalevee

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