[Cyclisme] - Kenny Elissonde "plus fort qu'en 2013" [Interview]

Kenny Elissonde, Trek-Segafredo
Ici au départ du Tour Down Under en tout début de saison, Kenny Elissonde n'a pas encore beaucoup eu l'occasion de rouler sous ses nouvelles couleurs. Crédit : [RideMedia].

Il fait partie des rares coureurs tricolores du peloton actuel à rouler sous bannière étrangère. Kenny Elissonde, le grimpeur de poche (1,69m, 52kg) de 28 ans, aujourd’hui chez Trek-Segafredo, a eu la gentillesse de répondre à nos questions. Révélé aux yeux du monde du cyclisme suite à son incroyable succès au sommet du mythique Angliru sur la Vuelta 2013, le natif de Longjumeau en région Parisienne est passé d’un rôle souvent libre chez FDJ à celui d’équipier de luxe dans des formations anglo-saxonnes. D’abord au sein de l’armada Sky, durant trois saisons aux côtés des vainqueurs de Tour de France Chris Froome, Geraint Thomas ou Egan Bernal. Puis, depuis le début de l’année 2020 dans la formation américaine du dernier vainqueur du Tour de Lombardie Bauke Mollema. Il y fait équipe également avec Richie Porte, Vincenzo Nibali ou le champion du monde Mads Pedersen.

S’il reconnaît avoir certainement perdu du statut populaire qu’il avait pu obtenir après de solides résultats personnels, Kenny Elissonde ne regrette en rien ses choix et garde de sérieux objectifs pour la suite.  

 

« - Quels auraient du être vos objectifs cette saison ?

 

Mes objectifs auraient été en premier temps de bien m’adapter à l’équipe. Et puis de bien épauler Richie (Porte) sur ses objectifs. Nous discutions également d’un éventuel doublé Giro- Tour. Pour pouvoir également venir en aide à Vincenzo (Nibali) sur le Giro.

 

- Vous comptiez trouver plus de libertés chez Trek que chez Sky/Ineos, vous a-t-on donné des objectifs perso de victoires d’étapes ou de classement généraux ?

 

Oui. Je pensais toujours faire mon travail pour mes leaders en montagne dans le dernier col, mais peut-être de temps en temps avoir carte blanche sur une étape bien ciblée et prendre du plaisir à l’avant de la course.

 

- Vous quittez les Froome, Thomas, Kwiatkowski pour les Nibali, Mollema, Porte. Sentez-vous une atmosphère différente chez Trek-Segafredo ?

 

Oui l’atmosphère est différente, chaque équipe est différente, chaque leader est différent, ce qui fait la beauté du cyclisme. Et pour un coureur comme moi, c’est d’épauler plusieurs très grands leaders et de voir leurs façons de travailler qui sont différentes et ainsi de me rendre compte qu’il y a plusieurs chemins pour arriver au meilleur niveau. Expérience très enrichissante. 

 

- 6 ans après l’Angliru, 3 ans après l’Aubisque, vos principaux fait d’armes, pensez-vous être plus fort, avoir progressé ?

 

Pour être tout à fait honnête avec vous, mes principaux fait d’armes pour le grand public sont sûrement L’Angliru (il remporte la 20e étape de la Vuelta 2013 au sommet), ou même l’Aubisque (il termine deuxième de la 14e étape de la Vuelta 2016, derrière Robert Gesink, au sommet du col pyrénéen) car nous parlons ici  de résultat personnel brut.

Mais entre temps, les performances collectives où j’ai pu être le dernier homme pour lancer Froomie dans le Finestre pour qu’il remporte le Giro (19e étape Giro 2018) ou Egan (Bernal) sur le Tour de Suisse valent plus sportivement parlant qu’une échappée victorieuse. Cela peut paraître fou à entendre. Alors oui, je me sens beaucoup plus fort qu’en 2013. Mon rôle à juste tout simplement évolué dans un rôle un peu moins flashy pour le grand public. 

Kenny Elissonde, Trek-Segafredo
Il y a plus de six ans, Kenny Elissonde remportait une victoire d'étape unique sur la Vuelta, au sommet d'un col mythique, l'Angliru. Crédit : [AFP].

- Le fait de travailler dans une structure 100% française ne vous manque-t-il pas ?

 

Non cela ne me manque pas, cependant j’ai beaucoup d’amis dans les équipes françaises, et elles sont très performantes également. Pour le moment, j’aime le mélange culturel et les différentes méthodes de travail que m’apportent les équipes étrangères. C’est enrichissant du point de vue de l’expérience.

 

- Quelles sont les différences de travail entre la FDJ et Sky ou Trek ?

Les différences se trouvent au niveau de l’entrainement ou certaines cultures de travail, d’alimentation, etc. J’ai eu la chance de travailler avec certains des meilleurs entraineurs du monde, notamment l’école de Fred Grappe avec mon ami et entraineur depuis l’enfance et frère de Thibaut Pinot, Julien Pinot, sans qui je n’en serais pas là aujourd’hui. Et puis Tim Kerisson chez Sky, qui a fait gagner le Tour de France à Wiggins, Froome ou encore Thomas. Maintenant chez Trek il est trop tôt pour réellement porter un jugement sur les méthodes de travail car je n’ai fait que deux courses avec l’équipe et seulement un  stage. »

Mathéo RONDEAU

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