Kareem Abdul-Jabbar, le plus grand des grands !

Le "Sky Hook" de Kareem Abdul-Jabbar

Le "Sky Hook" de Kareem Abdul-Jabbar

Longue mais dense. C’est comme cela que l’on pourrait définir la carrière de Kareem Abdul-Jabbar. Souvent surnommé “Le plus Grand des Grands”, Abdul-Jabbar est un des joueurs les plus emblématiques de l’histoire de la NBA. De part son influence sur le jeu, son palmarès, son record de point en carrière et son rôle social, le joueur qui compte 20 saisons en NBA fait indéniablement partie des Légendes.

Né sous le nom de Ferdinand Lewis Alcindor en 1947 à New-York, le futur All-Star est un exemple de précocité. D’abord aidé par une taille hors normes de 1,86m à 12 ans pour atteindre 2,18m au bout de sa croissance, il impressionne et est envié par tous les plus grands lycées. Le basket et le poste de pivot s’imposent à lui dès son plus jeune âge de par sa taille. La taille ne fait pas tout, le jeune garçon est très adroit face au panier et en phase d’attaque qu’en position défensive. Sa grande taille l’aidant particulièrement au contre et au rebond. Déjà complet au lycée où il récolte une moyenne de 18 points pour 19 rebonds, Alcindor attire l'intérêt des plus grandes équipes universitaires. C’est à cette époque-là que sa légende se forgera. Dans un championnat universitaire NCAA relevé et très populaire outre-Atlantique. Alcindor prend la direction des Bruins de l’Université de Los Angeles. Dès sa première rencontre, il marque pas moins de 56 points. Une performance offensive qui marque, à haut niveau, le commencement d’une carrière légendaire. En 3 ans passés à UCLA, Alcindor remporte 3 championnats, et 3 titres du meilleur joueur NCAA. Difficile de faire mieux ! Il reste le détenteur du record de titres MVP NCAA consécutifs.
Pendant ses années universitaires, le géant New-Yorkais va bouleverser la façon de jouer. Sa facilité à dunker va vite énerver les défenses adverses et les observateurs. À lui seul, il va faire évoluer les règles. Ainsi, dès 1967, le dunk devient interdit en NCAA. Une mesure qui durera jusqu’en 1976. On pourrait se dire que le spectacle en prend un coup, mais cette règle va pousser le joueur à revoir son style de jeu et à inventer un nouveau geste. Le Sky Hook fait alors son apparition sur les parquets et sera de plus en plus utilisé par les pivots pour contourner par le haut les défenses adverses. Sorte de bras roulé, le geste consiste en un shoot bras tendu au-dessus de la tête tandis que le second bras sert de pare-chocs anti-défenseur. Lors des finales NBA 1974, un commentateur s’exclamait “ce tir vient de si haut, qu'il vient sans doute du ciel”.

Kareem Abdul-Jabbar aux Bucks

À son arrivée en NBA en 1969, Alcindor est choisi par les Bucks en 1ere position de la draft. Une franchise jeune et encore en construction après avoir fini dernier de la Conférence Est la saison précédente. C’est dans cette ville de Milwaukee que débute la carrière NBA de Ferdinand Alcindor. Une carrière longue de 20 saisons qui connaîtra des hauts et des bas. Une carrière, où il croisa des coéquipiers de renom sur lesquels il a su compter pour aller chercher ses 6 bagues de champions, ses 6 titres de MVP, ses 2 titres de MVP des Finales ou encore ses 19 sélections au All-Star Game. Avec un palmarès complet comme celui-ci, la légende est déjà faite. Abdul-Jabbar n’en avait pas assez, il est le détenteur du record de points marqués en NBA. 38 387. C’est ce nombre énorme qui fait entrer un peu plus le joueur dans les tablettes. Un nombre qui sera très difficile à dépasser. LeBron James est le joueur en activité le plus proche avec 34 087 points en 17 ans de carrière.
Sa carrière au Bucks débute bien avec une deuxième place au classement des scoreurs et une troisième dans celui des rebondeurs. Assez exceptionnel pour un rookie ! Comme ce sera le cas plusieurs fois dans sa carrière, c’est l’arrivée d’un lieutenant qui va lui faire passer un cap. Chez les Bucks, c’est Oscar Robertson, MVP en 1964, qui arrive en 1970 en provenance des Royals de Cincinnati, aujourd’hui Kings de Sacramento. Le nouveau meneur des Bucks saura bien s’entendre avec Alcindor. Accompagnés de leurs coéquipiers, les deux hommes vont emmener la franchise sur le toit de la NBA, et ce, seulement 3 ans après sa création. Grâce à la complémentarité du pivot et du meneur, les Bucks n’auront eu que peu de difficultés à remporter le titre, avec seulement 2 défaites en play-offs.
Après ce premier titre, Alcindor, qui s’est tourné vers l’islam au cours d’une quête spirituelle, pendant ses années universitaires, change de nom. Il s’appelle désormais Kareem Abdul-Jabbar. Quelques années après Mohammed Ali, sa popularité publique en prit un coup dans une Amérique profondément chrétienne.

Les années suivantes, se ressemblent. Les Bucks font toujours partis des meilleures équipes de la ligue, mais n’arrivent pas à se hisser tout en haut. Finale, demi-finales de conférences, ils échouent près du but. En 1975, les Bucks ne se qualifient pas en play-offs, c’est à la fin de cette saison que la carrière du joueur prend un tournant. Lui, l’enfant de la Grande Pomme rêve de jouer pour les Knicks, mais le destin fait qu’il rejoint une ville qu’il connaît bien, Los Angeles. Les Lakers l’accueillent à bras et portefeuille ouverts. Abdul-Jabbar y restera 14 saisons.

À LA Abdul-Jabbar joue avec ses “goggles”, des lunettes qui lui permettent de se protéger les yeux après plusieurs blessures. Les premières années sont très bonnes chez les Lakers, et le pivot numéro 33 réussi sur un plan personnel, mais l’équipe n’arrive pas à se placer en favorite au titre. Comme à Milwaukee, il aura fallu attendre l’arrivée d’un grand lieutenant. Et quel meilleur lieutenant que Magic Johnson ? C’est en 1979 que Magic arrive en premier choix de draft. Pour la première saison du duo, Abdul-Jabbar ne peut pas jouer tous les matchs en play-offs et laisse sa place de pivot à Magic Johnson pourtant meneur, mais mesurant 2,06m. Le rookie fait gagner le titre aux Lakers, 2e bague pour Abdul-Jabbar. Toujours avec Magic Johnson, Abdul-Jabbar remporte 4 titres de champion NBA en 82, 85, 87 et 88. En 1985, il remporte également le titre de MVP des Finales, 14 ans après avoir reçu la même récompense une première fois. Un exemple de longévité au plus haut niveau ! En 1988, le joueur a 41 ans et débute sa dernière saison NBA alors qu’il a encore un niveau impressionnant. Après avoir commencé les play-offs par 3 sweeps (victoire 4-0), les Lakers affrontent les Pistons de Detroit en finale. Malheureusement privé de Byron Scott et Magic Johnson, Abdul-Jabbar ne pourra pas porter l’équipe. Los Angeles s’incline 4-0. Abdul-Jabbar, lui, termine sa carrière sur 4 défaites, mais une acclamation historique du public de Detroit. Une icône de moins sur les parquets !

 

La vie de Kareem Abdul-Jabbar ne s’arrête pas là. Tout au long de sa carrière, il a été très impliqué de la lutte pour les droits-civiques des Afros-Américains. Déjà, dès ses années universitaires. En 1968 il décide de boycotter les Jeux Olympiques de Mexico pour ne pas avoir à représenter les Etats-Unis et de lutter contre la ségrégation. À cette époque, il se tourne également vers l’islam. Ce qui lui vaudra d’être la cible présumée d’attentats. Lors de sa 3e saison en NBA, un attaque fait 7 morts dans un lieu de culte musulman soutenu par Abdul-Jabbar. Il sera escorté par une sécurité rapprochée tout le reste de la saison lors de ses déplacements.

À l’heure où les Etats-Unis vivent une crise historique liée aux violences policières sur la communauté Afro-Américaine, Kareem Abdul-Jabbar se montre toujours présent pour montrer son soutien au mouvement. “On commence à se demander si tous les noirs ne devraient pas porter des caméras corporelles à la place des policiers.[...] Je ne veux pas voir des magasins pillés ou même des bâtiments brûler. Mais les Afros-Américains vivent dans un immeuble en feu depuis de nombreuses années, s'étouffant avec la fumée alors que les flammes brûlent de plus en plus près d’eux”.

 

Un grand sportif et un grand homme !

 

Baptiste Létang

 

 

 

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