Michael Jordan, le GOAT

 

Michael Jeffrey Jordan naît dans un hôpital dans l’arrondissement de Brooklyn le 17 février 1963. La naissance du plus grand champion que le basket ait connu. Mais la famille Jordan déménage en Caroline du Nord alors qu’il n’est encore qu’un nourrisson. Il découvre le sport en high school, et son père l’encourage à poursuivre une carrière sportive. Alors qu’il est sophomore, il essaie de jouer dans l’équipe de basket de l’école mais avec une taille de 1,80 m, il est considéré comme trop petit pour évoluer à ce niveau et est écarté de l’équipe. Quand on voit sa carrière aujourd’hui, on se dit que tout le monde fait des bêtises…

Motivé et déterminé, il devient la vedette des remplaçants de l’équipe junior, et après avoir grandi pendant l’été, une place dans l’équipe première lui est offerte.

 

 

Une carrière universitaire complète

En 1981, Michael obtient une bourse de basket-ball à l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, où il sera diplômé en géographie culturelle. Il est élu meilleur joueur de l’année de l’Atlantic Coast Conference avec une moyenne de 13,4 points par match. En 1982, il remporte le championnat NCAA face à Georgetown et Patrick Ewing. Jordan a plus tard écrit ce panier décisif comme un point important dans sa carrière de basketteur. Après avoir remporté les trophées de meilleur joueur universitaire de l’année en 1984, il arrête au bout de 3 ans d’étude pour se présenter à la draft NBA. Il est sélectionné par les Bulls de Chicago en 3e position, derrière Hakeem Olajuwon et Sam Bowie, mais devant Charles Barkley ou encore John Stockton. Bowie, sélectionné en 2e position, restera comme l’un des pires choix de l’histoire, en particulier à cause des blessures ayant entaché sa carrière. Le choix de Bowie est cependant logique sur le papier pour Portland, la franchise ayant sélectionné un arrière la saison précédente. Après la draft, Michael remporte la médaille d’or aux J.O. d’été de 1984 constituée entre autres des meilleurs universitaires. Jordan retourne ensuite à l’université de la Caroline du Nord à Chapel Hill en 1986 pour obtenir son diplôme.

 

Crédit photo : Getty Images

 

L’arrivée et le début de carrière en NBA

Dès son arrivée en NBA, Michael Jordan se fait remarquer. Une première saison à 28,2 points, on n’avait pas vu une moyenne aussi haute pour un rookie depuis Kareem Abdul-Jabbar en 1970. A peine un mois après ses débuts professionnels, ses performances lui permettent d’apparaître en couverture de Sports Illustrated avec le titre « A star is born » (« Une étoile est née). Il est élu par les fans pour participer au All-Star Game, mais plusieurs jours vétérans, emmenés par Isiah Thomas, évitent de lui passer le ballon. Jordan prend alors sa revanche opposant ses Bulls face aux Pistons de Thomas, en inscrivant 49 points. Mike reçoit le prix de Rookie of the Year, mais Chicago perd au premier tour des Playoffs.

La saison suivante, une fracture du pied lui fait rater 64 matchs. Il reviendra en fin de saison, et ce sera suffisant pour rejoindre le premier tour des Playoffs. Malgré un record qui tient toujours de 63 points dans un match, les Celtics ne laisseront aucun match à Jordan et les siens.

Lors de la saison 1986-1987, il tourne à 37,1 points par match. Durant cette saison, en 82 matchs joués, il inscrit 37 fois 40 points ou plus dont 8 fois plus de 50 points et 2 fois plus de 60 points avec une série de 9 matchs consécutifs à 40 points ou plus. Jordan remporte un grand succès, mais les Celtics battront encore 3-0 les Bulls au 1er tour des Playoffs.

 

Les Playoffs et les Pistons

1er titre de MVP à la fin de la saison 87-88 pour Jordan, et une nouvelle saison avec au moins 35 points de moyenne. Et pour la première fois, il est aussi meilleur intercepteur de la ligue avec 3,16 interceptions en moyenne. Pour la première fois de sa carrière, Jordan passe le 1er tour des Playoffs, en battant les Cleveland Cavaliers avec un Jojo à 45,2 points de moyenne. Mais les Pistons d’Isiah lui bloqueront la route, comme les 2 années suivantes. Pourtant, les années 1988-89 et 89-90 verront les Bulls aller plus loin en Playoffs, sans jamais passer les Pistons. Pourtant, Jordan réalise des performances d’un autre temps. Pendant la saison 88-89, il compile 7 triples-doubles consécutifs lors d’une série extraordinaire de 10 triple-doubles en 11 matchs. A la fin de cette saison étaient apparu les « Jordan Rules », méthode de protection de la défense de Detroit pour contenir Jordan, en créant des variations et des surnombres à chaque fois qu’il touchait la balle.

 

Le 1er three-peat

Lors de la saison 1990-1991, Jordan remporte son 2e titre de MVP avec une moyenne de 31,5 points par match, 6 rebonds et 5,5 passes. Cette saison est la preuve que pour réussir, il faut peut-être moins marquer (coucou James Harden…). Les Bulls terminent à la première place de leur division pour la 1e fois en 16 ans, et établissent un record pour la franchise avec 61 victoires en saison régulière. Avec un lieutenant comme Scottie Pippen qui prend de l’ampleur sur le terrain, ils battent les Knicks, Philadelphie puis les Pistons en finales, avec un Jordan plus collectif qui contra donc la défense sur mesure des Pistons. Les Pistons, sans doute vexés et considérés comme des « bad boys », quittèrent le terrain en ne serrant pas la main des joueurs des Bulls, action perçue comme un manque de respect par l’équipe adverse et la ligue. En finales NBA, ils battront 4-1 les Lakers de Magic, et Jordan remportera son 1er trophée de MVP des Finales, en pleurant à côté de son père. L’année suivante, le record de victoires est de nouveau battu, 67 victoires. Michael remporte un 2e titre consécutif de MVP de saison régulière, et en finales NBA, ses Bulls remporteront un nouveau titre face aux Blazers de Clyde Drexler, en 6 matchs. Jordan est de nouveau MVP des finales, avec une moyenne de 35,8 points par match. 9 ans après son arrivée dans la grande ligue, Jordan remporte son 7e titre consécutif de meilleur marqueur avec autant de saisons à plus de 30 points de moyenne, égalisant le record de Wilt Chamberlain. En 1993, Jordan ne sera pas MVP de saison régulière, mais uniquement MVP des Finales. Il est d’ailleurs le premier joueur dans l’histoire de la NBA à remporter 3 titres consécutifs de MVP des Finales, en finissant à 41 points de moyenne sur les 6 matchs face aux Suns du MVP Charles Barkley. Avec son 3e triomphe, les Bulls rejoignent les Lakers des années 1950 et les Celtics des années 1960. Mais il montre cependant des signes de lassitude par rapport à sa célébrité, et son manque de respect de sa vie privée. A l’été, il jouera avec la Dream Team, et le tournoi se transforme en démonstration avec 8 victoires en 8 matchs. Jordan devient avec Patrick Ewing et Chris Mullin à remporter le titre olympique en 1984 et 1992.

 

 

 

 

Une retraite pour le baseball puis « I’m back »

Le 6 octobre 1993, à 30 ans, Jordan annonce sa retraite sportive. Dans son autobiographie, il déclare qu’il prépare sa retraite depuis l’été 1992, et qu’elle a été motivée par l’assassinat de son père quelques mois plus tôt. Cette annonce provoque une onde de choc dans toute la NBA, et apparaît en 1e page de nombreux journaux à travers le monde.

Le 18 mars 1995, à travers un communiqué de presse, Jordan annonce son retour. Et comme le vélo, le basket, ça ne se perd pas. Le 28 mars, il marque 55 points contre les Knicks au MSG. Stimulés par le retour de leur leader, les Bulls se qualifient en playoffs, mais ne passeront pas les demi-finales de conférence face au Magic de Shaquille O’Neal.

 

 

Le 2e three-peat

Particulièrement motivé par la défaite des Bulls en playoffs, Jordan s’entraîne très durement pour la saison 1995-1996. Renforcé par Dennis Rodman, Chicago domine la Ligue, et finissent avec 72 victoires pour 10 défaites, un record pour l’époque. MVP de saison régulière, Jordan portent les siens pendant les Playoffs, en ne perdant que 3 matchs en 4 séries. Jordan dépasse Magic au nombre de trophées de MVP des Finales, avec un 4e trophée. Comme il s’agit du premier championnat gardé de Jordan depuis la mort de son père est que la victoire face à Seattle est acquise le jour de la fête des Pères, Jordan est particulièrement ému lorsqu’il remporte le titre. Une scène mémorable d’après-match le montre en train de sangloter sur le sol du vestiaire avec la balle du match.

Durant la saison 1996-1997, Jordan n’est pas MVP, battu par Karl Malone. Il le retrouvera d’ailleurs en finales, théâtre d’un affrontement mémorable entre le Jazz et les Bulls. Le 5e match, connu sous le nom de « Flu Game » parce que Jordan joue avec une forte fièvre et une déshydratation lié à un virus à l’estomac. Il marquera 38 points, et pour la 5e fois en autant de finales, Jordan remporte le trophée de MVP des finales. Dernière saison pour les Bulls du three-peat, la saison 1997-1998. Avec 28,7 points par match, Jordan est MVP. Et en finales NBA, les Jazz de Karl Malone veulent une revanche. La finale sera spectaculaire, et les Bulls remporteront leur 6e championnat NBA. Et Jordan son 6e MVP des finales. La finale de 1998 détient la plus haute audience pour une série de finales NBA de toute l’histoire, et le match n°6 détient la plus haute audience de n’importe quel match dans l’histoire de la NBA.

 

Et puis la fin… mais pas vraiment

Jordan annonce alors sa retraite pour la 2e fois le 13 janvier 1999. Il réapparait en NBA en janvier 2000, en tant que copropriétaire et responsable chez les Wizards de Washington. Ses responsabilités avec la franchise doivent être globales car il est responsable de tous les aspects de l’équipe, y compris les décisions concernant le personnel du club. Jordan passe malgré tout une partie du printemps et de l’été 2001 à s’entraîner. Et ce qui traînait dans les rumeurs arriva. Le 25 septembre 2001, en indiquant son intention de faire don de son salaire de l’année pour les familles de victimes du Pentagone suite aux attentats du 11 septembre, Michael Jordan annonce son retour au jeu professionnel. Une première saison à seulement 60 matchs, mais en 2002-2003, il sera le seul joueur de Washington à participer aux 82 matchs de la saison, avec une moyenne de 20 points par match. Il fête ses 40 ans sur les parquets, et son influence est telle que tous les billets des matchs à domicile pour Washington sont vendus. Mais aucune des 2 dernières saisons ne permet aux Wizards d’aller en playoffs, et Jordan critique ouvertement ses coéquipiers dans la presse, joueurs qu’il a parfois sélectionné quand il était dirigeant (Kwame Brown, à la draft 2001).

 

Le dernier match de Michael Jordan en NBA a lieu le 16 avril 2003, du côté de Philadelphie, où il finira avec 15 points, 4 rebonds et 4 passes. Lors de ce match, Jordan reçoit une ovation debout de 3 minutes de ses coéquipiers, adversaires et du public, comme pour honorer ce monstre de la NBA, le plus grand de l’histoire.

 

L’après-basket, et le nom « Jordan » dans le monde

En 2004, il devient propriétaire d’une écurie professionnel de superbike, l’une de ses passions. Et comme le basket n’est jamais loin, il devient copropriétaire de la jeune franchise des Bobcats de Charlotte, devenu depuis les Hornets. Et en mars 2010, à 47 ans, il devient le premier ancien joueur à posséder sa propre équipe en rachetant les Bobcats pour 275 millions de dollars. Michael Jordan se lance ainsi dans son premier grand défi depuis sa 3e retraite de joueur en devenant propriétaire d’une franchise NBA.

 

Selon Forbes, Micheal Jordan a accumulé durant sa carrière plus de 800 millions de dollars, et est aujourd’hui l’unique ancien joueur milliardaire.

 

Parmi tous les honneurs des anciens de la NBA, 2 ressortent. Lorsque Larry Bird, qui l’a affronté sur les parquets, dit « Je ne pensais pas que quelqu’un puisse faire ce que Michael a fait aujourd’hui. C’est le joueur le plus excitant, le plus incroyable du basket d’aujourd’hui. Je pense que c’était juste Dieu déguisé en Michael Jordan » à la sortie d’un match, on comprend le niveau que pouvait atteindre Jordan. Mais Magic Johnson a fait encore plus fort : « Il y a Michael Jordan et après il y a le reste d’entre nous ».

 

Beaucoup qualifient Michael Jordan comme plus grand basketteur de tous les temps. Et cela se comprend. Avec 5 titres de MVP de saison régulière, il n’est devancé que par Kareem Abdul-Jabbar, et il a le record du nombre de MVP des Finales avec 6 trophées. Michael Jordan est à ce jour le joueur le plus titré à avoir jamais joué en NBA. « His Airness », l’un de ses surnoms, a beaucoup fait pour améliorer le statut du jeu et la visibilité de la NBA. Cette visibilité est liée en partie à sa personne, à ce qu’il a représenté tout au long de sa carrière. Dès son arrivée en NBA, il est devenu un modèle médiatique et commercial. Tous les sponsors et magazines se l’arrachent, et Jordan devient alors l’une des figures sportives les plus commercialisées de l’histoire. Nike a crée une chaussure à son nom, la Air Jordan, puis développé une marque à part entière avec ces chaussures. En 1989, Jordan voulait créer sa propre marque de chaussures, mais le président de Nike l’avait convaincu de rester, avec un contrat de 20 millions de dollars par an jusqu’à la fin de sa carrière, puis un contrat à vie au terme de celle-ci.

Avec la vente des Jordan shoes, Jordan est le sportif retraité le mieux payé du monde, avec quasi chaque année 100 millions de dollars de gain, soit plus que le cumul de ses salaires en tant que sportif professionnel. Il tourna dans plusieurs films, comme Space Jam, He Got Game, ou plus récemment dans la série The Last Dance.

 

Paul LALEVEE

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