Moses Malone et ses playoffs (presque) parfaits

© Getty Images

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Il y a des joueurs à “carrière éclair” et des joueurs à longue carrière. Moses Malone fait parti du deuxième groupe. De 1974 à 1995, ses performances à haut niveau ont fait de lui un joueur légendaire. Un joueur qui fait partie du haut du panier !

 

Né en 1955 à Petersburg, petite ville de Virginie, et mort en 2015, Moses Malone a eu un parcours atypique que seuls les joueurs des années 60 et 70 peuvent avoir. Aujourd’hui, les joueurs arrivant en NBA passent tous par le championnat universitaire américain NCAA ou par un début de carrière en championnat étranger. À l’époque, même si la NCAA est déjà très développée, certains joueurs comme Moses Malone saute cette case. Malone passe donc du lycée à la ABA à 19 ans malgré les offres de l’Université du Maryland. La ABA ? Oui, pas de faute de frappe. Pour ceux qui ne le savent pas, la NBA a connu une ligue concurrente entre 1967 et 1976. L’American Basketball Association est une ligue parallèle regroupant une dizaine d’équipes pendant 9 saisons. L’ABA fusionne avec la NBA en 1976 et apporte 4 nouvelles franchises à la ligue actuelle (Nets, Spurs, Nuggets et Pacers). 
Après 2 ans en ABA aux Utah Stars et Spirits of St Louis, Malone rejoint la NBA, et pour cause, les 2 ligues venaient de fusionner. En 19 ans de carrière en NBA, Moses Malone devient un des meilleurs pivots de l’histoire. Au niveau statistique, il est le 5e de l’histoire à comptabiliser le plus de rebonds, 16 212 en carrière. Cette performance dans la raquette lui vaut le surnom de “Président des Rebonds”. Malgré ses 2,08m qui n’est pas une taille de géant pour un pivot, il a su se faire sa place à ce poste si important.
Le joueur a beau n’avoir qu’une seule bague de champion NBA, il est néanmoins considéré par la majorité comme une légende. Pour le comprendre, il faut s’intéresser à son impact personnel sur les 7 équipes dans lesquelles il a pu jouer : Buffalo Braves (aujourd’hui Los Angeles Clippers), Houston Rockets, 76ers de Philadelphie, Washington Bullets (aujourd’hui Wizards), Hawks d’Atlanta, Bucks de Milwaukee et Spurs de San Antonio. Pour sa personne, Moses Malone remportera 3 titres de MVP en 79, 82 et 83, et il sera sélectionné 12 fois au All-Star Game. Pas des petites récompenses.

Si Malone n’a pas été au top de sa forme tout au long de sa carrière, contrairement, par exemple à Kareem Abdul-Jabbar, il y a une saison où sa domination a été monumentale. Sûrement une des saisons les plus dominées par un seul joueur. La saison 1982 / 1983.
En 1982, Moses Malone est MVP de la saison régulière. Pas une petite saison, donc. Fait rare, le MVP change d’équipe à l'intersaison et rejoint les 76ers de Philadelphie. 
Moses Malone, accompagné notamment de Julius Erving et Maurice Cheeks, va réaliser un très très grande saison dans la ville la plus peuplée de Pennsylvanie. La saison régulière est dominée assez facilement pour le pivot et ses équipiers. Ils comptabilisent 65 victoires pour 17 défaites.
Les 76ers remportent la conférence Est, il ne reste que 3 adversaires avant le titre. À l’époque, seuls, les 6 premiers de chaque conférence sont qualifiés en play-offs, avec des barrages en guise de premier tour entre les 3e et 6e, et les 4e et 5e. Les 2 premiers de chaque conférence sont têtes de série. Directement qualifiée en demi-finale de conférence, Philadelphie affronte les Knicks de New York, tombeurs des Nets rivaux. Juste avant le début des play-offs Malone prononce une phrase qui restera dans l’histoire et montre la détermination du joueur : “Fo’, Fo’, Fo’” pour “Four, Four, Four”, en français “Quatre, Quatre, Quatre”. Moses Malone montre la couleur, il veut écraser ses adversaires et réaliser les play-offs parfaits avec 4 sweeps (victoires 4-0). La prédiction est bonne pour le premier tour, 4-0 face aux Knicks. Malheureusement, un accroc apparaît en finale de conférence. Les Bucks arrivent à décrocher une victoire. Les 76ers s’imposent tout de même 4-1 dans une série facile.
Vient l’heure de la finale. L’adversaire n’est autre que les Lakers d’Abdul-Jabbar et Magic Johnson vainqueurs la saison précédente dans la même confrontation. En 1983, a domination de la saison de Philadelphie et de Malone se fait sentir en finales. Les 76ers dominent outrageusement les Lakers 4-0. Moses Malone réalise la plus grande série de sa vie. Il est le meilleur marqueur des 4 matchs et le meilleur rebondeur sur 3 d’entre eux. Il décroche logiquement le titre de MVP des Finales. Au vu de sa domination fantastique sur toute la saison, le titre de MVP de saison régulière lui est également attribué avec une moyenne de 24,5 points et 15,3 rebonds.

 

Au cours de ces play-offs, les 76ers réalisent la 3e meilleure performance de l’histoire en play-offs avec 12 victoires pour 1 défaite. Seuls les Lakers de 2001 (15-1) et les Warriors de 2017 (16-1) devancent le champion 1983.
La phrase prémonitoire de Moses Malone restera marquée à jamais, gravée sur les bagues du pivot et de ses coéquipiers avec une modification : ‘Fo’, Fi’, Fo’“.

 

Baptiste Létang

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